CHAPITRE V
Certaines choses pouvant exister à part et d'autres ne le pouvant pas , les premières sont les substances , et à cause de cela elles sont les principes de toutes choses , puisque sans les substances les qualités et les mouvementa n'existent pas. Ces principes sont l'&me et le corps, ou l'intelligence, l'appétit et le corps. Sous un autre point de vue encore , les principes sont les mêmes par analogie , par exemple , l'être en acte et l'être en puissance qui en même temps diffèrent et se développent différemment dans les différentes choses. En effet, quelquefois la même chose est tantêt en
TnADDCTfON DU LIVRE DOCZiîaœ
acte et tantôt en pnîMancé, paf exemple, le Tin , la chair, Thomme; et ce« principes rcriennenl à ceux qnc nou» avons déjà exposés ; car la forme , si die existe à part , le composé qal résnlte de la forme et de la matière , et la privation , comme Fobscarité , la maladie , voilà Télre en acte , et la matière est Têtre en puissance ; car la matière est ce qui a en puissance de devenir l'un ou l'autre. Les êtres , dont la forme et dont la matière ne sont pas les mêmes, diffèrent entièrement par la différence de Tacte et de la puissance (i) ; par exemple , Tliomme a pour causes internes ses élé* ments , à savoir , le feu et la terre , comme matière , puis sa propre forme , et pour cause extérieure son père , et outre son père , le soleil et le cercle oblique (t) , lesquels ne sont ni matière , ni forme , ni privation , ni rien de pareil , mais des moteurs. De plus, il faut considérer que certains principes peuvent se dire universels', et d'autres non. Or, les premiers principes de toutes choses sont d'un cété ce qui est primitivement en acte , c'est-à-dire h forme , et de l'autre ce qui est en puissance. Mais tout cela n'est pas les universaux (:(). Car c'est l'individu qui est le principe de l'individu. Sans doute l'homme universel est le principe de l'homme universel ; mais l'homme universel ti'existe pas. C'est Pelée qui est le principe d'Achille , votre père de vous-même , ce B de celte syllabe BA ; et le B en général ne serait que celui de la syllabe BA en général. Ensuite les formes, les princî pes , sont des essences ; mais elles sont , comme on l'a dit , différentes pour les différentes choses , qui ne sont pas de la même espèce , comme les couleurs , les eens , les essences , la quantité. A moins qu'on ne parle par analogie, les principes diffèrent dans une même espèce , non pas par l'espèce , mais parce qu'ils sont distincts pour chaque individu ; votre matière , votre cause , votre forme et la mienne ; mais , sous un point de vue généi^al , ils sont les mêmes. Enfin , si Ton cherche quels sont les principes et les éléments des essences , des relations , des qualités , et s'ils sont les mêmes ou s'ils diffèrent , il est clair qu'à parler en général ils sont les mêmes pour chacun , mais que dans le détail ils ne sont pas les mêmes et diffèrent , sans que cela les empêche de se retrouver dans toutes choses. Sous un point de vue, ils sont les mêmes par analogie, puisqu'ils sont toujours matière, forme, privation , moteur. Ils sont les mêmes aussi en ce sens que les causes des substances sont les causes de tout ,
(i ) Cest le sens qui résulte des développements d'Alexandre d*Aphroclisée.
(2) Voyez plus bas, di. vin.
(3) Je me suis décidé à traduire rk xa$61ov par Texpression scolastique d'universaux. Si Ton traduit par les idées, on ramène la formule d'Arislote à celle de Platon; et, dans ce cas, on donne au râ x«OtfAov un sens objectif
parce que , les substances Mées , tout est décniît. En outre , le premier principe est en ade. A ce litre , îl y a autant de principes différeMs qu'il y a de premiers contraires; à conditon q«'on ne les considérera pas sous un point de vue général , et conmie éta«t l'expression commune de choses différentes. Il en est de ménie des différentes substances.
Nous avons donc expoeé quels sont les principes des choses sensibles, quel est leur nombre, dans quels cas ils sont les sEièiûes , ei dans quels cas ils diffèrent.