‹ Œuvres de Victor Cousin (volume 3)Chapitre 61 sur 71 · SI · texte numérisé non relu

SI

Maintenant, s'il ne peut y avoir aucuu mouvement qui ne serve à mouvoir un astre , et qu'en même temps il faille croire que toute nature et toute essence incorruptible et absolue est la meilleure cause finale, il n'y aura pas d'autres natures que celles que nous avons énumérées , et il est nécessaire que ce soit là le nombre des essences étemelles ; car, s'il y en avait d'autres , elles produiraient des mouvements , puisqu'elles sont les causes finales do mouvement ; mais il est impossible qu'il y ait d'autres mouvements que ceux que nous avons énumérés : on le conclut légitimement du nombre des corps qui sont mus. En effet, si tout moteur existe à cause de l'objet mû , et que tout mou* vementsoit celui d'un objet mû, aucun mouvement ne peut être à cause de lui-même , ni à cause d'un antre mouvement , mais à cause des astres ; car si l'on admet qu'un mouvement ait pour fin un mouvement , celuici à son tour devrait avoir une autre fin : de sorte que, comme on ne peut aller ainsi à l'infini , la fin de tout mouvement sera quelqu'un des corps divins qui se meuvent dans le ciel. Mais il est évident qu'il n y a qu'un ciel; car s'il y a plusieurs cieux comme plusieurs hommes , le principe assigné à chaque chose sera un par l'espèce , et plusieurs par le nombre; ainsi l'homme en général indique une espèce contenant plusieurs individus , Socrate au contraire est un. Mais toute pluralité numérique suppose ki matière. Or , la première

régulières, de l'autre, au soleil seulement, quatre sphères à mouvement inverse, en tout huit sphères. Si de cinquante-cinq sphères on en retranche huit, il reste quarante-sept.

(i) Tous les commentateurs s'accordent à expliquer la nécessité de ces nouvelles sphères par les raisons suivantes : Chaque planète a le mouvement diurne, et ce mouvement est représenté dans chaque système par une sphère. Celle sphère est contenue dans les autres sphères, et Influe sur leur mouvement. Or comme chacune des autres sphères a un mouvement qui lui est propre, si elles reçoivent en outre et se transmettent mutuellement une autre impulsion, il en résultera que leur vitesse sera augmentée, et que la plus éloignée du centre se mouvra beaucoup plus rapidement que les autres. Mais les sphères extrêmes des différents systèmes sont presque en contact les unes avec les autres ; ta sphère extrême d'un premier astre communiquera donc ce mouvement trop précipité à la sphère extrême du système voisin, cette sphère à la sphère voisine du même système, celle-ci à une autre, de manière à accélérer le mouvement diurne, et I produire ainsi une perturbation complète. H fallait remédier à cet inconvénient et corriger cette influence accélératrice par une influence contraire. De là l'interealation entre tes sphères d'un même système de ces nouvelles sphères dont le mouvement est en sens inverse; et comme la sphère la plus éloignée et la sphère la plus rapprochée du centre doivent avoir la même vitesse, ces sphères intermédiaires égalent le nombre des autres sphères, moins une.

(2) La planète placée au-dessous de toutes les autres est la lune.

TRADUCTION DU LIVRE DOUZIÈME

essence n'a pas de maiière, car elle est ane entélécliie (i). Le premier être , moteur et immuable , est donc un et par nature et numériquement. En conséquence ce qui est mû éternellement et continûment n'est aussi qu'un. 11 n'y a donc qu'un ciel.

Une tradition venue de l'antiquité la plus reculée , et transmise à la postérité sous l'enveloppe de la fable , nous apprend que les astres sont des dieux , et que la divinité embrasse toute la nature. Tout le reste sont des mythes ajoutés pour persuader le vulgaire dans l'intérêt des lois et pour l'utilité commune. Ainsi on a donné aux dieux des formes humaines , et même on les a représentés sous la figure de certains animaux (t), et on a composé d'autres fables du même genre. Mais si on en dégage le principe pour le considérer seul, savoir, que les premières essences sont des dieux , on pensera que ce sont là des doctrines vraiment divines ; et que peut-être les arts et la philosophie ayant été plusieurs fois trouvés et perdus , ces opinions ont été conservées jusqu'à notre âge, comme des débris de l'ancienne sagesse. C'est dans ces limites seulement que nous admettons ces croyances de nos ancêtres et des premiers âges.

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