‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 29 sur 212 · A M. LE COMTE DE MONTALIVET · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE DE MONTALIVET

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SUR l*£tat

DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE EN PRUSSE

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MOXSIEOR LE MINISTRE,

Arriré ici le 5 juin , el devant être de retour k Paris du 45 au 20 juillet an plus tard, je dois songer à quitter Berlin dans les premiers jours du mois prochain, et à yous rendre compte de Tétude que j*ai pu faire de Tétat de Pinstruction publique dans le royaume de Prosae, pendant le trop petit nombre de jours que mes inslnictions m'ont permis dépasser dans cette capitale.

Je m'empresse de yous dire, M. le ministre , que j'ai reçQ dn public et du gouyernement un accueil qui a e&eé en moi jusqu'à la dernière trace de mes souyenirade 1825. Partout, depuis les ministres jusqu'au dernier des fonctionnaires , j'ai senti le désir sineère de réparer, de toutes les manières, une déplorable méprise. J'ai remis au ministre de l'inslruction publique et des cultes, M. le baron d'Âltenstein, la lettre que yous m'aviez donnée pour lui , et je yous transmets sa réponse. Je connaissais déjà M. d'Altenstein ; mais, cette fois, j'ai pu mieux juger de la profondeur de son esprit et de l'étendue de ses connaissances. Il m'a iâit lîionneur d'ayoir ayec moi deux ou trois conversations longues et approfondies sur les parties les plus élevées et les plus délicates de son ministère; et pour le détail , il a bien voulu charger un de ses cou seiliefs intimes de me communiquer , non-seulement tous les éclaircissements, mais tous les documeiits et toutes les pièces imprimées et manuscrites que je pourrais désirer. Chaque jour , M. le conseiller Schulze et moi nous avons eu une conférence de plusieurs heu* res. Rien ne m'a été caché de ce que j*ai voulu savoir. J'ai pu connaître l'intérieur du ministère et le jeu le

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plus secret de l'administration. Les documents officiels m'ont été prodigués. Le matin M. Schulze me faisait connaître les lois, les statuts, les règlements des différents établissements d'instruction publique ; le reste de la journée , il avait la bonté de m^introduire dans ces mêmes établissements ; et comme Berlin renferme à la fois une université, denombreux gymnases et tous les degrés d'instruction primaire , il en résulte qu'il n'y a pas une seule partie de Pinstruction publique sur laquelle je n'aie pu vérifier par moimême la vérité des assertions mînisiérielles. J'ai même été à Potsdam avec M. Schulze, pour y examiner en détail la grande école normale primaire qui y est établie. M. Schuke a bien voulu consacrer une journée entière à ce voyage et à cette inspection. Je ne puis trop me louer de l'obligeance de ce zélé et estimable fonctionnaire , qui connaît à fond toutes les parties du service , et c'est entre M. le ministre et lui que je me plais à partager ma reconnaissance.

J'ai partout suivi ces deux procédés :

i^ Me procurer les règlements et m'en pénétrer ;

2* Les vérifier parune inspection détaillée.

J'ai ainsi amassé , sur toutes les parties de l'instruction publique, plus de cent pièces officielles , avec mes propres observalions. C'est avec les unes et les autres que je viens vous faire le rapport que je vous dois. Je diviserai ce rapport en quatre sections ; savoir :

|o Organisation générale de l'instruction publique;

M RAPPORT SUR L'ÉTAT DE

^ Instruction primaire ;

3<> Instruction du second degré ou gymnase ;

4^ Instruction supérieure, ou universités.

C'est la division que j'ai suivie jusqu'ici ; elle s'applique à la Prusse aussi bien qu'an royaume de Saie, au duché de Weimar et à Francfort. Dans chacune de ces sections, je joindrai à une description fidèle une discussion franche et des conclusions pratiques, ainsi que je l'ai fait jusqu'ici ; car si c'est la Prusse que j'étudie, c'est toujours à la France que je pense.

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