‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 132 sur 212 · DANEMARK · texte numérisé non relu

DANEMARK

Insimelion primaire.

L'instruction du peuple passe pour florissante depuis longtemps en Danemark. Elle y était dans un état trèssatisfaisaut avant l'année 1822, oh la méthode d'enseignement mutuel fut introduite dans un grand nombre d'écoles.

Pour savoir si les écoles danoises d'enseignement mutuel sont aussi bonnes qu'on le dit, il faudrait consulter des hommes qui , par leur position et par leurs lumières, fussent élevés au-dessus de toute préoccupation systéma^ tique, connaissant bien les faits , et jugeant les choses par leurs résultats. La société d'enseignement mutuel qui s'est formée à Copenhague sur le modèle do celles de Londres et de Paris, publie de temps en temps des rapports sur ses travaux ; il serait bon d'avoir la suite de ces rapports. S'adresser à H. d'Abrahamson. On connaît en France un rapport au roi de Danemark, inséré par extrait dans la Revue encyclopédique du mois d'avril i828. Enfin, Malte- Brun a donné un résumé des renseignements publiés par M. d'Abrahamson sur le nombre et les progrès des écoles d'enseignement mutuel depuis 1823 jusqu'à 1851. Recueillir avec soin tous ces documents.

Y a-t-il en Danemark une ordonnance royale ou quelque statut général sur l'instruction primaire?

Une personne qui serait consultée avec fruit serait M. Borring, jeune professeur de l'école royale militaire de Copenhague , que l'auteur de cette note a connu à Paris il y a quelques années , et qui témoignait un zèle éclairé pour l'éducation du peuple. Je désirerais que cette note fût mise sous les yeux de M. Borring, et qu'il eût la bonté de consigner par écrit son opinion sur l'état réel des écoles mutuelles en Danemark.

Sur le bruit que les partisans de ces écoles ont fait en Europe de leur excellence et de leur utilité, un très-habile pédagogue allemand , que Ton n'accusera pas d'élolgnement pour les nouveautés , et qui , presque seul dans son pays, avait montré quelque goût pour l'enseignement mutuel, M. Diesterweg est allé l'été dernier en Danemark, pour voir et apprécier par lui-même ces écoles tant vantées, et il a consigné à son retour son opinion dans un écrit intitulé : Bemerkungen und ÀnsichUn auf einer pûdagogischen Reise naeh den dànitchen SiacUen im Sommer 1836, fUr seine Freunde und die BeobacMer der wechseUeiligen Sehuleinrichlung niedergeschrieben. (Notes et observations recueillies dans un voyage pédagogique en Danemark pendant l'été de 1836 , adressées à mes amis ainsi qu'à ceux qui s'intéressent à l'enseignement mutuel, Berlin, 1836). Dans cet écrit, M. Diesterweg déclare qu'il abandonne entièrement son ancienne opinion , et qu'après avoir examiné à fond les écoles mutuelles du Danemark ,

(2) m. Paol Gaimard^ partant pour Tlslande et le Groenland, pria l'Académie des sciences morales et politiques de loi donner une liste de questions pour la solution desquelles il iiourrait, dans son Toyage, recueillir d^uUles i-enseigncmenta. L** Académie chargea X. Cousin de poser les questions qui se rapportent à l'instruction publique.

S5S APPENDICE

il les condamne comme réduisant Téducation da peuple à un par mécanisme.

Instruction secondaire.

Quant à Tinstruction secondaire, je demande seulement les règlements et les programmes de deux ou trois gymnases; et, par exemple, je prie le recteur d'un des gymnases de Copenhague de vouloir bien exposer brièvement en latin les ressemblances et les différences du gymnase qu'il dirige avec un gymnase allemand. Le point principal sur lequel j'appelle l'attention, est l'union si désirable et si difficile à procurer de l'enseignement des lettres et de renseignement des sciences dans le gymnase , et la répartition et la gradation de ce double enseignement dans les différentes classes.

Instruction supérieure.

En Danemark , elle est con6ée aux deux universités de Copenhague et de Kiel. L'université de Kiel est une uni- Tersité presque entièrement allemande. Celle de Copenhague est particulièrement l'université nationale du Danemark. Borner ses recherches à cette dernière université. Demander au recteur de l'université de Copenhague :

l«Les statuts de cette université;

2* Les programmes latins imprimés des cours pendant les six ou sept dernières années ;

3* Quelques-unes des thèses de doctorat écrites en latin, surtout pour la faculté des lettres.

SUÉDE.

Er Suède comme en Danemark, se borner à peu près à recueillir des documents officiels.

Instruction primaire.

Y a-t-il en Suède une loi sur Tinstruction primaire? S'il y en a une, se la procurer ; s'il n'y a pas de loi , demander à M. le ministre de l'intérieur de vouloir bien faire connaître en peu de mots les usages les plus généraux.

Du moins est-il probable que chaque déparlement, chaque préfecture, a ses règlements particuliers. Se procurer un bon nombre de ces règlements départementaux.

On dit qu'en Suède tout le monde sait lire , écrire et compter. Y a-t-il donc dans chaque commune une école entretenue par la commune, et dont la fréquentation soit obligatoire? On bien , les mœurs ont-elles tout fait sans loi?

Dans les parties de la Suède où les diverses maisons d'une commune ou d'une paroise sont très-distantes les unes des autres, comment se donne l'instruction primaire? Ya-t^il, comme dans certaines parties de l'Allemagne, des maîtres d'école ambulants?

L'instruction allemande et hollandaise des inspecteurs primaires existe-t-elieen Suède?

Quelle est la part du clergé dans la surveillance de l'éducation du peuple?

Pour l'enseignement mutuel, faire ici les mêmes recherches qu'en Danemark; demander des renseignements à des personnes différentes d'opinion et de position.

Se procurer les rapports faits aux étals généraux sur Vadministration générale du royaume, rapports dans les-

quels il doit y avoir des parties relatives à l'instraction da peuple.

Le gouvernement a-t-il publié des docaments ssr le nombre des enfanU qui fréquentent les écoles? De pareils documents seraient précieux à recueillir.

Maintenant, pour arriver à quelques points psrticolien, s'informer :

i* A Upsal, de l'école des pauvres de cette ville aiosi ' que des écoles de dimanche ;

3« A OErebro, petite ville de 4,000 &mes, il y a, seloo . Malte-Brun, une école normale. Mais que faut-il entendre I par là? Est-ce seulement nue Normal- SckuU aliemaDde, une école modèle française? Ou bien est-ce une école poar former des maîtres, une école normale française, un sémi- i naire allemand? Dans ce dernier cas, demander le règie< ment de cette école et une note du directeur, dans laquelle il aurait la bonté d'indiquer le rapport et la différence de l'établissement qu'il dirige avec les Seminarien fiir Schl- I lehrer.

S*» On dit qu'à Carlstadt, sur les bords du lac Wener, il y a des écoles primaires très-bien tenues, et àGolhembourg des écoles de pauvres, remarquables.

4° Enfin la Société pro patria qui réside à Stockholm et encourage tout ce qui se fait de bien dans toutes les classes de citoyens , distribue des médailles d'argent poar récompenser les longs et pénibles services des maUres d'école. Se procurer plusieurs rapports de celle société.

Instruction secondaire.

Demander à différents recteurs de gymnases une notice en latin sur leurs gymnases ; par exemple, à Golhembourg, à Carlstadt et à Gèfle. Rechercher ce qu'est Técole cathédrale d'Upsal : est-ce un gymnase annexé à la cathédrale ou une école ecclésiastique?

Instruction supérieure.

Il y a en Suède deux universités, celle du Land, àqaalre lieues de Malmoé et à l'entrée de la Suède ; et celle dUpsal, à peu près au cœur du royaume. Se procurer les statuts et les programmes de ces deux universités , particulièrement de celle d'Upsal.

Cette université est fréquentée par un millier d'étudiants; elle a un très-grand nombre de professeurs; elle possède les plus riches ressources, un observatoire, de belles collections scientifiques, enfin une bibliothèque de 80,000 volumes. Comme l'Académie des sciences et d(^ lettres à Stockholm représente , en quelque sorte, Tesprii nouveau en Suède, par exemple les recherches scientifiques proprement dites, les applications des sciences ani arts, etc., de même l'université d'Upsal représente l'ancien esprit du pays et la littérature proprement dite. Elle est surtout littéraire, historique et philosophique Elle compte des professeurs très- distingués, entre autres l1iistorien Geyer, dont les ouvrages sont célèbres en Allemagne et ne «ont pas inconnus en France. On y étudie aTtiC zèle la langue et les antiquités nationales. L'auteur de cetie note doit déjà à l'obligeance de M. le professeur et bibliothécaire Schrodder, de précieux renseignements sur l'université d'Upsal, plusieurs thèses de doctorat, écrites en latin sur divers points de philosophie, et quelques programmes des cours. Mais il ne possède pas les statuts de cette vieille et illustre université où enseignèrent Vallerius, Bergmann et Linné, qui peut revendiquer une partie des travaux de Scheeie , qui a été longtemps le foyer des

APKNDIGE.

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tnnoi de ttrat goiret (pii se faisaient en Suède, et le rendei-Tout et U pépinière des savsnts et des gens de letlret avant le développement qu'ont pris en ces derniers lempi les deux académies de Stockholm. Si M. Scbrœder M lOOTieot de moi , Je le prie de Youloir bien faciliter à M. Gaimard toutes les rechercha qui auront pour objet ane connaissance approfondie de l'université d'Upsal.

En terminant. J'appelle l'attention de M. Gaimard sur la Tille d'Uméa, capitale de la Laponie suédoise, qui compte ploneors écoles dignes d'être observées. Il est curieiti de rechercher les moindres traces de l'instniction publique à celte extrémité de la civilisation européenne.

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