‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 130 sur 212 · partie cedioiqne de la logique et les élémeiits de la ptycbologie · texte numérisé non relu

partie cedioiqne de la logique et les élémeiits de la ptycbologie

c Poar la langue française, les élères sont mis à même de traduire immédiatement et assez correctement en français one dictée allemande.

c L'histoire, la géographie, les mathématiques, sont parcoomes dans tons leurs degrés, suivant les différentes

c Hors des classes et pendant les heures de travail particulier , les élèTes se préparent sur les auteurs qu'ils ont à expliquer. Les élèTes des classes supérieures ont à rendre compte par écrit des lectures qu'ils font, et ils soumettent de temps à autre aux professeurs de petites prodoctioDS de leur façon , en prose ou en vers, sur des sujets qo*iis ont choisis eux-mêmes.

De temps en temps le recteur ordonne des rerues des diiféreDtes classes, auxquelles il assiste arec tous les autres proCeaseiiTS. A la fin de chaque semestre, a lieu un grand examen général. Pendant les neuf derniers Jours qui précèdent, tontes les leçons sont suspendues, et les élèves composent par écrit des travaux dans toutes les langues qa'ils étudient, ainsi qu'en mathématiques; ces différents travaux sont corrigés en séance générale. C'est alors qu'ils reçoivent leurs certificats de conduite, et qu'ils passent d'une classe ou d'une division dans une autre.

I Les élèves qui doivent aller à l'université, sont soumis à VJinlurienUn-examen.

c Les élèves ont accès, à certaines heures, dans la grande bibliothèque de l'école, et peuvent se servir de tous les livres qu'elle renferme.

ff L'éublissement possède un cabinet d'arts ( KunstkabiMt), où se trouvent les pl&tres des antiques les plus eêlèbres, des pâtes , des médailles et des gravures. 11 y a dans l'école un appareil de physique, un herbier, une collectioD de cartes géographiques et de globes terrestres, des pianos à queue pour le chant, des modèles de tout geofe pour le dessin. Ces collections et la bibliothèque ne viennent pas seulement des riches revenus de l'établissement; elles sont entretenues et augmentées par les contributions obligées des élèves , qui , en entrant, payent un certain droit pour la bibliothèque et le cabinet de physique, comme à l'université d'Iéna.

c La discipline n'est pas moins soignée à Schulpforta que les études. Tous les élèves , à l'exception de ceux qui demeurent chea les professeurs titulaires, car les professeurs titulaires ont seuls le droit d'avoir chez eux quelques élèves, sont partagés en douze chambres* Dans chaque chambre, il y a plusieurs tables, à chacune desquelles travaillent ordinairement trois ou quatre élèves. La première place est occupée par un élève de la première classe oo de la première division de la seconde, et cet élève s'appelle ObtrgezeUe, c'est-à-dire à peu près mattre compagnon; la seconde place est occupée par un élève de la seconde classe, que l'on appelle MUUlgeseUe, le compagnon do milieu : la troisième et la quatrième par des élèves de troisième, qui sont les compagnons inférieurs, UnUrgeseUe. Le maître compagnon , notre sergent, a toute autorité sur les autres, et leur donne tous les jours une leçon de latin ou de grec, ce qui a pour effet de ne laisser aucun élève sans secours dans ses travaux particuliers, et de fortifier les plus capables par les leçons mêmes qu'ils donnent aux plus faibles. Comme chaque table a son directeur, de même chaque chambre a le sien dans un élève qu on appelle inspecteur, et qui a la surveillance sur tous les élèves de la chambre. 11 est le maître de quartier, et

c'est lui qui est responsable de tout ce qui se passe dans cette partie de l'établissement. Les douze inspecteurs sont choisis tous les six mois , après le grand examen, par tous les professeurs , en présence des élèves ; et après qu'on leur a fait connaître les devoirs qu'ils auront à remplir , ils prennent, entre les mains du recteur, l'engagement d'y être fidèles. Dès lors ils ont sur les autres élèves une au^ torité qui ne peut être méconnue. Ils rappellent à l'ordre ceux qui s'en écartent, et peuvent même, au besoin, imposer quelques pensums ou défendre de descendre au jardin pendant les récréations. Ils font leur rapport an recteur ou au professeur qui est de semaine, personnage dont il sera question tout à l'heure, sur toutes les fautes graves et qui entraîneraient de plus fortes punitions. C'est l'inspecteur qui sert à table pendant le dîner.

c Chaque semaine, deux des inspecteurs sont chargés de la surveillance générale sur toute l'école. Ils maintiennent l'ordre à la sortie des classes , dann le corridor sur lequel donnent toutes les chambres, dans le jardin, pendant le repas, à l'église et pendant les prières du matin et du soir.

c Tous les samedis, après midi , les maîtres se réunissent en conférence, à laquelle peuvent être admis les inspecteurs, pour faire les rapports, entendre les plaintes on les éloges du professeur de semaine sur la conduite des élèves , ou recevoir les ordres et les instructions du recteur.

t Chaque élève , entrant à l'école, est particulièrement recommandé à l'un des douze professeurs, au choix des parents. Ce professeur est dès lors regardé comme son tuteur, et se charge de surveiller toutes ses petites aflhires privées. Il répond de sa conduite à rétablissement et même aux parenu, avec lesquels il correspond.

& Chaque professeur, à l'exception du recteur et de l'inspecteur ecclésiastique, est à son tour, pendant une semaine, chargé de la surveillance générale de l'école; on l'appelle pour cela hebdwnadarius. Il habile, pendant cette semaine, dans une chambre voisine des salles d'étude, et n'en sort que pour aller où ses fonctions l'appellent. 11 fait la prière du matin et du soir; il visite les dortoirs aussitôt que les élèves sont levés, et les classes pendant les répétitions; il assiste aux leçons que donnent les élèves inspecteurs à ceux des classes inférieures; il est présent aux repas; il conduit les élèves à l'église, exerce enfin une surveillance continuelle sur le bon ordre, la propreté et la bonne conduite de tous les élèves et de tous les agenu de l'éublissement. L'hebdomadarius et les inspecteurs remplacent ainsi sans frais notre censeur et nos maîtres de quartier.

Chaque professeur peut imposer des punitions aux élèves; mais dans les cas graves, il en réfère à la conférence des ' professeurs , qui s'appelle synode. Celui-ci instruit l'affaire et fixe les punitions. La moindre consiste en une admonition du recteur dans la chambre de l'élève ou en présence du synode : pour les élèves de première, la prison simple ou la prison au pain et à l'eau. Enfin , si toutes ces punitions sont insuffisantes, rélève est renvoyé de l'école.

Nul élève ne peut avoir plus de sept gros par semaine à dépenser à sa volonté. Pour augmenter cette somme, les parents doivent avoir l'assentiment de Tautorité.

Dans le grand jardin de l'éublissement, les élèves jouissent de promenades agréables; on y a formé cinq grands jeux de quilles pour les cinq classes, et des dispositions ont été prises pour éublir des exercices gymnas-

APPENDICE

tiques. SouTent on condait les élèves dans les environs de PforU. Qaelquefois les tuteurs emmènent avec eui, dans leurs promenades, les jeunes gens qui leur ont été recommandés.

Deux fois par an , au commenceoient de mai et à la fin d*aoùt, toute l'école, avec de la musique, se rend sur la montagne voisine, et s*y livre à des jeux ou à des danses, sous des tentes dressées exprès. Tous les professeurs, avec leurs familles, assistent à cette fête, ainsi qu'un certain nombre d'habitants de Naumburg, ville la plus rapprochée de Pforta. L'hiver, on donne souvent des concerts ou de petits bals.

L'été, le médecin ou le chirurgien de l'école conduit les élèves au bain, à la rivière voisine, la Saaie, qui coule sous les murs de l'école, et on leur apprend à nager.

Avec un pareil système d'éludés et une telle discipline, pour obtenir les plus heureux résultats, il ne faut que de bons maîtres; et certes ils ne manquent pas à Schulpforta. Les professeurs titulaires sont MM. Lange, Schmieder, Wolf, Jacobi, Neue, Koberstein, Naiop, Sleiobart; les adjoints, MM. Jacobi, Buttman, Lorenu et Biicbner. H. Lange est recteur. Son prédécesseur était M. Ilgen , bien connu comme littérateur et philologue par les Carmina GrcBCorum convivalia , et ses belles traductions en vers latins de plusieurs morceaux de Schiller et de Gœlhe, entre autres de la Cloeke. M. Lange est luinnême un bon latiniste et un connaisseur de Tantiquilé, comme il Ta bien prouvé par la dissertation qu'il fit en 1821, de Severiiale disciplinm portensis, et par celle qu'il vient de publier sur un vase étrusque du cabinet du prince de Canino, que M. Th. Panorka a fait connaître dans les MonimetUi inedilipubblicaU dcUVInsliluto di corrispondenxa archeologiea; Rome, 1829. Il se charge de toutes les leçons les plus importantes de latin dans les classes supérieures. M. Schmieder est l'inspecteur ecclésiastique. C'est notre aumônier, il est professeur, et il n'y a pas une seule division où il ne fasse un enseignement religieux , qui dans la première classe est assez élevé. MM. Neue, Wolf et Nalop se partagent les différentes classes pour le grec, le latin et l'histoire. Je connais de M. Neue une dissertation intitulée Sappkonis Mylileneœ fragmenta, $pe- Hmen aperœ in omnibus artisGrœcorum lyricœreliquHs, êxeeplo Pindaro, collocandœ, Berlin, 1827. M. Koberstein a l'enseignement de la langue française , et celui de la littérature allemande. Il a donné en i828 une dissertation sur la langue d'un vieux poète autrichien nommé Peter Suchenwirt, et il est l'auteur d'un excellent manuel de littérature allemande, Grundriss xurGeschichtederdeul^ sehen national Litteratur, qui en est à sa seconde édition. M. Steinhart, tout jeune encore, est déjà une des espérances de l'histoire de la philosophie ancienne. Tous ceux qui s'intéressent à cette partie si belle et si obscure de l'antiquité, ont distingué en 1829 un petit et savant essai intitulé QwMHomim de dialectiea Plotini raiùme fasdennui prmus, spedmen historim philogophiœ Mexandrinœ a se conscribendœ ; in-^». J'ai appris ici que c'était une dissertation faite pour Schulpforta; et j'ai été charmé de rencontrer dans ce gjmnasc un compagnon de mes propres études. M. Jacobi (ce n'est pas celui de Kœnigsberg) est chargé des mathématiques et de la physique. D'après le programme des matières, cet enseignement serait pins élevé qu'à Weimar et à Francfort. M. Buttman, le professeur adjoint, est le fils du grand philologue. Au reste, je vous envoie, M. le ministre, le programme imprimé des leçons de 4829 à 4830 , et le programme ma-

nuscrit du premier semestre de 1851.

i J'approuve entièrement le plan d'études de Scbiilpforta. G*est précisément celui du règlement impérial. Il y a cinq classes à Pforta ; or, chez nous aussi 11 pe doit y avoir que deux classes de grammaire, précédées toat ao plus d'une classe dite préparatoire, deux d'bomanités, une de rhétorique , avec des cours de langues modernei, d'histoire et de géographie, d'histoire naturelle, de chimie, de physique, de mathématiques et de philosophie ajoutés dans un nombre convenable à chacone de ces classes. Nul élève ne pouvait, sous Templre, eotrer as collège que par la première classe de grammaire ou h classe préparatoire , c'est-à-dire , après avoir jostifié de toutes les connaissances élémentaires , ce qai est trèi* raisonnable, les collèges étant destinés à l'iDstractioii secondaire: tandis qu'à présent, il y a trois ou qoatre classes avant celles de grammaire. Un vrai collège doit commencer où finit l'histructiott primaire du ploa haat degré; et il doit finir où commence l'université, c'eat-àdire, au baccalauréat es lettres, examen qui coaroone et résume toutes les études du collège, comme il faudrait, pour entrer au collège, un examen qui résumât tootes lei connaissances préliminaires. Le collège reprëseote l'éducation générale qu'il faut avoir reçue pour f^ire partie de la bonne société, comme l'université représente ^in8l^n^ lion scientifique nécessaire pour entrer dans les professions libérales. Toute inscription ou immatriculatJoDdaos Funiversité ne doit être i>ermise que sur la prëseotatioa du diplôme de bachelier es lettres, et l'on ne doit poaroir entrer au collège qu'après un examen spécial. C'est la règle, mais elle n'est point observée; comme c'est aussi la règle, également inobservée, d'examiner les élèves d'une classe avant de les laisser passer dans uoe classe supérieure, règle nécessaire, sans laquelle il ne peut; avoir nul progrès régulier, nulle gradation réelle dans les études.

c Une dernière remarque. Dans chacun de nos collèges à pensionnat, il y a un aumônier pour les élèves catholiques , et un pasteur pour les élèves protestaota. Je me plains que nos aumôniers, pour ne parler que de ce qai regarde les catholiques, se bornent aux offices, à la confession et à ce qu'il y a de plus indispensable dans km fonctions : c'est trop pou pour le rang et le traiteoieot qu'ils ont, celui de professeurs de première classe; c'est trop peu surtout pour les besoins religieux des élèTes. Il faut comprendre ces besoins et y satisfaire. Moins d'offices, et beaucoup plus d'enseignement; car les ofiices «aas enseignement servent assez peu, et l'enseignement serait très-utile encore sans les offices. Voyez avec quelle assiduité la religion est enseignée dans toutes les classes de Schulpforta! Je voudrais que chez nous tout aumônier fit an moins deux conférences par semaine sur la religion chrétienne, et non pas aux commençants; pour ceux-là, le catéchisme et l'histoirej biblique suffisent; c'est 8!l^ tout aux élèves des humanités et de rhétorique, des classes d'histoire et de sciences, correspondantes itni humanités et à la rhétorique, c'est aux élèves de philosophie qu'un digne et savant ecclésiastique devrait s'adresser. Des jeunes gens de cet âge trouveraient une instntction solide et utile à tous égards dans Texplication des moniiments du christianisme, qui se lieraient à toutes leurs études historiques et philologiqties. Quand, pendant quelques années , ils auraient ainsi vécu dans un cominerce intime avec les saintes Écritures , Il ne serait pas pin'

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facile deloorner en ridicule auprès d'eoi le christianiBine, M forte morale, sa sublime philosophie, sa glorieuse hisloire , qu'il ne Test aujourd'hui de leur faire trouver Homère et Virgile de minces génies, et Rome et la Grèce laDs grandeur et sans intérêt. Mais pour de pareils enseignements» il Aiiit un aumônier instruit, et nul ne devrait êlre aumônier sans avoir obtenu le grade de bachelier, oamème celui de licencié en théologie- Je sollicite instamment cette mesure (1)... »

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