‹ Œuvres de SpinozaChapitre 84 sur 199 · QUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE

génér. des pass.) de Tidée de raffèclion du corps qui lui correspond, que par le seul concept. Donc la connaissance du bien el du mal \ n'est rien autre chose que la passion elle-môme , en tant que nous en avons conscience. C. Q. F. D. \

Propos. IX. La passion dont on imagine la cause comme pré" sente est plus forte que si on imaginait cette même cause comme afn sefite. \

DÉMONSTR. Imaginer, c'est avoir une idée par laquelle Tàme aperçoit une chose comme présente (voyez la Dé fin. de Vimagin, dans le Schol, de la Propos. XVII, part, 2) ; et cette idée cependant marque plutôt la constitution du corps humain que la nature de la chose extérieure [par le Coroll. II de la Propos. XVI, part, 2). Une passion, c'est donc [par la Défin. gén, des pass.) un acte d'imagination , en -tant qu'il marque la constitution du corps. Or [par la Propos. XVII, part, t), l'imagination a plus de force, tant qu'on n'imagine rien qui exclue l'existence présente de la chose extérieure. Donc aussi la passion dont on imagine la cause comme présente devra être plus forte que si on imaginait cette même cause comme absente. C. Q. F. D.

ScBOL. Quand j'ai dit plus haut, dans la Propos. XVIII, part. 3, que l'image d'une chose future ou passée nous affectait de la même manière que si cette chose était présente , j'ai expressément averti que cela n'était vrai qu'en tant que nous considérons seulement l'image de la chose ; car cette image est de même nature , soit que nous ayons déjà imaginé la chose , soit que nous ne l'ayons pas encore imaginée. Mais je n'ai point nié que cette image ne devint plus faible quand nous venons à contempler des choses présentes qui excluent l'existence présente de la chose future ; et si j'ai néglige de faire alors cette remarque , c'est que j'avais dessein de traiter dans une" autre Partie de la force des passions.

Coroll. L'image d'une chose future ou passée , c'est-à-dire d'une chose qui est considérée par nou^ dans un certain rapport avec l'avenir ou le passé, à l'exclusion du présent, est plus faible , toutes choses égales d'ailleurs, que l'image d'une chose présente; et par conséquetit toute passion qui a pour objet une chose présente ou passée, est plus faible qu'une passion dont l'objet existe présentement.

Propos. X. Nous sommes plus fortement affectés à l'égard d'une II. 16

Ua ÉTHIQUE.

ohoae future que nous imaginons comme protéine que ei noue imih ginions eon existence comme éloignée du tetnps présent ; et le souvenir d*une chose dont V existence est récente twus affecte aussi avec plus de force que si nous imaginions qu'elle est disparue depuis longtemps,

DÉM0N8TA. £a effet, en tant que nous imaginons une chose comme prochaine ou comme récemment disparue, il est de soi évident que Vacte de notre imagination exclut moins Texistenoe de cette chose que si nous imaginions son existence future comme éloignée ou son existence passée comme récente; et, en conséquence {parlaprécéd. Propos.) , nous serons affectés plus fortemeot à son 4ard. C. Q. F. û.

ScuoL. Il suit de ce qu'on a remarqué après la Défin. VI, part. I, que quand des objets sont éloignés de nous par un intervalle de temps trop grand pour que notre imagination le puisse déterminer» bien que nous comprenions qu'ils sont séparés les uns des autres par un long intervalle de temps, les passions que nous éprouvons à leur égard sont également faibles.

Propos. XI. Notre passion pour un objet que nous imaginoM c&imne nécessaire est plus forte, toutes choses égales d'ailleursy qu^elk m serait piour un objet possible ou contingent , en 4'autres terme$, wm nécessaire,

DÉMOMSTA. En tant que nous imaginons une chose comme nécessaire , nous aifirmons son existence ; et , au contraire » nous nions Texisteoce d'une chose en tant que nous Timaginons comme non nécessaire (par k Schd. 1 de la Propos. XXXHI, part, 4 ) ; d'où il suit (^r la Propos. IX, part, i) que notre passion est plus forte, toutes choses égales d'ailleurs, pour un objet que nous imaginons conuui* nécessaire que pour un objet qui ne Test pas. C. Q. F. D.

Propos. XII. Notre passion est plus forte ^ toutes choses égales d^ailleurst pour un objet que nous savons ne pas exister présentement, et que nous imaginons comme possible y que pour un objet contingent.

DÉMONSTA. En tant que nous imaginons un objet comme 000110gent , nous ne sommes affectés de Tirnage d'aucune chose^qui pose l'existence de cet objet (par la Déf. JII, part. 4] ; et, au contraire (suivant l'hypothèse) , nous imaginons certaines choses qui excluent

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