‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 3)Chapitre 38 sur 71 · RAPPORT Â · texte numérisé non relu

RAPPORT Â

•ophie première est poar Âritlote roniologie , et on «^attend bien qu^on disciple de Kaot n'est pas fort satisfait de cette détermination de la philosophie première ; mais il devait être et il est plus content du but qu'Aristote assigne à la philosophie , savoir la connaissance de la fin. Cette fin est le bien de chaque chose , et en général le plus grand bien.

2^ L'auleur établit que la méthode d'Aristote est Targumentation. Il lui reproche sévèrement de n'avoir pas soupçonné la psychologie descriptive et la logique appliquée à la métaphysique. Gomme Tennemann , il s'aÎDQige de ne pas retrouver dans Aristote la méthode critique. En effet, la méthode critique ne commence en grand qu'avec Descartes et surtout avec Kant ; mais dans Descartes ni dans Kant, il n'y a pas non plus le moindre soupçon de la méthode historique qui est profondément marquée dans Aristote et dont notre auteur ne dit pas un mot.

3^ Résultats généraux obtenus par Aristote. L'auteur nous parait ici tantôt trop sévère, tantôt trop indulgent.

n ne tient point assez compte à Aristote d'avoir mis en lumière , et consacré dans sa dignité et son autorité , le principe de contradiction , base de tout raisonnement.

Il l'accuse de n'avoir point assez défini les quatre principes et les quatre causes sur lesquelles porte la philosophie première , la science de l'être , savoir : la forme , la matière , le mouvement et la fin , undis que c'est lui peut-être qui n'a point ici suffisamment approfondi Aristote. Il lui reproche de ne s'être pas expliqué sur le caractère propre de ces principes ; s'ib sont ontologiques , on s'ils sont purement rationnels et logiques. Si c'était ici le lieu , nous n'hésiterions pas à répondre pour Aristote qu'ils sont à la fois l'un et l'autre ; mais ceci nous conduit à la partie la plus solide et la plus remarquable de ce chapitre , l'examen de la polémique d' Aristote contre Platon sur la théorie des idées.

Cette célèbre polémique, où la philosophie tout entière est engagée , demande encore bien des éclaircissements de tout genre. La première question est celle du véritable caractère des idées de Platon. L'auteur prend beaucoup de peine pour établir ce que nul critique ne peut aujourd'hui raisonnablement contester; que les idées platoniciennes ne sont pas seulement nos idées universelles et nécessaires, nos idées de classe et de genre, lesquelles existent dans l'esprit humain et nulle autre part , mais qu'elles ont une véritable réalité objective. Il est impossible de rendre mieux compte que ne le fait notre auteur de la théorie de Platon ; mais quand il l'a bien exposée et expliquée, il l'immole à la critique d' Aristote. Il donne raison au disciple contre le maître, et en bon et fidèle kantien, il se joint à la foule de ceux qui , depuis Aristote ,

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