‹ Œuvres de SpinozaChapitre 67 sur 199 · II · texte numérisé non relu

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de la joie [par la Propos. LUI, part. 3] , el une joie d'autant plus grande qu'il y reconnaît plus de perfection et les imagine d*une façon plus distincte ; en d'autres termes {par ce qui a été dit dan» le Schol. 1 de la Propos. XL , part. 2), il est d'autant plus joyeux qu'il distingue davantage ses propres actions de celles d'autrui et les peut mieux considérer comme des choses singulières. Par conséquent, le plaisir le plus grand que Ton puisse trouver dans la contemplation de soi-même, c'est d'y considérer quelque qualité qui ne se rencontre pas dans le reste des hommes. Si donc ce qu'on affirme de soi-même se rapporte à l'idée universelle de l'homme ou de l'animal , la joie qu'on éprouve en sera beaucoup moins vive; et Ton ressentira même de la tristesse si Ton se représente ses propres actions comme inférieures à celles d'autrui. Or, cette tristesse, on ne manquera pas de faire effort pour s'en délivrer [par la Propos. XXVIII, part. 3), et le moyen d'y parvenir, ce sera d^expliqucr les actions d'autrui de la manière la plus défavorable et de relever autant que possible les siennes propres. On voit donc que les hommes sont naturellement enclins à la haine et à l'envie; et réducation fortifie encore ce penchant, car c'est l'habitude des parents d'exciter les enfants à la vertu par le seul aiguillon de l'honneur et de l'envie. On pourrait cependant objecter ici que nous admirons souvent les actions des autres hommes et les entourons de nos respects. Pour dissiper ce scrupule , j'ajouterai le Corollaire qui va suivre.

CoROLL. Personne ne-conçoit d'envie pour la vertu, si ce n'est dans son égal.

DÉMONSTR. L'envie, c'est la haine elle-même [voyez le SchoL de la Propos. XXIV, part. 3), c'est-à-dire [par le Schol de la Pro^ jM)s. XlIIy part. 3) une tristesse, ou une affection par laquelle [voyez le Schol. de la Propos. XI, part. 3) la puissance d agir de l'homme se trouve empêchée. Or, l'homme ne s'efforce et ne désire d'accomplir d'autres actions que celles qui peuvent résulter de sa nature déterminée [par le SchoL de la Propos. IX, part, 3,. En consé(iuence , personne ne désirera jamais affirmer de soi-même aucune puissance ou (ce qui est la même chose] aucune vertu qui soit étrangère à sa nature et propre à une nature différente ; et ainsi notre désir ne se trouvera |X)int empêché , en d'autres lermed

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