‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 206 sur 212 · V« ARGUMENT · texte numérisé non relu

V« ARGUMENT

Si nn sentiment intime nous faisait apercevoir quelque pouvoir dans la volonté; il faudrait que nous coonutsions et ce pouvoir et ta liaison avec le cor|>s« et la nature des deux subsuncet en vertu desquelles l'une fait modvoir Pautre.

Repense. Cet argument hypothétique ne tend à rien moins qu'à renverser toutes les bases légitimes du raisonnement, puisqu'il subordonne la certitude d'un fait intérieur à la réalité d'une connaissance extérieure dont ce fait serait la conséquence , tandis qu'il ne peut qu'en être le principe.

En rétablissant l'ordre naturel du raisonnement, je dis, au contraire : Si le sentiment intime qui nous fait apercevoir on pouvoir d'agir dans l'exercice de notre volonté dépendait de la connaissance absolue de l'âme ou de sa liaison avec le corps, et enfin de la manière dont les deux substances agissent l'une sur l'autre, nous ne pourrions pas avoir le sentiment ioUme du pouvoir, sans avoir la connaissance objective des substances séparées et des moyens de leur action réciproque. Or, nous avons l'aperception interDC de notre pouvoir d'agir indivisible de celui de notre existence même.

Nous avons dans l'effort le sentiment d'une liaison intime immédiate, entre la cause ou la force noi qui effectue le mouvement et l'effet produit ou la sensation musculaire, et nous n'avons aucune connaissance représentative de l'âme en soi ni de sa liaison avec le corps : donc le sentiment intime du pouvoir est indépendant de tonte connaissance objective des substances spirituelle et corporelle et de leur liaison réciproque.

Ainsi, en distinguant deux points de vue ou deux sortes d'éléments que le sceptique confond perpétuellement à

dessein de répandre sur Tan l'obtcorité qui couvre l'autre, nous renversons du même coup tout l'échafaudage de ses arguments.

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