‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 208 sur 212 · DEUXIÈME APPENDICE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME APPENDICE

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DAPRÈS H. ENGEL (i).

Un patsage de restai qoe noiu venons de ditenter, auquel Hume ne parait pat avoir attaché une haote importance, paiaqttMl Ta relégué dans une note, a fourni ï M. Engel, membre de l'Académie de Berlin, le ti^et d'un Mémoire trèt-remarquable tur l'origine de l'idée de force. Le principe ou le fait psychologique qui sert de base à la théorie de ce métaphysicien, a tant d'analogie avec celui qui m'est propre, que je mets un grand intérêt à faire remarquer l'analogie et les différences de nos deux points de vue.

Voici d'abord la note de Hume :

c On pourrait prétendre que la résistance que les.oorps Boua opposent, fait naître l'idée de force ou de pouvwr. L'impression originelle, dont cette idée est la copie, ne serait-elle pas ce mit», cette forte tendance que BOUS éprouvons, lorsque nous sommes contraints de réunir nos efforts pour surmonter un obstacle? Mais premièrement, nous attribuons un pouvoir à un grand nombre d'objets dans lesquels l'on ne saurait supposer ni résistance ni efforts. Tels sont l'Être suprême, à qui rien ne résiste, l'esprit humain pensant et mouvant, par rapport à l'empire qu'il exerce sur les idées et sur les membres, les effets suivant immédiatement les volitions, sans qu'il soit besoin de recourir à des forces; enfin, la matière inanimée qui n'est point susceptible d'un pareil senlioieBL En second lieu, ce sentiment, d'qne tendance à surmonter l'obstacle qui résiste, n'a aucune liaison connue avec quelque événement que ce soit : nous savons, par expérience, ce qui résulte de ce sentiment; mais il est impossible de le savoir à priori. > M. Engel observe, avec beaucoup de raison, que si Locke, Hume et tous les métaphysiciens ont laissé l'idée de la force tout aussi confuse et ténébreuse qu'ils l'ont trouvée, c'est qu'en se livrant à des considérations générales, et plus ou moins vagues, sur cette notion , ils ont négligé de chercher l'origine qu'elle pouvait avoir dans un sens propre et spécial , comme les couleurs dans la vue, l'étendue dans le toucher, etc.

« Si l'on avait, dit le philosophe de Berlin, regardé les

(1) Voyez le» Mémoires de T Académie de Berlin, année 1802.

c muscles comme des organes par lesquels nous parvec nous à avoir des idées de qualité, il y a toute apparence t que dans l'énumération des sens , Locke et Hume auc raient dirigé particulièrement ienr attention sur le sens c musculaire de la tendance, et qu'ils auraient trouvé en c lui l'origine de l'idée de la force, avec son caractère c propre et distinctif.

c On ne peut pas plus voir ou imaginer la force, qu'on c ne peut voir ou se représenter, sans une image, le son, c l'odeur, la saveur, etc. La force veut être sentie à l'ordre c de son sens propre, qu'aucun autre ne peut remplacer; c car des sens différents ne peuvent être expliqués ni c conçus l'un par l'autre, précisément parce que ce sont c des sens différents; et par cette même raison , un sens t ne doit pas vouloir juger ou contrôler un autre sens, et t parce qu'il ne le conçoit pas par ses propres perceptions, c il ne faut pas qu'il lui conteste les siennes , etc.

c Les couleurs et les sons restent ce qu'ils sont pour les c hommes doués de la vue et de l'ouTe, quand même les < aveugles et les sourds de naissance n'en savent ou n'en c conçoivent rien. Ainsi , l'action de notre sens muscuc lalre sur les corps étrangers, et la réaction de ceux-ci c sur les sens, restent ce qu'elles sont, qu<Mqu'on ne s'en t forme aucune idée, en y appliquant le sens de la vue c et du toucher, etc. >

Cette partie du Mémoire de M. Engel rentre tout à Ait dans le point de vue où nous avons pris nos réponses aux précédents arguments de Hume.

Mais voici les différences qui nous séparent.

M. Engel limite le sens musculaire, qu'il appelle aussi sens de la tendance , à l'effort que nous faisons pour surmonter des obstacles étrangers, par exemple, an sentiment particulier que nous éprouvons en rompant un bftton; « La force de cohésion, dit-il, étant surmontée peu à peu, c k mesure que l'effort augmente. Jusqu'à la fraction c où notre force prend le dessus, et obtient tout son i effet, etc.

c Ainsi la véritable essence de la force consiste, suivant t ce philosophe, dans la possibilité de saisir et de déter- « miner une résistance étrangère, ou, comme il dit, de t se compliquer, de se mettre en conflit d'action avec une i autre force qui résiste.

c Cette liaison intérieure, étroite, qui a lieu entre l'effort t de nos muscles et l'action de rompre on bâton , ou c d'avancer contre un obstacle, s'étend de là sur un

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