ISLANDE
Ici nous n'avons pour nous diriger dans nos questions que les courts renseignements qui se rencontrent dans la
description de l'Islande de Malle-Brun, et dam le cinpitre des Lettres de H. Marmier sur l'iRstracUon publique.
On dit qu'en Islande il n'y a personne qui ne sache lire et écrire, et que le clergé y est instruit et mèovesanm.
On explique le premier fait par le vieil usage de toute mère islandaise d'enseigner à son enfant ce qu'elle licDt elle-même de sa mère, pendant les longues soirées d'hiver. Tout bœr islandais est ainsi une école. Il y s uoe BiUe et un recueil de sagas. Puis de temps en temps le pasteur fait sa ronde et s'assure si l'instruction des enfaoïs avance convenablement. Yoilà ce que dit M. Marmier. Nous demandons si l'usage mentionné est en effet général et uds exception.
De plus, n'y a-t-il pas dans les villes, ï Hélar, et fiu^ tout à Reykiavik, capitale de 111e, quelques écoles primaires? Et comment ces écoles sontrelles tenues?
M. Marmier donne de touchants détails sur les professeurs de l'école de Bessastadir, qui est un vrai gymoaie particulièrement destiné aux études ecclésiastiques. Mais il faudrait inviter le directeur de cette école à en uadoire en latin les règlements d'étude et de discipline
L'école de Bessastadir est le grand établissement dlnstruction publique de l'Islande; c'est de là que sort le clergé; c'est de là que sortent aussi les jeunes Islandais qui se destinent à la médecine ou à la jnrisprodence, et qui vont étudier à Copenhague. Le gouvememenl danois a la sagesse d'encourager ces jeunes gens; ils sont logés dans une maison aux frais de l'Ëtat, et ceux. qui se distinguent dans les examens reçoivent par mois une gratification qui équivaut à une petite pension ; c'est là la pépinière des fonctionnaires Islandais.
Cette maison , fondée par le roi Christiem VI , rappelle les hospices ou collèges établis à Paris au moyen âge pour les étudiants des différentes provinces, VHosfitxm ou Collegium bellovaeense, baiaeense, etc. Se procurer les règlements de cette maison.
Quand ces jeunes gens ainsi élev^ reviennent en Islande, ils y transportent et y répandent le goût de rinslrnction. La civilisation se répand peu à peu dans ces âpres contrées. 11 y a maintenant à Reykiavik une bibliotbèqae de 6,000 volumes dont j'ai tu le catalogue, et où sont une foule de livres eiceltents de philosophie et de pédagogie allemande , dans la langue originale ou dans des traductions danoises. Il serait honorable à l'Académie ou an gouvernement de déposer dans la bibliothèque de Reykiavik quelques ouvrages français sur l'éducation, comme un modeste hommage des amis de l'instruction publique eo France à ceux qui travaillent si utilement à la propager dans la vieille terre des Scaldes.