‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 129 sur 212 · COLLÈGE ROYAL DE 3« CLASSE · texte numérisé non relu

COLLÈGE ROYAL DE 3« CLASSE

Proviseur.

Censeur. .

Aumônier.

Professeurs

de

premier ordra.

Professeurs

de

deuxième classe.

Professeur de philosophie • .

— de rhétorique. • .

— de physique . . .

— de mathématiques

spéciales. . . .

— de seconde. . . .

— d'histoire

Un vrai collège, royal s'il est possible , oo comms nal , mais sur le même pied qu'un coU^ royal pour le jpersonnel et les études, dans chaque dèpartemeDtjii;

Les cinq facultés organisées sous le nom d'aniveN site et formant un vaste foyer d'instruction dans chaque province , dans chaque région de la France ;

Au centre , :\ Paris , sous un ministère responsable, un conseil , débarrassé de tout travail mesquin, et veillant sans cesse à la direction de l'ensemble;

Voilà le système général d'instruction publique que je souhaite à mon pays. Puissé-je l'y voir un jour réalisé et florissant ! En attendant , je ne propose rien ici sur l'instniction secondaire que je n'aie vu pratiquer avec le plus grand succès chez la nation de la terre où fleurit le plus l'instruction publique. Je fais des vœai pour que ces faits et ces vues , les documents que reoferme ce mémoire et les conclusions pratiques qoej ai cru pouvoir tirer de ces documents , ne soiesi {lat inutiles au gouvernement que j'ai l'honneur de servir, et l'aident à perfectionner peu à peu l'organisation de l'instruction secondaire et à la rendre digne de celle que vient de recevoir l'instniction du peuple, Clément fondée sur l'eipérience , appropriée à loos lei besoins , aussi simple à b fois et aussi savante, aotci harmonique dans touies ses parties, d'une combinainn profonde et d'une exécution facile , et qui soit enfin accueillie comme elle par la reconnaissance du pays et les suffrages de l'Europe.

Professeur demalhématiqaes

ëlémenUires. . 1,000

— de troisième ... 1,060

— de quatrième. . . 1,000

— de cinquième. . . i,OÛO

Professeur de sixième 900

Maître d^études ou maître élémentaire "00

Professeurs

de

troisième classe.

En supposant 2 maîtres d'études , 1 de plus. . . ^

19,700 (2) Il est bien entendu que pour les collèges comme pour les écoles primaires sopérieureseï pour lesécotes primaires élémentaires , il ne s'agit ici que d*un mmnmntt.

APPENDICE

DIKUraON DU fiTHMASB 0B SGHDLPrOITA.

Nous crojODB utile d*ajoater à ces documents généraux »ar rorgaoisalion des gymnases de la Prusse , la description détaillée de Tun des meilleurs et des plus célèbres de ces établissements y le gymnase de Scbulpforta. Cette description fait partie de notre Rapport.

c Quand Télecleur Maurice embrassa le protestantisme et sécularisa les biens de TÉglise, il convertit en écoles nn certain nombre de grands cou?enU de la Saxe, et il laissa à ces écoles les dotations des couvents, sous la condition qa*elles entretiendraient un certain nombre d'élèves que leur enverraient les différentes villes de la Saxe : de là , entre autres écoles, les trois écoles princières , die FUrs- Unsckulen, savoir, celle de Meissen, celle de Merseburg (1), et celle de Pforta, qui est la plus célèbre des trois. Quand la partie de la Saxe où se trouvait Pforia passa à la Prusse, celle-ci se garda bien de cbanger la destination des revenus de Scbulpforta; c'eût été une iniquité* et une faute , que de priver un pays nouvellement acquis d'un établissement qui Tbonorait et Tenricbissait. Or si Ton voulait conserver un gymnase de boar^ siers à Schulprorta , il fallait bien que ce gymnase fàt un pensionnat; car Pforta n'est pas une ville, c'est à peine un village; il faut absolument loger les élèves et les héberger, ou n'en pas avoir : de là le pensionnat de Schnipforta. Vous voyez donc, M. le ministre, que le g}'ranase k pensionnat de Pforta n'est point une institution rationnelle, si je puis m'expliquer ainsi, imaginée et adoptée parce qu'on préférait des pensionnaires à des externes pour ce gymnase; c'est l'œuvre de la nécessité. La Prasse n'a fait que maintenir l'ancien emploi des dotations; elle n'a pas fondé des dotations pour l'avantage d^avoir des pensionnaires. Ici ce sont les dotations préexistantes qui ont amené le pensionnai; chez nous, trèssouvent, c'est le besoin du pensionnat qui a amené ou soutenu les bourses. De plus, en France, les collèges à peBsioonal, ontre les boursiers, ont beaucoup de pensionnaires libres; ils en ont le plus qu'ils peuvent; c'est tout le contraire à Scbulpforta, où il y a à peine une vingiaioe de pensionnaires libres sur deux cents élèves.

(Ij L^ccole prinricre de Neraelturj a été depuis Iraosporlée à GrimiB».

Tout y dépend des anciennes dotations. Encore une fois, c'est parce que ces dotations existent et ne peuvent être enlevées à SchulpforU, qu'il y a des boursiers, et ces boursiers ont attiré peu à peu quelques pensionnaires libres. Les dotations de Scbulpforta donnent plus de 40,000 ibalers de revenu (environ 160,000 francs), avec des bâtiments très - considérables , dans une sitnation magnifique ; de là cent cinquante bourses ou demi-bourses, qne le gouvernement prussien abandonne en grande partie aux villes de la Saxe qu'il a acquises. Ces cent cinquante boursiers, choisis naturellement parmi les sujets les plus distingués de la Saxe, puisent à Scbulpforta l'esprit du gouvernement prussien et le réfléchissent dans cette province^ Outre ces cent cinquante bourses, le roi, dit-on, vient de créer encore, par des raisons politiques, vingt autres bourses , dont il a remis la nomination au consistoire de Magdebourg, qui en dispose pour la province de ce nom. II y a quelques élèves envoyés par leurs familles, et qui payent une petite pension ; mais il y en a à peine une vingtaine, et ils doivent être des enfants du pays. H y a aussi quelques autres élèves qui , par un arrangement particulier, demeurent chez les professeurs, sont nourris par eux, leur payent pension et n'appartiennent à l'établissement qne par leur participation aux leçons communes. Le nombre total des boursiers et des pensionnaires ne peut dépasser deux cents.

c Le pensionnat de Schnipforta ainsi constitué, il s'agit de savoir comment il est administré. Rien de plus simple : il y a un administrateur pour le matériel, qui est notre' économe, et un recieur pour les études et la discipline. Mais là même, dans ce gymnase à pensionnat, il n'y a pas de censeur : ensuite le recteur, chargé des éludes et de la discipline, est lui-même un professeur qui fait des classes comme ses collègues ; seulement il en fait un peu moins; mais c'est toujours un des leurs, et d'ordinaire le plus habile. Il n'y a ni prorecleur ni conreeleur, comme à Francfort; le rectenr gouverne seul le gymnase, comme à Weimar, où il n'y a que des externes. Tous les samedis, il y a une conférence de tous les professeurs, présidée par le recteur, où l'on traite des affaires de la maison. Ainsi dans ce collège de deux cents pensionnaires, le luxe d'un censeur est inconnu; le proviseur, qui est tout aussi occupé que les proviseurs de nos collèges, n'a qu'un pré ciput , comme proviseur, et est professeur. Encore est-il

APPENDICE

astreint, comme les aatres recteurs de gymnases d'eiternes, à faire des dissertations latines pour les solennités delà maison; seulement, à Schulpforta, les professeurs font tonr à tour la dissertation de rigueur dans les exercices; et peut-être cela vaut-il mieux, car tous les professeurs paraissent ainsi successivemrat devant le public, c Je me suis procuré une histoire de ce bel établissement, par les professeurs Schmidt et Kraft (die Landeschule Pforte, 1814). Les règlements de ce gymnase remontent jusqu'à Pëlectenr Maurice. Ils ont éprouvé beaucoup de modifications , et le gouvernement prussien Tient d*y introduire des améliorations considérables. Le nouveau règlement n'est pas encore imprimé; mais on me Pa communiqué en manuscrit; en voici un extrait, ainsi que du prospectus qui fut publié en 1825.

f L'école de Pforla est destinée à un certain nombre d^enfants exclusivement de la confession évangéiique, qui veulent entrer plus tard à l'université et se destinent aux études et aux professions libérales.

€ Nul n'est admis au-dessous de douze ans. Pour y entrer, il faut justifier de toutes les connaissances préliminaires qui, chez nous, répondent an moins à la première année de grammaire, à savoir, les éléments de rhistoire et de la géographie , de l'arithmétique et de la géométrie, un peu de latin et de grec.

c II y a douze professeurs, y compris le recteur et rintpecteur ecclésiastique : ils forment ensemble le collège des maîtres. Il y a en outre des mattres de musique, de dessin, de danse et d'écriture.

4 Parmi les douze maîtres, les huit premiers sont titulaires; quatre, plus jeunes, portent le titre d'adjoints (!}; ils sont ordinairement appelés ailleurs, après un séjour de quelques années k Pforta, pour remplir dans d'autres écoles les fonctions de directeurs ou de professeurs titulaires. Ainsi le double principe de la fixité et du mouvement se trouve représenté à Pforta : les titulaires conservent les bonnes traditions de l'école , tandis que les innovations peuvent s'y introduire successivement par les jeunes recrues qui y viennent enseigner, presque au sortir de l'université.

c 11 y a trois classes ; la première, la seconde et la troi sième : ces deux dernières ont chacune deux divisions. On reste un an dans chaque division de troisième et de seconde, et deux ans dans la première classe. Celui qui n'a pas achevé son sesennium, ne peut subir l'examen de départ {ÀbUurienlen-examen)^ et obtenir le certificat auquel il donne droit. Il y a des examens pour passer d'une classe k l'autre, et même d'une division à une division supérieure. Dès la classe inférieure, les dispositions des élèves se développent, et ceux qui ne montrent aucune aptitude pour les études sont rendus à leurs parents.

c Dans les classes inférieures , les élèves doivent s'appliquer également à toutes les parties de l'instruction ; mais dans les classes supérieures, où déjà les diverses capacités ont pu se dévoiler, on a plus d'égards pour les élèves qui , distingués dans une partie, restent un peu en arrière dans une autre.

c Les objets de l'enseignement sont : la religion , le latin, le grec, l'allemand, les mathématiques, la physique, l'histoire et la géographie. Tous les élèves des classes supérieures reçoivent des leçons de français; et ceux qui se destinent à la théologie et à la philologie, suivent en

(1) Ce Mot les jennes candidats dont il cit qnettion dans ce niénoire, page 188*

outre nn cours d'hébreu. La musique est enseignée àm toutes les classes ; le dessin , aux élèves de la tecoade et de la troisième classe, qui prennent en oatre des leçooi de danse et d'écriture.

c La première classe a 28 leçons d'une heure psr semaine, pour chacune des deux divisions; 9 de latin, 6 de grec, 4 de mathématiques , 3 de religion , 2 d'allemand, 2 de français, 2 d'histoire, i de physique, et pour quelques élèves 2 leçons d'hébreu.

c La seconde classe, première division, 29 leçoos,ll de latin, 6 de grec, 4 de mathématiques, 2 de religion, i d'allemand, 2 d'histoire, 2 de français, et pour quelqoes élèves 2 leçons d'hébreu.

c La seconde, deuxième division, 30 leçons; 12 de latin, 5 de grec, 4 de mathématiques, 2 de religion, 2 d'allemand , 3 d'histoire et de géographie, 2 de français, et 2 leçons d'hébreu.

• La troisième, pour les deux divisions, 30 leçons ,14 de latin, 5 de grec , 4 de mathématiques, 5 de géographie et d'histoire, 2 de religion, 2 d'allemand.

c En outre, par une sorte d'enseignement mutuel lage* j ment ménagé, les deux divisions de la troisième dane i reçoivent par semaine, des élèves de la première, 4 leçon» \ de latin et 2 de grec, et , comme nous le verrons, chaqoe élève de première a toujours un ou deux élèves de troisième qui demeurent avec lui dans la même chambre et sont placés sous sa surveillance directe.

c Les divers auteurs latins qu'on explique successîTement, sont :

Troisième classe, deuxième division : Jules-César {Gueffe des Gaules), Justin , Cornélius Népos , les Élégies d'Ovide, les Fables de Phèdre.

f Troisième, première division : les Lettres deCicëron, Calon l'Ancien et Laelius, les Métamorphoses d'Ovide.

c Seconde : les Discours de Cicéron, Tite-Live, la Germanie de Tacite, l'Enéide.

t Première : Cicéron (de l'Orateur , le Brutus, lesToaculanes, les livres sur la Nature des dieux), Horacejaciie, (Annales et Histoires).

c La grammaire latine dont on se sert est celle deZampl. Pour les exercices de prosodie, on se sert du Gr'adw ad Pamassum de Lindemann , du dictionnaire de Scbeller et Lindemann , et du dictionnaire latin-allemand deKrafl. « En grec , on emploie les ouvrages suivants : € Troisième classe, deuxième division : livre de lecture grecque de Jacobs.

c Troisième, première division : l'Attiqne de Jacob» et les morceaux choisis.

c Seconde, deuxième division : la Retraite des Dix-Mille, l'Odyssée.

I Seconde, première division : Hérodote, l'Archidamos d'Isocrate, l'Iliade, Vies de PIntarque.

c Première: Thucydide, quelques dialogues faciles de Platon , Sophocle.

t Les grammaires employées sont : celle de Bnltman, dans les classes inférieures; la grammaire moyenne du même, dans les autres classes; le dictionnaire de Passov, et celui de Rost, grec-allemand.

• Il y a des exercices latins et grecs dans toutes les classes. On ne fait pas seulement des thèmes grecs, mais des vers grecs.

c L'allemand est enseigné , dans les différentes classes par des traductions du latin, des compositions , des exercices en prose et en vers.

I « En première, on étudie la grammaire générale, h

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