LHISTOIRE
cussion, surtout dans son caractère géné«^ et n^ en quelque sorte ; maïs les arguments eo eux-sêso apprtiennent la plupart à l'école spiritualiste dâK ji qu'elle a de plus raisonnable, c'est-à-dire dans sa pvu négative, qui est toujours la partie la plus raisona^ de toute école. Un jour je retrouTcrai Fécole s]Kriu^ liste ; je l'examinerai dans ses éléments posiiîft, €t£i je retournerai contre elle, contre ses erreurs sskfiss et ses tendances mystiques , les armes solides qv k fournira souvent le bon sens de l'empirisme et da ic<fticisme. En attendant, c'est avec la dialectique ^éy tualiste que j'ai combattu les extravagances de l'écW empirique dans son premier représentant sa xvm^aèdt. Et ce n'est pas, messieurs, l'idéalisme antique que \% invoqué contre l'empirisme moderne ; car Ten k répond pas à l'autre ; la philosophie aaeîeooe ei b philosophie moderne ne se servent el ne s*éclûrenl qoc sur les hauteurs de la science et pour un très-pei/î nombre de penseurs d'élite ; c'est donc le spiritoalin; moderne qui m'a servi contre le moderne seosualinae. et je n'ai combattu le xvm* siècle qu'avec les âmes qu'il m'a fournies lui-même. Ainsi j^ai opposé à Lo^ les grands hommes qui l'ont suivi, et qui, l'ayant wi. devaient le modiûer et le combattre pour le snrpaiser, et faire marcher la science. Ce n'est pas mémeà le^ nitz, déjà trop loin de nous, c'est à Reid el à Kant qse j'ai emprunté leurs arguments; mais j'ai dû pretqse toujours en changer la forme : car cette forme te mt un peu du pays et de la langue de ces deux grsaà hommes. Tous deux s'exprimaient comme on s'expniK à Edimbourg et à Kœnigsberg, ce qui ne veut p» dire comme on doit s'exprimer en France. J^ai donc négligé la phraséologie de Reid et surtout celle de Kast. mais j'ai gardé le fond de leurs arguments. Vous se connaissez pas Kanl; un jour je tâcherai de th» faire faire connaissance avec cet esprit si fcnae. si rigoureux, si élevé , le Descartes de notre àfe. Mais vous pouvez lire , dans la traduction d'on do meilleurs élèves de l'école normale , aujoard'b» mon collègue à cette faculté, le judicieux Râd, l'ingénieux D. Stewart, avec le commentaire vraiment supérieur des belles leçons de M. Royer-Collard (s). La philosophie écossaise vous préparerait philosophie allemande. C'est à Reid el Kant qneje rapporte en grande partie la polémique que j^ai instituée contre l'empirisme, dans la personne de Locke Je devais être juste aussi envers l'école empirîqœ :
lûmes. — Essais philosophiques de D. Stewart , inSU par Hurel; 1 vol me. — Histoire abrégée de la philosopkk moderne, de D. Stewart, traduit par M. Buchoo ; S voIdid«
— Leçons de philosophie morale, de D. Stewart ( dévdi^ pement det Esquisses)^ traduit par M. Simon ; 3 volDBf)
— Mélanges philosophiques de Macl^intosb, par le i 1 volimic.
DE LA PHILOSOPHIE
oui en la combattani , je devais y faire la part da bien :omme celle du mal, car Tan y devait être avec Taulre. Messieurs, je vous le demande , n'est-ce pas aussi ce []ue j^ai fait? N'ai-je pas reconnu et signalé tout ce qiril y a de bon dans les différentes parties de VEssai sur VenlendemerU humain? N'ai-je pas soigneusement relevé les heureux commencements de la méthode et des théories de Locke avant d'attaquer les erreurs dans lesquelles Ta jeté Tesprit de système? Enfin n'ai-je pas rendu hommage à son caractère , à ses vertus , à ses intentions, et comme homme et comme philosophe? Je Tai fait, et de grand cœur; et sur ce point du moins je sais sûr d'être exempt de reproche et envers Locke et envers moi-même et envers la philosophie. En effet, la philosophie n'est pas telle ou telle école, mais le fond commun, et pour ainsi dire T&me de toutes les écoles. Elle est distincte de tous les systèmes , mais elle est mêlée à chacun d'eux, car elle ne se manifeste, elle ne se développe, elle n'avance que par eux ; son unité est leur variété même, si discordante en apparence, et en réalité si profondément harmonique ; son progrès et sa gloire est leur perfectionnement réciproque par leur lutte pacifique. Quand on attaque sans réserve quelque système particulier un peu considérable , on proscrit sans s'en douter quelque élément réel de l'esprit humain et des choses, on blesse la philosophie elle-même dans quelqu'une de ses parties; quand on outrage un philosophe célèbre, à quelque école qu'il appartienne, on outrage la philosophie, la raison humaine, l'humanité dans un de ses représentants d'élite. Messieurs, j'espère que rien de pareil ne sortira jamais de ces leçons ; car ce que je professe avant tout , ce que j'enseigne , ce n'est pas telle ou telle philosophie, mais la philosophie
elle-même; ce n'est pas l'attachement à tel ou tel système, si grand qu'il puisse être, l'admiration de tel ou tel homme, quel qu ait été son génie, mais l'esprit philosophique, supérieur à tous les systèmes et à tous les philosophes, c'est-à-dire l'amour sans bornes de la vérité , où qu'elle se rencontre , l'intelligence de tous les systèmes qui prétendent la posséder tout entière, et qui en possèdent an moins qnelque chose, et le respect de tous les hommes qui l'ont cherchée et qui la clierchent encore avec talent et loyauté. La vraie muse de l'historien de la philosophie n'est pas la haine, mais l'amour ; et la mission de la critique n'est pas seulement de signaler les extravagances trop réelles et trop nombreuses des systèmes philosophiques, mais de démêler et de dégager du milieu de ces erreurs les vérités qui peuvent et qui doivent y être mêlées, et par là de relever la raison humaine à ses propres yeux, d'absoudre la philosophie dans le passé, de l'enhardir et de l'éclairer dans l'avenir.
Je ne veux pas me séparer de vous, messieurs, sans vous remercier du zèle remarquable, honorable pour vous, encourageant pour moi , que vous avez apporté à ces leçons. Aux prises avec des discussions dont je n'aurais pu vous épargner la longueur et la sécheresse qu'aux dépens de la rigueur scientifique, votre attention et votre bienveillance ne se sont pas un moment démenties; je vous prie de me conserver l'une et l'autre : j'en aurai besoin encore l'année prochaine dans l'exposition et la discussion approfondies des conséquences de la philosophie de Locke, c'estrà-dire de tous les systèmes qu'a produits au xvm* siècle cette riche et féconde école sensualiste dont vous connaissez aujourd'hui le père et le premier monument.