‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 3)Chapitre 51 sur 71 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Laissons maintenant les pythagoriciens; ce que nous en avons dit suffira. Quant à ceux qui posent pour principes les idées, d'abord, ea cberchanc à saisir les principes des êtres que nous voyons, ils en ont introduit d'autres en nombre égal à celui des pruniers, comme si quelqu'un voulant compter des objets , et ne pouvant le faire , alors même qu'ils sont en assez petit nombre, s'avisait de les multi^^ier pour les eompter. Les idées sont presque en aussi grand nombre que les clioses pour l'explication desquelles on a eu recours aux idées. Chaque diose individuelle se trouve avoir un homonyme, non-seulement les existences individuelles, mais toutes celles où l'unité est dans la pluralité, et cela pour les choses de ce monde et poor les choses étemelles. En second lieu , de tons les arguments dont on se sert pour établir l'existenoe des idées, aucun ne la démontre : la conclusioD qn^on tire des uns n'est pas rigoureuse, et d'après les autres, l'I y aurait des idées là même où les platoniciens n'en admettent pas. Ainsi , d'après les conndérations puisées dans la nature de la science, il y aura des idées de toutes les choses dont il y a science ; et d'après Targoment qui se tire de l'unité impliquée dans tonte pluralité , il y aura des idées des négations mêmes ; et par ce motif qu'on pense aux choses qui ont péri, il y en aura des choses qui ne sont plus : car nous nous en formons quelque image. En outre, on est conduit, en raisonnant rigoureusement , à supposer des idées ponr le relatif dont on ne prétend pourtant pas qu'il forme par lui-même un genre à part , ou bien à rhypothèee du troisième homme (s). Enfin , les raisonnements qu'on fait sur les idées renversent ce que les partisans

Whomme se promène, nous n'entendons pas parler de l'idée de l'homme, de l'homme en soi ; car l'idée est «ans mouvement ; ni de l'homme particulier; car le particulier, c'est le non-être, c'est ce qoe nous ne pouvons coonattre ; et comment savoir si ce qui n'est pat se promène ou non ? Il y a donc un troisième homme, outre l'homme individu et ridée de l'homme. 2* Les partisans des idées disent que tout ce qui peut être aiBrmé de plusieurs choses particulières est une idée, un être à part, ayant une existence distincte (x^p^vràv) de celle des objets particuliers dont on

DE LA MÉTÀPHTSIQUE D'ARISTOTE

im idéet ont plus à eoMr que rexialenee même des idées : car il arrive que ee ii*est plus la dyade qai est avant le nombre, mais le nombre qai est avant la dyade, que le relatif est antérieur à Tabsolo, et toutes les conséquences en contradiction avec leurs propres principes, auiqoelles ont été poussés certains (i) partisans de la doetrine des idées. De plus , dans Thypothèse sur laquelle on établit Feiistence des idées, il y aura des idées non-seulement pour les substances , mais aussi pour beaucoup d'autres choses : car ce ne sont pas les substances seules, mais les autres choses aussi que nous concevons sous la raison de Tunité, et toutes les sciences ne portent pas seulement sur Tessence,. mais sur d^autres choses encore; et il y a mille autres diScultés de ce genre. Mais de toute nécessité , ainsi que d'après les opinions établies sur les idées » si les idées sont quelque chose dont participent les êtres,, il Dd peut y avoir d'idées que des essences : car ce n est pas par Taccident qu'il peut y avoir participation des idées; c'est par son côté substantiel que chaque chose (t) doit participer d'elles. Par exemple» si une chose participe du double en soi , elle participe de l'éternité, mais selon l'accident : car ce n'est que par accident que le double est étemel ; en sorte que les idées seront l'essence, et que dans le monde sensible et au-dessus elles désigneront l'essence ; ou sinon , que stgnifiera-t-il de dire qu'il doit y avoir quelque chose de plus que les choses particulières» à savoir, l'unité dans k pluralité? Si les idées et les choses, qui en participent sont du même genre , il y aura entre elles quelque chose de commun : car pourquoi y aurait-il dans les dualités périssables et les dualités multiples» mais étemelles , une dualité une et identique , plutôt que dans la dualité idéale et dans telle ou telle dualité déterminée (5) ? Si> au contraire, elles ne sont pas du même genre» il n'y aura entre elles que le nom de commun , et ce sera comme si on donnait le nom d'homme à GalUas et k un morceau de bois» sans avoir vu entre eux aucun rapport.

Taffirme. SMl en estaÎDsi, puisque la dénomination d'homme convient à Ffacmme en général et à Tbomme particulier, il 7 aura un Iraiiiime homme, distinct des deux premiers. Ce troisième homme ayant le même rapport d'un côté avec ridée de Thomme» de l'autre avec l'homme en parti culier, il y aura, par la même raison, un quatrième et un cinquième homme, et ainsi de suite à l'infini. Alexandre d'Aphrodisée cite encore une troisième forme de cet argument qui se rapproche l>eaucoup de la première» et qu'il attribue au sophiste Poiyxène. Euflo, Asclépius de Tralles, autre commentateur d'Aristote» développe le même argument sous la seconde des deux formes citées par Alexandre d'Aphrodisée. Voyez Brandis, deperdUi$ArUioUli$Ubri$, p. 19, Bonn. i823.

(i) Probablement Speusippe et Xénocrate.

(3) Au lieu de Uàarw donné par Brandis et Bekker, le manuscrit H de Bekker donne ba^roy, qui est appuyé par

La plus grande difficulté , c'est de savoir ce que font les idées aux choses sensibles , soit à celles qui sont étemelles, soit à celles qui naissent et qui périssent : car elles ne sont causes pour elles ni d'aucun mouvement 1 ni d'aucun changement. D'autre part » elles ne servent en rien à la connaissance des choses» puisqu'elles n'en sont point l'essence : car alors elles seraient en elles ; elles ne les font pas être non plus, puisqu'elles ne résident pas dans les choses qui participent d'elles. A moins qu'on ne dise peut*être qu'elles sont causes, comme serait, par exemple, ki blancheur cause de l'objet blanc, en se mêlant à lui ; mais il n'y a rien de solide dans celte opinion qu'Ânaxagoras le premier, et apnès lui Eudoie et quelques autres , ont mise en avant ; et il est facile de rassembler contre une pareille hypothèse une foule de difficultés insolubles. Ainsi les choses ne sauraient venir des idées» dans aucun des cas dans lesquels on a coutume de l'entendre. Dire que ce sont des exemplaires et que les autres choses en participent, c'est prononcer de vains mots et faire des métaphores poétiquos ; car » qu'est-ce qui produit jamais quelque chose en vue des idées ? De plus ,. il se peut qu'il existe on qu'il naisse une chose semblable à une autre , sans avoir été modelée sur elle ; et , par exemple , que Soerate existe ou n'existe pas , il pourrait naître un personnage tel que Soerate. D'un autre côté » il est égjilement vrai que , en admettant un Soerate étemel , il faudra qu'il y ait plusieurs exemplaires et par conséquent plusieurs idées de la même chose ; de l'homme , par exemple , il y aurait l'animal, le bipède » tout aussi bien que l'homme en soi. U faut , en outre , qu'il y ait des idées exemplaires non-seulement pour des choses sensibles» mais encore pour les idées elles-mêmes , comme le genre en tant qne comprenant des espèces ; de sorte que la même chose sera à la fois exemplaire et copie (4). De plus, il semble impossible que l'essence soit séparée de la chose dont elle est l'essence : si cela est , comment les idées qui sont les essences des choses » en seraient-elles sépa-

Alexandre d'Aphrodisée et qui rend le sens plus facile.

(3) C'est-à-dire, pourquoi, si l'on ne conteste pas que la dualité se troufe une et identique dans la dualité concrète et dans la dualité abstraite et mathématique, parce que ces dualités sont du même genre, pourquoi n'admettrait-on pas aussi que la dualité se trouve une et identique dans Ifdée de la dualité et dans les dualités particulières, si, ce qui est l'hypothèse, les idées et les dioses qui en participent sont du même genre? Il faut ici aider un peu au texte d'Aristote en suivant Alexandre d'Aphrodisée.

(4) L'espèce homme est une idée et par conséquent un exemplaire par rapport aux hommes particuliers qu'elle comprend. Mais le genre animal, qui comprend l'espèce homme, est une idée aussi, et par conséquent un exem • plaire par rapport à l'idée d'homme. L'idée d'homme est donc k la fois exemplaire et copie.

TRADUCTION DU PREMIEa LIVRE

rèes? On voit aussi dans le Phédon que les idées sont les causes de Téire et de la naissance : pourtant , les idées étant données , les choses qui en |)articipent nVrivent pas à la naissance , s*il n'y a un principe moteur ; et ii se fait beaucoup d'autres choses, comme une maison et un anneau , dont on ne dit pas qu'il y ait des idées; il est donc clair qu'il se peut que l«s autres choses aussi soient et deviennent, par des causes semblables à celles qui font être et devenir les objets que nous venons de nommer.

Maintenant , si les idées sont des nombres , comment ces nombres seront-ils causes? Sera-ce parce que les êtres sont d'autres nombres, et que tel nombre, par exemple, est Thomme, tel autre Socrate, tel autre Callias? Mais en quoi ceux-là sont-ils causes de ceuxci? Car, que les uns soient éternels, les autres non , cela n'y fera rien. Si c'est parce que les choses sensibles sont des rapports de nombres , comme est par eiemple une harmonie , il est évident qu'il y a quelque chose qui est le sujet de ces rapports ; et si ce quelque chose existe , savoir la matière , il est clair qu'à leur tour les nombres eux-mêmes serpnt des rapports de choses différentes. Par exemple , si Callias est une proportion en nombres de feu , de terre , d'eau et d'air, cela supposera des sujets particuliers, distincts de la proportion elle-même ; et l'idée nombre , l'homme en soi , que ce soit un nombre ou non , n'en sera pas moins une proportion de nombres qui suppose des sujets particuliers et non pas un pur nombre , et on n'en peut tirer non plus aucun nombre particulier (t). Ensuite , de la réunion de plusieurs nombres , résulte un nombre unique; comment de plusieurs idées feratron une seule idée? Si on prétend que la somme n'est pas formée de la réunion des idées elles-mêmes , mais des éléments individuels compris sous les idées, comme est, par exemple, une myriade, comment sont les unités qui composent cette somme ? Si elles sont de même espèce, il s'ensuivra beaucoup de choses absurdes ; si d'espèce diverse , elles ne seront ni les mêmes, ni différentes; car en quoi différeraient-elles,

(i) El i* $TC À^oc àpt$/i&v,,, où^i ÎTcai r<« ^câc raûra kpiB/iéç. D*après le sens le plus plausible qu'on puisse donner à cette phrase, elle revient à établir ce qui est toujours en effet le dernier résultat auquel veut arriver Aristole, savoir que rien de particulier ne peut sortir du général pur, et que si Ton fail de ce général uu nombre, il est incapable de produire les nombres particuliers qui représenteront alors dans ce système numérique les choses particulières; ou que, si on en fait une proportion de nombres, il supposera évidemment des sujets, des termes préexistants, au lieu d'eipliquer ces sujets et aucun nombre particulier. D'où il suit que l'idée nombre est une abstraction impuissante.

(i) C'est-à-dire les mathématiques.

(5) OvOfv rfiy av» wnip^ti rott xàr«. Dans cette phrase,

puisqu'elles n'ont pas de qualités f Toutes ces choies ne sont ni raisonnables ni conformes au bon sens. Et puis , il est nécessaire d'introduire un autre genre de nombre qui soit l'objet de l'arithmétique , et de ce que plusieurs appellent les choses intermédiaires ; autrement de quels principes viendront ces choses (t) ? Et pourquoi y aurait-il des choses intermédiaires entre les choses sensibles et les idées? De plus, les unités qui entrent dans une dualité , viennent chacune d*nne certaine dyade antérieure ; or cela est impossible. Et aussi, pourquoi le nombre composé serait-il un? Outre ce que nous venons de dire , si les unités sont différentes, il fallait s'expliquer comme ceux qui admettent quatre ou deux éléments : ceux-ci , en effet , ne donnent pas comme élément fondamental des choses , ce qu'elles ont de commun , par exemple le corps ; mais ils disent que c'est le feu et la terre , que le corps soit ou non quelque chose de commun entre ces éléments : mais ici, on pose pour principe l'unité, comme si c'était quelque chose d'homogène , à la manière du feu ou de l'eau ; s'il en était ainsi, les nombres ne seront pas des êtres; mais il est clair que, s'il y a une unité existante en soi, et que cette unité soit principe, il faut prendre le mot uniié dans plusieurs sens ; autrement, cela serait impossible.

Dans le but de ramener les choses aux principes de cette théorie, on compose les longueurs du long et du court , c'est-à-dire d'une certaine espèce de grand et de petit, la surface du large et de l'étroit , le corps du profond et de son contraire. Or , comment le plan pourra-t-il contenir la ligne , ou le solide la ligne et le plan ? car le large et l'étroit sont une espèce différente du profond et de son contraire. De même donc que le nombre ne se trouve pas dans ces choses , parce que ses principes, le plus ou le moins, sont distincts de ceux que nous venons de nommer, il est clair que de ces diverses espèces, celles qui sont supérieures ne pourront se trouver dans les inférieures (s). Et il ne faut pas dire que le profond soit une espèce du large ; car alors, le corps serait une sorte de plan. Et les

rà âv» et rà xàxù» équivalent à ce qui est appelé ailleurs rà ttpôxtpei et rit vrctpa. Or, voicI la définition qv' Aristole donne de ces deux derniers mots, au livre lY de la Métaphysique, Ëd. Br., p. 403, I. XXI, définition qull attribue aussi à Plalou : Ta /ti»^^ outm À^ycrccc npirëpa xxi umpa, rà ik xaràc. ^^cv x«l 0Û«^«y, 69a Méx^Tmt «imcc ccwcu «JUmv, ixùva ik ôtMu ^xc£vaiy fth' ^ ilat(>i9ti ixp^9aro HÀd^TUv. En appliquant cette défiaitlon aux choses dont il s'agit ici, il s'ensuit que le nombre est antérieur à la ligne, la ligne au plan, le plan au solide; car la ligne peut exister sans la surface et indépendamment d'elle, mais non pas la sur> face sans la ligne, etc. Cette explication est la clef de la phrase qui nous occupe ; elle a sa confirmation page 33, Ëd. Br., I. XX; rd fttxà xtùç àptê/àn /b4»I tmk àniittim xat crrf^ci.

DE LA «ÉTAPflYSIQUE D ARISTOTE.

d'oà viendroDlrih? Platon comliatuit Texittence du point, coaune étant une pure conception géonftiirique ; d'autre part , il l'appelait le principe de la ligne , il en a fait souvent des lignes indivisibles. Po.urtant, il faut que ces lignes aient une limite ; de sorte que , par la même raison que la ligne existe , le point existe aussi.

Enfin, quand il appartient à la philosophie de rechercher la cause des phénomènes , c*est cela même que Ton néglige : car on ne dit rien de la cause qui est le principe dn changement; et on s'imagine expliquer Tessence des choses sensibles, en posant d'autres essences; mais comment celles-ci sont-^lles les essences de celleslù? C'est sur quoi on ne se paye que de mots, car participer, comme nous l'avons déjà dit , ne signifie rien. Et ce principe que nous regardons comme la fin des sciences, en vue duquel agit tonte intelligence et tout être ; ce principe que nous avons rangé parmi les principes premiers , les idées ne Talteignent nullement : mais de nos jours les mathématiques sont devenues la philosophie tout entière , quoiqu'on dise qu'il ne faut les cultiver qu'en vue des autres choses. De plus , cette dyade , dont ils font la matière des choses , on pourrait bien la regarder comme une matière purement mathématique , comme un attribut et une difiPérence de ce qui est et de la matière , plutôt que comme la matière même : c'est comme ce que les physiciens appellent le rare et le dense, ne désignant par là que les différences premières du sujet; car tout cela n'est autre chose qu'une sorte de plus et de moins (i). Quant à ce qui est du mouvement , si le grand et le petit renferment le mouvement , il est clair que les idées seront en mouvement : sinon, d'où est-il venu? Cen est assez pour supprimer d'un seul coup tonte étude de la nature. Il eût paru facile à cette doctrine de démontrer que tout est un ; mais elle n'y parvient pas , car, des raisons qu'on expose , il ne résulte pas que toutes choses soient l'unité , mais seulement qu'il y a une certaine unité existante , et il reste à accorder qu'elle soit tout : or cela , on ne le peut qu'en accordant l'existence du genre universel (s) , ce qui est impossible pour certaines choses. Pour les choses qui vien nent après les nombres , à savoir, les longueurs , les surfaces et les solides, on n'en rend pas raison, on

n'explique ni comment elhM sont et deviennent, ni si elles ont quelque vertu. Il est impossible que ce soient des idées; car ce ne sont pas des nombres, ni des choses intermédiaires , car ces dernières sont les choses mathématiques, ni enfin des choses périssables; mais il est évident qu'elles constituent une quatrième classe d'êtres.

Enfin , rechercher les éléments des êtres sans les distinguer, lorsque leurs dénominations les distinguent de tant de manières , c'est se mettre dans l'impossibilité de les trouver, surtout si on pose la question de cette manière : Quels sont les éléments des êtres? Car de quels éléments viennent l'action ou la passion ou la direction rectiligne , c'est ce qu'on ne peut certaine* ment pas saisir ; on ne le peut que pour les substances; de sorte que rechercher les éléments de tous les êtres ou s'imaginer qu'on les connaît, est une chimère. El puis , comment pourra-t-on apprendre quels sont les éléments de toutes choses? Évidemment , il est impossible alors qu'on possède aucune connaissance préalable (.-v) ; car, quand on apprend la géométrie, on a des connaissances préalables, sans qu'on sache d'avance rien de ce que renferme la géométrie et de ce qu'il s'agit d'apprendre; et il en est ainsi de tout le reste; si donc il y a une science de toutes choses , comme quelques-uns le prétendent , il n'y a plus de connaissance préalable. Cependant , toute science, aussi bien celle qui procède par démonstration (4) que celle qui procède par définitions (s) , ne s'acquiert qu'à l'aide de connaissances préalables, totales ou particulières; car toute définition suppose des données connues d'avance ; et il en est de même de la science par induction (tf). D'ailleurs, si la science dont nous parlons était innée en nous, il serait élonnant que nous possédassions , sans le savoir, la plus puissante des sciences. Et puis , comment connattra-t-on les éléments de toutes choses et comment arrivera-t-on à une certitude démonstrative? Car cela est sujet à difficulté (1) ; et on pourrait douter sur ce point comme on doute au sujet de certaines syllabes : les uns disent, en effet, que la syllabe DSA est composée des trois lettres D, S, A (s) ; les autres prétendent que c'est un autre son , différent de tous ceux que nous connaissons. Enfin , les choses qui tombent sous la sensation , comment celui qui est

{i ) 'ICitepoxfi rtç xai UXti^nç,

(3) En effet, vouloir remonter aux éléments de toutes choses et expliquer tout, c*est ne s'arrêter à rien et détruire, par des explications à Tinfini, les bases mêmes de toute explication : à savoir, les données, les principes, les connaissances préalables, dont il faut partir dans toute science, comme il est montré plus bas.

(4) Al* &K0iti(Mt.

(5) Al* hpî9/U»if,

(6) A«* iw«v«yi5«,

(7) En effet, puisque, comme Aristole vient de le dire, celai qui veut acquérir la science de toutes choses, ne peut supposer aucune connaissance préalable, pas même celle des axiomes, comment saura-t-il quelque chose démonstrativement? Comment arrivera -l- il à l'évidence?

(8) Le texte : 9/mc. Mais on ne voit pas comment il a pn être jamais mis en doute que la syllabe «ytiec vint des trois lettres 9, /a, «. C'est pourquoi nous avons substitué avec Alexandre d'Aphrodisée la syllabe «««e ou ic» ( («e , ç«) à tf/ue. Brandis, par respect pour les manuscrits, ne fait pas ce changement daus le texte, mais il l'indique en note.

TRADUCTION DU PREMIER UYRE DE LA MÉTAraYSIQUE D'ARISTOTE.

dépourvu de la focaUé de sentir, poarra-l-it les conluillre? Pourtant « il ie faudrait si les idées sont les éléments dont se composent toutes choses , comme des sons compoiés yiennent tous des sons élémentaires.

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