‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 3)Chapitre 53 sur 71 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'essence est Tobjet de la science, car ce sont les êtres dont on cherche les principes et les canses. Si Ton considère runivers comme an tout, Tessence en est k partie principale ; si comme une série , Tessence a le premier rang ; vient ensuite la qualité , puis la quantité. Et même le reste n'a pas d'existence, à parler rigoureusement ; ce ne sont que des qualités et des mouvements de la même façon que le non-blanc et le non-droit. Et pourtant le langage attribue Texistence à ces choses, comme on dit : Le non-blanc est. De plus, rien ne peut être séparé de Tessence.

L'exemple de nos devanciers confirme ce que nous venons d'établir ; car c'est de l'essence qu'ils ont cherché les principes , les éléments et les causes. Les philosophes de nos jours placent surtout Tessence dans le général ; car le genre est ce quelque chose de général qu'ils donnent comme le principe et l'essence des êtres, dominés qu'ils sont dans leurs recherches par le point de vue logique ; mais les anciens ont plutôt placé Tessence dans le particulier, comme le feu et la terre , et non pas le corps en général.

Il y a trois essences, deux sensibles, dont l'une étemelle et l'autre périssable , telle que les pbintes et les animaux, il n'y a pas de contestation sur cette dernière ; mais , quant à la première , il est nécessaire de

(1) L'école idéaliste en général , à savoir les pytbagoridsDs et les platonleiens*

(2) Platon lui-même.

(3) Peut-être les successeurs de Platon, Speusippe et XéDocrale. Dans le livre Xlli de la Métaphyêiqve, il est qnecUon de pbiloiopbes qui, comme les pjlbagorlciens,

rechercher si ses éléments sont un ou plusieurs. La troisième essence est immobile. Quelques philosophes (i) lui donnent une existence à part , les uns (s) la divisant en deux éléments , les idées et les êtres matliématiques , les autres (s) confondant ces deux éléments en une seule nature, d'autres encore (s) n'admettant que les êtres mathématiques. De ces trois essences, les deux premières se rapportent à la phy« sique, car elles tombent sous le mouvement, et la troisième à une science différente , puisqu'elle n'a avec les deux premières aucun principe commun.

Page 1