AVIS DES ÉDITEURS
M. Cousin s'éUit attaché Télé dernier à signaler les principes théoriques et historiques qui doivent dominer tout son enseignement. Cette année , il a fait choix d'une époque particulière de rhistoire de la philosophie à laquelle il pût appliquer ses principes; cette époque est le xviii* siècle.
On sait que M. Cousin avait déjà traité de la philosophie du xviii« siècle» à la faculté des lettres, pendant les années 48i9et 1820. Le point de vue général du professeur est resté le même, mais le temps et Texpérience Font agrandi. Déjà, en i8i9, les auditeurs de M. Cousin avaient été frappés de cette intelligence philosophique et historique , qui , pénétrant dans le cœur de chaque système, et en démêlant le vrai et le faux, la partie durable et la partie périssable, recueillant Tune, abandonnant Tautre, composait ainsi , des emprunts faits à tous les systèmes, une philosophie qui les représentait tous sans s'asservir à aucun d'eux, et semblait l'expression der nière et légitime de l'esprit humain au xviii* siècle. Cette impartialité supérieure préside toujours aux leçons de M. Cousin ; maison peut dire
COCSIM. — TOME I.
qu'elle se fonde aujourd'hui sur des études plus vastes, sur une érudition plus étendue et plus sûre.
En 1819 et 1820, M. Cousin partageait la philosophie du xviu® siècle en deux systèmes seulement, le sensualisme et l'idéalisme. Maintenant il parait avoir reconnu que si le scepticisme et le mysticisme se rattachent incontestablement , l'un au sensualisme , l'autre à l'idéalisme, ils ont pourtant des principes à part dont les développements constituent deux écoles spéciales qui ne doivent pas être confondues avec les deux autres écoles , sensualiste et idéaliste , bien qu'elles y tiennent. Cette classification, plus simple et plus complète, rend mieux compte de tous les phénomènes historiques, et fournit une base plus large à l'esprit de combinaison.
Autrefois M. Cousin, conformément au titre même de sa chaire , entrait d'abord dans la philosophie moderne et le xviii® siècle ; par conséquent, il ne pouvait guère tirer légitimement de cette unique et récente expérience des conclusions générales sur la nature et les lois de l'esprit humain : mais ayant embrassé depuis toutes les
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