‹ Œuvres de SpinozaChapitre 57 sur 199 · TROISIÈME PARTIE^ -^ DES PASSIONS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE^ -^ DES PASSIONS

notai plaire f je la âominë louange: et la tristesse qui nous donne de l'aversion pout les dotions d'aatrui) je la nomme blâme.

Paoposi XXXt Celui qui itnagihê qu'une okoêe qu'il u faite donne aux autres de la joie, ressent aussi de la jfaie^ unie à Vidée de eoifnéme, çonltnê oome de eéttejoief en d'autreê termes^ ii s» tBgatde soi-nïêine a^M joie i si au èontraire il imagine que son aotion dontiê auoD autreê de lé triëtesêe^ il ee regarde eoinnéme aim ttistéise.

DéMONBTAi Celui qui droit GâuBef de la joie ou de la tristesse aux autres, éprouve par cela môme (en vertu de la Propoi. XX Vif y port. 3) de la joid ou de la tdstesseï Or^ l'homme ayant oonsoienoD de soi~tnôme par les affections qui le déterminent à agir (en vertu des Propos» XIX et XXIII^ pc^t, 3) i il s'ensuit dono que celui qui imagine qu'une chose qu'il a faite ddnae aux autres de la joie, éprouvera une joie unie à la oonsoiencie de soi-même cofnmo obuse, en d'autres termes, se regardera soi«mêthe aVec joie; et il en sera de même dans le cas de la tHste^se» G^ Q« F< D.

hcxiQh* L'amour n'étant autre chose [par le Schol, de la Propos. Xliip parti 3) que la joie, adoompagnée de l'idée d'une dailSe extérieure; et la haitie, que la tristesse égalemeilt aocompagfiéd de l'idée d'une cause extérieure , la joie et la tristesse dont on vient de perler seront dono une sorte d'amour et de haibe ; mais eoftime l'amour et la haine se rapportent aulK objets eitérieura, il faudra donner d'autres noms à ce genre de passions* Ainsi la joie aoootti» pagnée de l'idée d'une oabse extérieure, nous l'appellerons vanité, et la tristesse correspondante, honte; entendez par la la joie et la tristesse quand elles proviennent de oe qu'un homme se cfoit loué ou blâméi Je nommerai aussi la joie, accompagnée de l'idée d'une cause étrangère^ pdix intérieure ; et la trititesse correspondante) re*pentir. Voici ftiaihtenant ce qui peut arriver. Comme la joie qu'on s'imagine procurer aux autres peut être une joie purement fanlas^ tiqlie (par le Oorolli de^a Propos^ XVIl^ pùtt. 2), et Comme aussi (par la Propos» XXV ^ part. 3) chacun s'efforce d'imaginer de sol^ même tout ce qu'il se représente comme une cause de joiCf il pdut arriver aisément qu'un vaniteux soit orgueilleux» et s'imagine qiril est agréable à tous , tandis qu'il leur est insupportable.

Paopost XXXL Si nous venons d imaginer qu'une personne aime, désire ou hait quelque objet que nous'^iémes nous aimons^ désirons

ou haïssons, nous Ven aimerons, etc., d'une façon d' autant plus ferme; si nous pensons au contraire quelle a de V aversion pour un objet que nous aimons, ou réciproquement, nous éprouverons une fluctuation intérieure,

DÉMONSTR. Par cela seul que nous imaginons qu'une personne aime tel ou tel objet, nous l'aimons aussi {par la Propos. XXVII, fart. 3). Or, déjà sans cela on suppose que nous aimons cet objet; voilà donc un nouveau motif qui s'ajoute à notre amour et en redouble la force ; et par conséquent , ce que nous aimons déjà , nous l'en aimerons davantage. En second lieu, par cela seul que nous imaginons qu'une personne a de l'aversion pour tel ou tel objet, nous le prenons aussi en aversion. Si donc on suppose qu'en même temps nous avons pour cet objet de l'amour, il suit que nous aurons tout à la fois pour lui de la haine et de l'amour, ce qui revient à dire [voy. le Schol. de la Propos. XVII, part. 3) que nous éprouverons une fluctuation intérieure. G. Q. F. D.

CoROLL. Il suit de là et de la Propos. XXVIII que chacun feit effort, autant qu'il peut, pour que les autres aiment ce qu'il aime, et haïssent ce qu'il hait; et c'est pourquoi l'on entend dire aux poètes:

Nous nous aimons; que nos espérances soient communes ainai que nos craintes. Il n'y a qu'un cœur d'airain qui puisse aimer ce qu'un autre dédaigne.

Schol. Cet effort qu'on fait pour que les autres approuvent nos sentiments d'amour ou de haine, c'est proprement l'ambition (voyez le Schol. de la Propos. XXIX, part. 3). D'où l'on voit que tout homme désire naturellement que les autres vivent à son gré; et comme tous le désirent également, ils se font également obstacle: et comme aussi tous veulent être loués ou aimés de tous, ils se prennent mutuellement en haine.

Propos. XXXII. Si nous imaginons qu'une personne se complait dans la possession d'un objet dont seule elle peut jouir, nous ferons effort pour qu'elle ne le possède plus.

DÉMONSTR. Par cela seul que nous imaginons qu'une personne est heureuse de la possession d'un certain objet, nous aimons cet objet (par la Propos. XXVII, part. 3, et son Coroll. I) et désirons en jouir. Or {par hypothèse) c'est un obstacle à notre désir, que cette personne

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