‹ Œuvres de ThomasChapitre 59 sur 64 · LOGE · texte numérisé non relu

LOGE

bliaît alors toutes les afTaires » et se livrait au doux plaisir de la sociétr * avec un petit nombre dVmis. Il se couchait tous les jours à dix heures, et lorsqu'un événement iifeiprévu avait dérangé le cours ordinaire de ses occupations , alors il reprenait sur la nuit le temps qui lui avait manqué dans la journée. Telle fut la vie qu'il mena pendant tout le temps de son ministère j Henri IV, dans plusieurs occasions, loua cette grande application au travail. Un jour qu'il alla à rArsenal , il demanda en entrant od était Sully ; on lui répondit qu'il était à écrire dans son cabinet. U se tourna vers deux de ses courtisans , et leur dit en riant : Jfe penâiez-^ous pas qu'on allait me dire quÛ est à la chaue^ ou avec des damea? Une autre foîSi étant allé à l'Arsenal dès sept heures da matin ,' il trouva Sully avec ses secrétaires, occupé à travailler devant une table couverte de lettres et de papiers. Et depuis quand ^ies-^oau là , lui dit le roi. Dès les trois heures du matin, répondit Sully. BA kien , Roquelàure, dit Henri IV , en se tournant vers lui , pour combien vom^ dritz-vous mener cette pie^lè ?

Page 4i6. (46) Sully, dans ses mémoires, donne le détail des bîeas qu'il possédait lorsqu'il devint ministre. D voudrait que tout homme d'état , en entrant en place , en fit autant. En i6i i , après s'être démis de ses charges , il rend compte de tous ceux qu'il avait acquis pendant son ministère , et des moyens par lesquels il les avait obtenus j profession admirable , et digne d'un ministre vertueux I

Page 4i6. (47) Il pensait qu'un ministre ne doit jamais rien recevoir des sujets. En i594i îl remit au roî un présent considérable queini avait fait la ville de Rouen ; il ne voulut même recevoir une graUfication du roi , qu'après qu'elle fût vérifiée à la chambre des comptes. En t5g7 , un traitant eut l'audace de lui offrir un diamant de six miUe écus pour lui , et un autre de deux mille pour son épouse ^ on se doute bien que c'était pour obtenir l'agrément d'une injustice : Tindignation fut la réponse de Sully. En 1699, ^® ^^^ ^® Savoie, qui négociait a la cour de France pour obtenir la cession du marquisat de Saluées , tenta vainement de le gagner par des offres; elles furent dédaignées. En 1600, ce prince eut encore recours au même moyen, et t4cha de soutenir sa cause d'un portrait enrichi de diamans qui pouvait valoir quinze ou vingt mille écus ; Sully examiûa le portrait, loua beaucoup la boîte et les diamans , et les refiisa. Il est bon de rappeler de temps en temps k notre siècle ces sortes d'actions , pour qu'on sache encore qu'elles sont possibles.

Page^tô» (48) n est humiliant pour l'humanité qu'on n'ait jamais à parler d\m grand homme , sans avoir à parler des complots de l'envie ; jamais personne n'y fut plus exposé que Sully. On lui eût paidonné peut-être d'avoir du mérite , mab on ne pouvait lui pardonner d'avoir toute la confiance du roi. Les femmes, les courtisans, les ministres, tous se liguèrent contre lui. C'est une chose remarquable qu'un serviteur si fidèle , un si tendre ami de son maître , ait été douze ou quinze fois sur le point d'être disgracié. En 1601 , on l'accusa d'être entré dans les complots du maréchal de fiiron ^ le roi ne fit qu'en rire , et en ba<« dina même avec lui. En 1602 , on jeta dans l'esprit du roi des soupçons qui firent une impression plus profonde ; car , dit Sully , i7 ny a rien

dont il ioii plus difficile de se défendra, que d'une calomnie travaillée de main de courtisan ; cependant il yint aisément à bout de rassurer son maître. Il ne se passa point d'année où ses ennemis ne renouvelassent les mêmes attaques ; mais ce fut en i6o5 quHIs lui portèrent les plus grands coups. Libelles , lettres anonymes , avîs secrets , discours empoisonnés , calomnies atroces , tous ces moyens obscurs et bas, inventés par la faiblesse et par la haine , furent employés pour le perdre. Insensiblement le poison &git sur le cœur du roi ; et ce prince, trop environné d'ingrats , pour ne pas soupçonner quelquefois ceux même qui ne Fêtaient pas , alla jusqu^à croire que Sully voulait se faire chef de parti ; alors Penvie loua ce ministre pour la première fois. Elle e.\agé« rait ses talens, pour qu'ils parussent plus redoutables. Sully , averti de tout ce qui se passait, hésita sur ce qu'il devait faire. Cette tierté secrète que la vertu inspire , lui faisait regarder comme une honte de se juslrfier. Cependant il prit le parti d'écrire au roi; sa lettre était stinple , mais noble , sans orgueil et sans bassesse,' telle qu'un homme siVr<l^tre vertueux devait l'écrire. La réponse du roi fut courte, froide et circonspecte ; il ne lui donnait que le titre de mon cousin : il avait retranché le terme d'am/. Sully, après cette lettre, resta tranquille, et continua 3i servir ràtat en attendant sa disgrâce. Trois mois se passèrent ainsi , pendant lesquels on fit agir de nouveaux ressorte , et Ton inventa de nouvelles noirceurs. Cependant Henri IV voyant que rien de ce qu'on avait avancé contre Sully ne se vérifiait, commença à faire des réflexions j il craignit d'avoir été trompé. Ce prince était vif, mais bon^ il revenait aisément sur lui-même. Il envoya plusieurs per* sonnes à Sully pour l'engager a ouvrir son cœur j mais Sully avait résolu de se taire jusqu'à ce que le roi lui pu* ùt lui-même. Tous deux étaient dans la situation de deux cœurs sensibles qui , après s'*êti;e long- • temps aimés croient avoir à se plaindre l'un de l'autre, et pour qui cet état d'incertitude et de froideur est un état de tourment. Henri IV ne put le soutenir davantage *, il était à Fontainebleau , et son cœur a^té depuis plusieurs jours , ne cherchait qu'à se soulager du fardeau qui l'accablait.* Il eut enfin avec Sully un éclaircissement j Sully se justifia, le roi lui nomma tous ses ennemis , et lui montra le plus violent des libelles qui avaient été faits contre lui. Cet entretien , qui«était également nécessaire à tous les deux , dura plus de quatre heures ; il se passa dans une des allées du jardin. Les courtisans qui ne pouvaieùt entendre, observaient de loin ; on peut juger de leur agitation. Ils tâchaient de prévoir parles gestes et par l'air du visage, quel serait le dénoûftient: Le roi voulut le leur apprendre j il sortit de l'allée en tenant Sully par la main , et demanda à tous les courtisans assemblés quelle heure il était;; on lui répondit qu'il était une heure a|yès midi , et qu'il avait été fort long-temps. « Je vois ce que c'est , dit ce prii|||| , il y en a auxquels il 3» a ennuyé plus qu'à moi ; afin de les consoler , je veux bien vous dire » que j'aime Rosni plus que jamais; et vous , mon ami, poursuivit-il , » continuez à m'aimer et à me servir , commq vous avez toujours fait. » Ces paroles firent pâlir bien des visages j car ce n'était point là ce qu'oi) attendait. U est aflreux de pcnserque , si dans c^ moment le roi eût

disgracié Sully, les trois quarts de la cour s^en senûtni i^jaiMS, et ca eiui^ent fait compliment au roi.

Page 4 16. (49) Les titres de &ls , de père , d^épouz , ne sont ^oiiil îb* différens dans Téloge d^un grand homme j ce sont les Tertiis privées qai font presque toujours les vertus publiques»^ et un homme est à la tête de Ixtat ce qu^il est dans i^intérieur de sa maison.

Page^iQ. (5o) L'amitié de Henri lY et de SuUj est un de&plus beaux spectacles que présente Thistoire \ cVst un objet attendrissant an nûlîeii des guerres civiles et parmi Tatrocité des factiofjs. Sully n'avait cwaiv ^ue onze ans , lorsque son père le présenta au roi de Navarre , qui cb avait dix-huit. Le jeune enfant, un genou en terre, promît d'être to»jours attaché à son nouveau maître. On ne se doutait point alors de tout ce que signifiait cette promesse. Sully , dans les combats , le servit de ses conseils , de son sang et de ses biens. En i585, tous les chefii ca&> vînistes voulaient faire de la France réformée un état répobiicaiA; Sully , dans tous les conseils , soutenait la nécessité d'avoir un chef uniqu(fqui donnât plus d'activité aux forces en les réuDissant. Henri IV» au sortir d'un de ces conseils , le tira à part, et lui dit; « Monsicttr ie » baron de Rosni , ce n'est pas tout que de bien dire , il faut encore » bien faire. N'êtes- vous pas résolu que nous mourions ensemble? H

» répondit Sully, je ne veux point que nous mourions ens/oMtf mais » que nous vivions, et que nous cassions la tête à tous nos ennemis. » J*ai encore pour cent mille francs de bob à vendre , que^baploîenii » à cela. Oh bien! mon ami, lui dit le roi de Navarre en fQllvissani , » retournez- vous-en donc chez vous, faites diligence, et vene» me » trouver au plus tôt, avec le plus de vos amis que vous pourrez, et » n'oubliez pas vos boîs de haute futaie. « C'est ainsi que s'exprimaient ces âmes naïves et guerrières. Henri, sans troupes, sans aident, sans secours, ne tarda pointa recevoir de Sully quarante mille livres. Peu de temps après , cet ami fidèle ayant fait un second voyage dans ses terres « lui rapporta encore dix mille francs de la vente de ses bois. On a vu dans les notes précédentes comment il se servait de son épée dans les négociations ; oii^ ajoutera seulement ici qu'en négociant avec un ligueur qui était maître d'une place importante, Sully, pour avancer le traité, sacrifia une abbaye d'un revenu assez considâ'able dont il jooi^ sait. Heuri IV avait un cœur fait pour sentir tout le prix de l'amitié, maïs la politique lui faisait presque un devoir de paraître iodifférent. Les catholiques étaient jaloux qu'il aimât un huguenot j lesprotesUns, qull eût de la confiance pour un homme de mente. Cela vint au point

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entre eux la plus douce familiarité. En \Sgi , Sully détermina le roi à se faire catholique j car il était persuadé qu'on peut se sauver ^alc-* ment dans les deux religioBs. Henri lY» affermi sur le trèaeji o'e» nmm,

pas monis cdni qm Vmrtnt aidé à*y monter. Ce l^wi prince nWaît pas besoin d'éCve malbeureux pour être sensible ^ les lettres seules qu'il écriyii à Sully sur les afiaires , sont au nom lire de plus de trois mille, n lui communiquait tous ses chagrins, tous ses plaisirs, et jusqu^aus plus petits détails de sa rie. « Moa ami, lui mandait-il un jour» ▼«»« 9 me yovci car il s'est passé ce matin quelque chose dans mon sein , » pourquoi j'ai affaire de vous. » Une autre fois il lui écrivit de Fontainebleau : « Il m'est arrivé un déplaisir domestique qui me cause le » plus grand chagrin que j'aie jamais «u. J'achèterais beaucoup votre » présence ; car vous êtes le seul & qui j'ouvre mon oosur , et par les ji les conseils duquel je reçoive du soulagement. » On ne se lasserait point de transcrire tous ces témoignages de la sensibilité d'un roi. Il prenait le plus vif intérêt à tout ce qui regardait Sully et sa famille. tJn jour il sut qu'un des fils de SuHy était malade , il hd envoya aussw KM son premier médecin , et lui écrivit : « Vous savez que je ne vous » aime point assez peu pour que je n'y allasse moi-même, tfi ma pré-' » sence y était nécessaire. » Sully , de son côté , aimait le roi comme l'ami le plus tendre ; il s'empressait k le consoler dans tous ses chagrins: on sait que Henri iV en eut de toute espèce. Outre l'embarras des affaires et l'ennui du trdne, il essuya toutes sortes de peines, et par les complots de sa cour, et par HograCitude de ses sujets, et par les orages même qui troublaient sa maison. U eut plusieurs maladies cruelles ; il perdit des femmes qu'il adorait. C'était dans ces momens-là que Sully suspendait toutes les alTaires pour aller consoler son ami. Dans ses maladies , il ne le quittait point. En 1698 , on crut que le roi mourrait ; il avait une fièvre terrible avec des redeubiemens. Ce prince lui-même erut qu'il n'en réchapperait pas « Mon ami, disait-il i Sully, dans un » de ces moroens , je n'appréhende point du tout la mort j vous le savez » mieux que personne , vous qui m'avez vu en tant de périb dont il 1. m'était si facile de m*eiempter ; mais je ne nierai pas que je n'aie » regret de sortir de cette vie aftBi avoir témoigné k mes peuples que 9 je les aime comme slb étaient mes enfans , en les déchargeant d\ine » partie des impôts, et en les gouvernant avec douceur. » Tels étaient les sentimens que Sully recueillait de la bouche de ce bon roi mourant. Une réflexion bien naturelle, en lisant tout ceci, c'est que ce fut un bonheur pour la France que ces deux âmes se soient rencontrées. La mâle liberté avec laquelle Sully pariait h Eenri lY est connue de tout le monde. Il n'était pas moins austère pour son maître que pour luiincme ; on en trouve miHe traits dans ses mémoires : je n'en citerai qu'un , c'est celui de la promesse de mariage faite par le roi à mademoiselle d'Entragues ; le iVû la lui montra pour lui demander son avis. Sully la prit , la lut , et la mit en pièces sans ri«n dire. « Comment, 3» morbleu! dit Henri IV, que prétendez-vous donc faire? Je crois que -n VOUS êtes fou. U est vrai, sirè, lui repartit Snlly , je suis un fou ^ et « pldt k Dieu que je fusse tout seul en France! n Voilà qui peint mieux un caractère que tous les discours du fnonde.

Fage^%'j. (5i) Henri IV fut assassiné le t4 mai 1610. Dèsoe moment toute l'administration changea: on rerint à l'ancienne méthode d'écraaer le peuple pour enrichir les grand»; les finances amassées p«r Féco-

nomie furent dissipées par les profusions; la cour ne fut plus qu*aa théâtre de troubles, d^intrigues , de bassesses et de noîrceura politiques. Sully, pénétré de cbagrin, voulut se retirer; mais sa famille, c{ui était bien abe d^avoir un homme puissant , Fen empêcha. Enfin ses yeux se lassèrent de tant de maux; le 36 janvier 161 1 , il se démit de ses charges de surintendant des finances et de gouverneur de la Bastille ; il quitta pour jamais la cour, et se retira dans ses terres. La faveur publique Je suivit dans sa chute. En sortant de Paris, il fut accompagné de plus de trois cents chevaux qui Tescortaient par honneur : c'était le ti*iomphe de la vertu partant pour Texil. Le 37 , qui était le lendemain de sa démission , la reine , en considération de ses services, lui envoya un breret de cent raille écus : il semblait que ce fût le prix dont on voulait payer sa retraite. Il eût été honteux à Sully de Taccepter, aussi le refusa-t-iL A peine. eut-il passé quelques jours dans sa terre, qu^il apprit qnon 5ongeait à profiter de sa retraite pour le perdre. On osait parler de Ini faire son procès; il fallut qu'un homme qui s'était pendant vingt ans immolé à l'Etat, descendit à se justifier. U écrivit à la reine, et la reine, par bonheur, épargna un outrage à la nation. Plusieurs années après, un homme de la cour lui ayant acheté pour i, 200,000 livres de terres» qu'il ne paya pas sur-le-champ , n eut pas honte , lorsque la guerre fut déclarée aux protestans , de demander au roi la confiscation de tous ses biens : voilà de ces traits qui pourraient dégoûter à jamais de faire du bien aux hommes, si rien pouvait eu dégoûter le vrai citoyen. Colbert ne fut-il pas aussi abhorré de la France ? et le peuple ne voaiut-ii pas le déterrer pour le tra]^er dans les rues ?

Pagf 4^^* (^) ^ retraite de Sully dura trente ans , pendant lesquels il ne parut presque jamab à la cour. Louis XllI l'ayant envoyé chercher pour lui demander son avis sur les aifaires , il vint, quoiqu'avec répugnance. Les jeunes courtisans cherchèrent à le touiiier en ridicule sur , son habillement , qui n'était plus de ^node , sur son maintien grave et sur ses manièi*es ; Sully s'en aperçut, et dit au roi : « Sire, quand le roi » votre père, de glorieuse mémoire, me fabait l'honneur dé mecon- > sulter sur ses grandes et importantes affaires, au préalable il faisait » sortir tous les bouffons et les baladins de cour. » Quel homme ! Il était né le 1 5. décembre i56o. En i58o , il fut fait chambellan du roi de Navarre, avec aooo livres d'appointcmens; en i5g^ , secrétaire d'état; en 1596, membre du conseil des finances; en 1597, gouverneur de Mantes; en iSgp, surintendant des finances, surintendant des fortifiestions et des bâtimens , grand-voyer, et grand-maltre de l'artiUcrie; en 1601 , gouverneur de la Bastille , en i6o3, ambassadeur en Angleterre et gouverneur du Poitou; en 1606, duc de Sully, pair de France, et capitaine-lieutenant des gendarmes de la reine. En 161 1 , il quitta la cour et le ministère des finances; en i634f il fut fait maréchal de France. U mourut à \illebon, le aa décembre 1641 , âgé de quatrevingt-un ans. lia duchesse de Sully, son épouse, lui fit ériger, en i643, une statue d'un très-beau marbre blanc , exécutée par un des plus fameux sculpteurs d'Italie. Elle est placée dans un cabinet du château de Villebon; ce n'est pas là sans doute qu'elle devrait être. Ne vaudrait-il pas mieux qu'elle fût dans la capitale , exposée aux yeux de tous les

citoyens? La même amiée, on lui élera un mausolée à Nogent-le-Rotrou, dit le Béthune. Cest là qu'il est enterré arec la duchesse de Sully, son épouse, qui mourut à Paris en i65q, âgée de quatre-vingt-dix* sept ans.

Qu'il me soit permis , en finissant , de .faire ici une réflexion. Si Henri lY n'eût point été assassiné , et qu'il eût vécu selon le cours ordinaire de la nature , il aurait pu régner aussi long-temps que Louis XIV. Alors Sully eût ét^ trente ans de plus à la tète des financy ; Louis XIII n'eût pas régné j Richelieu probablement n'eût pas été ministre^ il fût resté peut-être dans la classe des hommes obscurs ; la face de l'Europe eût été changée; et, sans offenser le génie d'un grand homme, la France eût été bien plus heureuse, parce que ce qui est utile est touiours au-dessus de ce qui est grand. Il n'y aurait eu alors qu'un intervalle de vingt ans entre le ministère de Sully et celui de Colbert.

DE

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