‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 2)Chapitre 61 sur 141 · HISTOIRE COMPARÉE DES SYSTÈMES DE PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

HISTOIRE COMPARÉE DES SYSTÈMES DE PHILOSOPHIE

nûtif de ces principes était un fait imlividuel composé de deux parties , doDt Tune est purement contingente et individuelle , savoir, les deux termes du rapport ; et dont Taulre est un rapport qui nous apparaît contingent et individuel, tant qu'il est réuni à ses deux termes , mais qui , séparé d'eux , nous apparaît nécessaire et absolu ; j'ai dit ensuite qu'aussitôt que le fait individuel tombe sous la conscience , sa partie purement contingente s'abstrait d'elle-même, et qu'il reste alors dans l'intelligence la notion du rapport qui nous apparaît absolu et nécessaire ; j'ai dit enfin que , dès que cette notion apparaissait à la conscience , elle nous paraissait applicable à tous les cas possibles , et que dès lors nous possédions le principe nécessaire.

Je vais maintenant décrire en peu de mois l'origine des connaissances contingentes , telles que l'exposent les empirisles ; je la comparerai ensuite avec l'origine des connaissances nécessaires que je viens d'exposer.

Un certain nombre de faits individuels déterminés, tel est le primitif des connaissances contingentes ; la comparaison, qui nous conduit à la connaissance des parties semblables et des parties dissemblables de ces faits , VabstracUon , qui sépare les parties semblables des parties dissemblables auxquelles elles sont réunies; la généralisation, qui réunit ces parties : tels sont les procédés à l'aide desquels nous parvenons à un principe général.

Si nous comparons maintenant i^ les primitifs, 2^ les méthodes , nous verrons :

Que les primitifs sont semblables , en ce qu'ils sont

individuels et déterminés; qu'ils diffèrent d'abord, en ce que l'un est le fondement logique de la connaissance qu'il précède, tandis que l'autre précède la connaissance sans l'engendrer ( la certitude du principe général repose sur celle des faits individuete dont il est la somme ; la certitude du principe nécessaire ne doit rien au fait individuel qui apparaît , avant lui , à la conscience); qu'ils diffèrent ensuite, en ce que le primitif des connaissances nécessaires n'est autre chose qu'on fait individuel , tandis que le primitif des connaissances contingentes doit se composer de plusieurs faits; n'y a-t-il qu'un seul fait? point de comparaison possible; et, sans comparaison, point de principe général.

Si nous comparons les méthodes, nous verrons qu'elles diffèrent, i<> en ce que celle qui nous procure la connaissance nécessaire consiste dans une simple séparation , tandis que celle à laquelle nous devons la connaissance contingente embrasse trois opérations , savoir : la comparaison , l'abstraction et la généralisation ; 2*" en ce que la première n'est pas volontaire , tandis que la deuxième est volontaire. Que le fait individuel double (primitif du principe nécessaire) apparaisse à ma conscience, je ne suis pas libre de faire ou de ne pas faire abstraction de son individualité ; si j'ai les notions de divers faits individuels , rien ne me force de les comparer, d'abstraire et de réunir leurs parties semblables; toutes ces choses dépendent de ma volonté ; je puis les faire ou non , selon qu'il me plaît.

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