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MuUa rtnaseentur quœjam eeeidere....
HOR.<ftf Arlepoct.
(122 pages in-fol.)
Le mémoire inscrit sous le n® 7 est à peu près du même genre que le précédent ; mais il lui est supérieur. L'auteur a aussi un système et des vues qui lui sont propres , et il se complaît dans l'exposition de ce système et de ces vues; mais, fidèle au programme
RAPPORT A TAGADÉMIE
de rAcadémie , il sépare judicieuaeiaent rexposition des idées d'Aristole de reiposilion des sîeones. La première et la troisièone parlîe de votre programme sont ici conTenablemeiàt traitées ; mais la seconde « où TAcadémie demandait l'histoire de la Métaphysique d'Aristote , manque entièrement ; et cette lacune n'est pas suffisamment réparée par les nombreux aperçu» historiques épars d'un bout à Tautre de ce mémoire. 11 ne se compose en réalité que de deux parties « Tune que Fauteur appelle expostUon, Fautre partie critique.
La première partie est sans contredit ce que nous avons trouvé jusqu'ici , dans les mémoires dont nous venons de rendre compte > de plus exact, de plus complet, de plus satisfaisant sur la Métaphyeique d'AHstote ; elle témoigne d'une étude approfondie de la Métaphysique, et on ne peut pas n'y pas reconnaître un rare talent d'exposition. Sans refondre le livre qu'il veut faire connaître, sans l'altérer ni dans l'ensemble ni dans les détails, l'auteur le place dans un cadre heureux qui répand de la lumière et de l'intérêt sur la longue analyse qui se déroule ensuite avec facilité et presque avec agrément. Ce cadre est la division de la Métaphysique en deux grandes parties essentiellement distinctes par leur objet. La première est une introduction méthodique à la science métaphysique; la seconde est la stience elle-même , oa hi solution des problèmes métaphysiques.
L'introduction est à peu près renfermée dans les quatre premi^s livres , et embrasse les points suivants : i° bi détermination du problème métaphy^ sique ; ^^ la détjermination de la méthode ; Z^^ la détermination du premier principe de toute connaissance , celui sur lequel .doit repoeer lédifiee entier de la science. C'est ainsi que l'auteur cherche à s'orienter dans l'intelligence des premiers livres de hi Métaphysique, qu'il considère comme une préparation aux livres suivants. Celte division, qui a été souvent proposée , nous parait avoir un assez haut degré de vraisemblance. Nous appkiudissons surtout à la manière dont l'auteur l'a exécutée. En suivant le cadre qu'il a tracé , en parcourant successivement le problème , la méthode et le principe delà Métaphysique , il fait connaître dans leur enchaînement réel les quatre livres que ces divers points embrassent , et tous les chapitres importants dont ces quatre livres se composent. Au bas des pages, de nombreuses ciutions grecques , en prouvant que l'auteur a travaillé sur le texte, donnent au lecteur la garantie même du philosophe antique contre l'exposition de son moderne interprète. En même temps , de» rapprochements rapides avec les doctrines les plus célèbres et d'heureuses subsUtutions de formes récentes à la forme aristotélicienne d'abord présentée, mettent la pensée d'Aris-
tote en rapport avec la pensée de notre temps. Nous ne donnons pas ce genre d'exposition comme un modèle , noue le croyons même assez périlleax ; mais il e^È exécuté dans ce mémoire avec beaucoup de sagesse, de mesure et d'art.
La seconde partie de Texposition est encore plus remarquable que la première. Elle s'étend depuis le cinquième livre jusqu'à la fin de la Métaphysique, et, à l'introduction à la science, fait succéder la science elle-même.
La conclusion de l'introduction est que la métaphysique , la philosophie première, la science des sciences , celle qui domine toutes les autres , est la science, non de tel ou tel ordre d'êtres , mais de l'être en soi , dont l'idée est engagée dans' celle de tons les êtres particuliers. La métaphysique est donc , selon Aristote, la considération de l'être en soi scws toutes ses faces, dans tous ses éléments, dans toutes ses conditions ; la science première est pour lui ce que les modernes appellent ontologie. L'auteur du mémoire parcourt les différents points de vue de l'ontologie aristotélicienne, et met en lumière toutes les idées essentielles qu'elle renferme : c'est une très-longue analyse qu'il subdivise en trois chapitres , où toetes les matières sont distribuées dane l'ordre même d' Arîstote , avec une aisance dont il n'est pas mal de se défier un peu , et une lucidité qui , sur de pareils sujets, est un signe non équivoque d'un long travail et d'une rare intelligence. Partout de nombreuses citations ou habilement fondues dans le corps de l'expouition, ou rejetées dans des note». Nous signalons en particulier tout ce qui regarde l'entéléchie, l'énergie, et en général l'action comme auribut essentiel de Tèire. H faut voir dana le mémoire dont nous rendons compte, réunies et très-bien interprétées , une foule de phrases admirables , mais très-dtffieiles à entendre , qui font dje la ilf^lap%W(^d'Aristote, et surtout du dousièiae livre, un monument d'un si haut prix. Puisque l'auteur éclaire souvent la pensée d'Aristote pnr celle de ses rivaux et de ses égaux , il eût pu rappeler ph» souvent dans la seconde partie de son exposition le génie qui , sur tous ces points , a frayé la route à Aristote, et celui qui, en suivant ses traces, a été plus loin encore. Entre Platon et Leibniiz , Artstete n'est pas seulement à sa place dans le. rang des ialettigences, mais il est en quelque sorte au point de vue où , par les ressend)lances comme par les différences , le vrai caractère de sa métaphysique ressort davantage , et où ses idées se dessinent dans toute leur grandeur et leur originalité. Plalon est le grand antécédent d'Aristote, comme Leibmtz est le grand résumé de l'un et de l'autre. Quand Aristote écrivait le douzième livre de la Métaphysique , il était imbu du dixième livre des Lois , et du septième de la République, et tout cela
DES SCIENCES MORALES ET POUTIQUES
éuit prêtent à Leibnits quand il écrivait la TkMUcéê. G'ettrauieor qui, |iar les aperçus historiques dont il sèoie son mémoire, nous suggère celte observation. Nous y joindrons une critique. Il termine son exposiùon au douzième livre , et ne dit rien du treizième et do quatorzième; on ne rencontre Texplication de eette lacune et de ce silence que dans une note de la seconde partie ainsi conçue : c II est de toute évii dence que Duval a raison « et que ce qu'on appelle c vulgairement le douzième livre est réellement le c dernier. II faut , pour penser autrement , ou n'avoir i pas lu Touvrage avec toute Tattention qu'il mérite , c ou supposer Âristote plus qu'absurde. > Cette courte sentence , fûi-elle même fondée , ne serait pas un équivalent suffisant d'un examen sérieux de ce treizième et de ce quatorzième livre , qui ne peuvent être que d'Aristote , et qui contiennent un précieux supplément d'idées et de vues qu' Aristote se proposait sans doute de faire entrer dans son ouvrage quand il en achèverait la composition. En général , Fauteur ne s'est point assez occupé de l'authenticité des différents livres de la Métaphysique. 11 y avait là des questions de critique historique dignes de toute son attention. Il a mieux aimé se borner k l'analyse et à l'exposition philosophique ; et en ce genre il a fait preuve d'un véritable talent. 11 a rempli d'une manière satisfaisante la première et la plus importante partie du programme de l'Académie.
Nous voudrions pouvoir accorder les mêmes éloges à la seconde partie de son travail , qu'il appelle la partie critique, ici votre programme imposait , il faut en convenir , aux concurrents , une tâche bien délicate et bien difficile. Il ne s'agissait de rien moins que de déterminer le point jusqu'où on peut suivre Aristote , et celui où on doit s'en écarter , ce qu'il a feit pour la science et ce qu'il faudrait y ajouter. Mais vous avez pensé que, dans cette lutte avec Aristote , les concurrents seraient soutenus par le progrès des siècles , et qu'ils pouvaient toujours y déployer leur capacité philosophique. L'auteur du mémoire que nous examinons nous pun^t avoir succombé dans cette lutte trop inégale; mais il n'a pas succombé sans honneur. Son travail critique est fort étendu et embrasse les mêmes points dans lesquels il a divisé son exposition , à savoir le problème métaphysique, la méthode , le principe , enfin la solution. Les trois premiers chapitres de cette dernière partie répondent aux trois chapitres de l'introduction, et le dernier à celui qui renferme l'expo^ siUon de la solution d'Aristote.
L'auteur écarte toutes les manières de voir négatives , partielles , exclusives et incomplètes; il tend sans cesse en toutes choses à des solutions impartiales el vastes. Ce que nous avons trouvé de plus satisfaisant est le chapitre de la méthode , où l'auteur met parfai-
tement en lumière la nature de la méthode d'Aristote , hiqoelle consiste d*une part dans l'augmentation appuyée sur le principe de contradiction , et de Tautre , dans les recherches historiques dirigées par ki critique. Mais Aristote a trop peu connu la méthode psyoholo* gique qui consiste dans l'étude de nos facultés, de leurs lois , de leur portée et de leurs limites , méthode que Socrate avait mise dans le monde , et que depuis Descartes a renouvelée , et qu'il a donnée à la philosophie moderne comme sa direction immortelle. Mais ce même Descartes , effrayé par les disputes scolastiques , a trop négligé la méthode d'argumentation , et il a tout à fait méconnu la vertu de l'histoire. En réunissant la méthode psychologique, la méthode d'argumentation et la méthode historique , on composerait une méthode unique qui n'aurait plus rien d'exclusif, et qui serait la méthode véritable. Ce n'est pas votre rapporteur qui contestera l'excellence de ce point de vue ; mais il aurait désiré que l'auteur en eût tiré des résultats plus précis. On ne peut lire la seconde partie de ce mémoire sans ressentir une haute estime pour le caractère qu'il y déploie. Il règne partout une droiture , une élévation , un amour de la vérité qui méritent tous nos éloges. On y reconnaît des études sérieuses , l'habitude de la méditation et une certaine profondeur de vues. L'auteur est familier avec l'histoire de la philosophie ; et cependant il pense par lui-même. Mais toutes ces belles qualités sont gâtées par un vice général , le vague des résullau et l'arbitraire des procédés ; rien n'est mûr; tout fermente encore ; c'est un chaos , riche sans doute , mais c'est un chaos. Il y a beaucoup d'esprit, mais nulle rigueur. Et le style est comme la pensée, facile et brillant, mais plein de négligences. Cette seconde partie ne nous permet donc pas de désigner ce mémoire aux suffhiges de l'Académie. Mais le mérite de la première subsiste, et votre rapporteur n'hésite pas à vous signaler le mémoire n« 7 comme faisant déjà honneur à votre concoura.
No I.
(Met. XIV. 10.)
(ÎOO pages in-4* très-fines.)
Le mémoire auquel nous arrivons a sur le précédent le grand avantage de remplir dans toute son étendue le programme de l'Académie. Il comprend trois parties distinctes, comme l'Académie l'avait demandé , une longue analyse de la Méiaphy$iquê d'Aristote, l'histoire de cet ouvrage et l'appréciation de sa valeur intrinsèque. Ici vos intentions ont été parfaitement
RAPPORT A LACADÉIOE
comprues et entièremeDl remplies. La première partie de ce mémoire eai plas éleodue que les deux aatres ; et D0U8 en faisons un mérite à Tauteur ; car si TAcadémie a imposé aux concurrenis la tâche difficile de juger Arislote , elle a voulu surtout qu'ils le fissent connaître , et c'est parliculièrement une connaissance approfondie du grand livre de la Métaphysique , que vous avez voulu procurer au public. D'ailleurs, les deux autres parties de ce mémoire sont aussi traitées avec soin. En un mot, si un grand travail , une sage critique et une intelligence suffisante de la matière ont droit à vos suffrages , nous pensons qu'ils ne peuvent manquer au mémoire n"* i .
Son mérite même nous impose le devoir d'en rendre un compte détaillé à l'Académie.
Nous commencerons par une critique. L'auteur a traité les trois parties de votre programme , mais il a cru devoir traiter la troisième immédiatement après la première et réserver la seconde pour la dernière. Ce renversement de l'ordre que vous aviez indiqué ne nous parait point heureux. L'explication de la valeur intrinsèque de la Mélaphyiigue d'Aristote , et la détermination des idées qui en subsistent encore aujourd'hui , et de celles qui pourraient entrer utilement dans la philosophie de notre siècle , est évidemment la conclusion de l'ouvrage entier ; tout le reste est faii pour cette conclusion ; et la recherche de l'influence que la Métaphysique d'Aristote a pu avoir sur les systèmes qui l'ont suivie , est une donnée de plus, une donnée , sinon nécessaire , au moins fort utile pour résoudre la question finale de l'influence que la Métaphysique d'Aristote peut encore exercer sur la philosophie moderne, après avoir agi si puissamment sur la philosophie ancienne et sur celle du moyen âge. Mais j'abandonne cette critique pour examiner successivement les trois parties de ce mémoire , selon Tordre dans lequel l'auteur a cru devoir les présenter.
Gomme je l'ai déjà dit, la première partie est la plus étendue et devait l'élre. C'est un travail consciencieux et fait avec le plus grand soin. Mais une idée fausse en altère l'exactitude , et en diminuera l'utilité aux yeux de tous ceux qui aiment à connaîire les grands monuments de l'esprit humain tels que le temps les a conservés, et non pastels que l'art moderne peut les refaire sur un plan nouveau. Nous convenons que l'ordre actuel des différents livres de la Métaphysique d'Aristote est contestable; que les deux derniers livres ressemblent fort à un simple appendice ; que le livre qu'on est accoutumé d'appeler A eXarrov , liber primus minor, livre premier bis, peut être aussi regardé comme un appendice du véritable premier livre ; qu'enfin d'habiles critiques n'ont vu dans l'ouvrage entier qu'un assemblage d'admirables matériaux. Cependant nul n'u pu sul>stituer à l'ordre actuel qui est celui de tous Ick
manuscrits , on ordre plus satisfaisant eC qnî ait obtenu quelque autorité. Il n'est pas sage d'en agir à la légère avec un ordre qui , après tout , ne fât-îl pas d'Aristote, a été accepté et suivi par tous les commentateors de l'antiquité depuis Alexandre d'Aphrodisée jusqu'à Asclepius de Tralles , et noos croyons qu'il est possible d'en tirer sans violence une composition assez régulière pour une composition inachevée et à laquelle l'auteur n'a pas mis la dernière main. Si cette opinion était admise , il s'ensuivrait que pour faire connaître la Métaphysique d'Amioie , il n'y aurait pas autre chose à faire qu'à la suivre et à l'analyser , livre par livre, selon l'ordre actuel, sans interversion, sans mélange , sans combinaison , en se résignant à quelques irrégularités insignifiantes , dans la crainte d'un plus grand inconvénient , celui de combinaisons arbitraires , sauf à résumer plus tard , cette analyse préalable achevée , les idées fondamentales qui en résultent et à les présenter alors d'une façon qui les rende plus intelligibles et amène naturellement hi conclusion finale, c'est-à-dire le jugement de leur valeur intrinsèque. L'auteur du mémoire n® 1 n'a point pensé ainsi. Il a traité beaucoup trop légèrement l'ordre actuel : il dit positivement, dans un avertissement, que toutes les fois qu'une matière , séparée des autres par la distribution des livres , lui a paru s'y rattacher logiquement, il l'en a rapprochée. De là , des combinaisons qui peuvent rendre très-suspecte la fidélité d'une pareille exposition. L'auteur de ce mémoire, comme celui du mémoire précédent, divise aussi la Métaphysique en deux parties , l'introduction et l'ouvrage proprement dit. Il borne l'introduction aux deux premiers livres; il aurait donc dû se renfermer dans ces deux livres pour la faire connaître ; loin de là , il la compose un peu à sa guise en faisant souvent des emprunts au troisième livre , au quatrième , au neuvième et au douzième , ce qui amène dans l'introduction des idées qu'Aristote , ou du moins le texte connu , n'y place point , et cela pour l'avantage de rapprocher des idées qui peuvent très-bien avoir de l'analogie entre elles en occupant des places différentes. Mais laissons là l'introdoction , et venons au traité lui-même. L'auteur y reconnaît avec raison un système d'ontologie auquel il applique les divisions suivantes : une première partie, ou Onlologie générale, divisée elle-même en quatre chapitres, subdivisés à leur tour en une multitude de paragraphes ; une seconde partie intitulée Ontologie physique , divisée en six chapitres ; une troisième partie intitulée Oniologie mathématique , divisée en six chapitres ; enfin une quatrième partie intitulée Onlologie ihéologique , divisée en cinq chapitres. Nous aurions beaucoup à dire sur CCS divisions et ces dénominations qui appartiennent à l'auteur et non pas à Aristote. Mais surtout nous aurions voulu qu'il eiH rempli tous ces cadres plus ou
DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES
moiDskeiireux en suivant plus fidèlemenl Tordre actuel des livres d'Arislote , au lieu de Tintervertir sans néccsgiié et aussi fréquemment quMI le fait.
Si les titres des divisions générales adoptées par notre auteur sont arbitraires et un peu trop modernes, OD en peut dire autant du langage qu'il emploie dans la traduction ; car son exposition est souvent une traduction abrégée. Par exemple, page 8, on lit ces mots :
I Le vrai ainsi que le faux est subjectif, i C'est ainsi que Kant se serait exprimé; et si Tauteur portait ici la parole , nous ne verrions pas le moindre inconvénient il ce qu'il présentât ainsi la pensée d'Aristote pour la faire mieux comprendre ; mais dans une traduction , OD ne peut approuver cela. Aristote avait dit : Le vrai et le faux ne sont pas dans les choses , mais dans l'esprit : Où... iy Toti Tpxy/uMUTtVy,. . âX?J sv Sucifziçi. Quelquefois au contraire l'auteur, en se tenant trop près de la lettre, tombe dans un défaut opposé. Par exemple, dans le premier livre , le sujet de l'ouvrage entier, la science qo'Aristote veut fonder, est appelée (ro^/a. Notre auteur iraduit toujours ce mot par celui de sagesse , traduction qui , par excès d'exactitude , s'écarte du vrai sens.
II fallait oser mettre philosophie. C'est là en effet le vrai titre du livre d' Aristote. Quant à celui de Métaphysique , on sait qu'il n'est pas d'Aristote , et qu'il est né beaucoup plus tard d'une circonstance fortuite , parce que Andronicus, dit-on, ne sachant quel nom et quelle place donner à ce traité, le plaça après la physique , d'où ce titre : rà fUTà rà ^vfTtxdj ce qui vient après la physique. Mais ce qui vient après la physique , selon Aristote , ce sont les mathématiques , de sorte que le traité en question ne serait nullement à sa place après la physique. Aristote dit qu'il est une science qui domine et la physique et les mathématiques, savoir la science des principes et des causes , la science de Tètre; et cette science, Aristote l'appelle lui-même pliilosophie première, Tp^nf ^iXoao^/A, ^parif (roftd^ ou quelquefois tout simplement trofU. C'était donc par le mot de philosophie , qu'il fallait traduire celui de <rofla, au lieu d'employer l'expression de sagesse qui n'a pas la même étendue et la même force.
En6n eette longue exposition est terminée par un tableau où l'auteur, toujours fidèle à ses habitudes de divisions et de subdivisions , a rangé dans un ordre qui lui a paru commode et facile toutes les idées renfermées dans son analyse ; mais nous n'hésitons pas à dire que cette manière de réduire les idées en tableaux appartient à une méthode purement artificielle ; qu'elle parle aux yeux plus qu'à l'esprit , et que , quand la vue s'est ainsi promenée ou égarée sur celte multitude de lignes qui se croisent , se coupent et rentrent les unes tlans les autres , on saisit peut-être un peu mieux les rapports extérieurs des choses , mais sans comprendre davantage leur véritable nature.
Mais ce défaut même , et ceux que nous avons indiqués , trahissent un homme laborieux qui a voulu s'acquitter en conscience de la tâche qu'il a entreprise , et l'ouvrage qui en est résulté est certainement un ouvrage très-estimable. L'examen des deux autres parties de ce mémoire ne démentira pas ce jugement.
La deuxième partie , dans l'ordre adopté par notre auteur, est l'appréciation de l'ouvrage d'Aristote. Cette appréciation porte encore le caractère de cette solidité d'esprit , et , pour ainsi dire , de cette probité scientifique que nous avons déjà signalée. Autant l'auteur du mémoire précédent se laisse emporter par son enthousiasme , autant celui ci est réservé dans ses assertions. Le premier se précipite en quelque sorte vers un dogmatisme indéterminé ; celui-ci marche à pas réglés, et se relient le plus qu'il peut dans les limites de la critique. On voit qu'il est très-familier avec Kant ; il le cite souvent , emprunte quelquefois sa terminologie, et c'est sans doute à ce génie sévère qv^il doit ses habitudes de critique et de circonspection. Mais si Kant a de frappantes analogies avec Aristote pour la forme , il en difière essentiellement pour le fond des idées. Aristote est très-dogmatique , et sa métaphysique est un traité d'ontologie. Le disciple de Kant ne dissimule pas que ce dogmatisme ontologique lui répugne , et fidèle à l'esprit du criticisme , il adresse au péripatétisme ce continuel reproche de convertir des données rationnelles et logiques en réalités ontologiques, et de prendre dans un sens objectif des principes purement subjectifs. Tel est le point de vue général de cette seconde partie qui se compose d'une première section consacrée à la critique de détail , et dont nous ne dirons rien autre chose , sinon qu'elle renferme cinquantecinq remarques qui ont toutes leur importance relative ; d'une deuxième section subdivisée en deux chapitres, le premier sur la forme de la Métaphysique , où Aristote est trop vivement accusé des défauts d'un ouvrage auquel il n'a pas mis la dernière main ; le second intitulé : Critique du fond, où l'auteur se propose les questions suivantes :
i^ Quel est l'objet de la philosophie première suivant Aristote, comment il la divise , et quelle idée il se fait de la philosophie en général ;
S<* Quelle méthode il suit dans Teiécution de son travail ;
3° Quels sont les résultats auxquels il est arrivé dans les différentes parties de la Métaphysique ;
A^ Quel est le caractère systématique , sinon de l'ouvrage même , du moins de l'esprit qui en a exécuté les différentes parties.
Nous ne ferons qu'indiquer ici très-rapidement tes vues de l'auteur.
i** A la première question , il ne fait pas une réponse très-approfoiidie ; il kc contente de dire que la philo-