‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 35 sur 212 · C0C8I!I. — TOME III · texte numérisé non relu

C0C8I!I. — TOME III

sont les mêmes pour les filles, avec des formes et des leçons appropriées â leur sexe.

c â^ La constitution générale des écoles est la même pour tous les peuples d'origine diverse dont se compose la monarchie prussienne. Si quelques écoles s'écartent de cette règle, dit la loi de 1849, elles doi vent y être peu à peu ramenées. Dans toutes celles sans exception où l'on parle une langue étrangère, les élèves recevront, suivant le degré de l'école, outre les leçons de l'idiome du pays, un enseignement complet sur la langue allemande, et maîtres et élèves pourront également se servir de cette langue dans la conversation ordinaire (i).

c 5® La différence de religion dans les écoles cbrétiennes produit nécessairement des différences dans l'enseignement religieux. Cet enseignement sera toujours approprié k l'esprit et aux dogmes du culte auquel l'école appartient. Mais comme, dans tonte école d'un État chrétien, l'esprit dominant et commun à tontes les confessions doit être la piété et un respect profond pour la Divinité, toute école pourra recevoir des enfants d'un autre culte chrétien. Les maîtres et les surveillants devront éviter, avec le plus grand soin, tonte espèce de contrainte ou de désagrément pour les enfants au sujet de leur culte particulier. Aucune école ne doit servir abusivement à des vues de prosélytisme; et les enfants d'un culte étranger à l'école ne seront point tenus, contre la volonté de leurs parents ou contre la leur propre, d'y suivre l'enseignement et les exercices religieux. Des maîtres particuliers du même culte seront chargés de leur éducation religieuse ; et partout où il serait impossible d'avoir autant de maîtres qu'il y a de cultes, les parents devront veiller avec d'autant plus de soin à remplir eux-mêmes ces devoirs, s'ils ne veulent pas que leurs enfants suivent à cet égard les leçons de l'école.

c Les écoles chrétiennes pourront admettre les enfants du culte israélite, en leur accordant d'ailleurs toutes les libertés laissées aux enfants des autres confessions ; mais les écoles israélites ne pourront recevoir aucun enfant chrétien, i

Du reste, nulle institution établie par des classes particulières de la société ne pent s'écarter essentiellement des principes qui règlent l'esprit général des écoles : bien entendu qu'il n'est pas ici question des éeoles créées pour une éducation spéciale , telles que celles du soldat, du fermier, du mineur , du fabricant, do marchand, du marin, de l'artiste, lesquelles regardent le ministère de l'intérieur et non celui de l'instructton publique, et par conséquent ne sont pas comprises dans la loi que nous faisons connaître.

(i) Ceci regarde les provinces polonaises de la monarchie prussienne.

RAPPORT SUR L'ÉTAT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

forces du corps. Il emiHrassera à la fois la refigion eiia

Le caractère fondamenlal de cette loi est Tèsprit moral et religieux , qui domine toutes ses dispositions.

c La principale mission de toute école , dit la loi de 1819, est d'élever la jeunesse de manière à faire naître en elle , avec la connaissance des rapports de rhomme avec Dieu, la force et le désir de régler sa vie selon Tesprit et les principes du christianisme. De bonne heure Técole formera les enfants à la piété, et pour cela elle cherchera à seconder et à compléter les premières instructions de la famille. Ainsi partout les travaux de la journée commenceront et finiront par une courte prière et de pieuses réflexions, que le maître saura ménager de telle sorte que cet exercice moral ne dégénère jamais en une affaire d'habitude. Les maîtres veilleront en outre à ce que les enfants assistent exactement au service de Téglise les dimanches et fêtes. On mêlera à toutes les solennités des écoles, des chants d'nn caractère religieux. Enfin, Tépoque de la communion devra être , pour les élèves comme pour les maîtres , une occasion de resserrer les liens qui doivent les unir et d'ouvrir leur âme aux sentiments les plus généreux et les plus élevés de la religion.

c On s'appliquera aussi à inculquer aux jeunes gens l'obéissance aux lois , la fidélité et l'attachement au prince et à l'État, afin que ces vertus réunies fassent germer de bonne heure en eux l'amour sacré de la patrie.

c Si, pour les établissements qui n'ont pas de pensionnaires, l'autorité des maîtres s'arrête à l'enceinte même des écoles, ils ne resteront pas indifférents pour cela à la conduite des élèves au dehors des classes. Quant aux écoles à pensionnat, elles ont toute l'autorité des parents sur les élèves qui leur sont confiés.

c L'attachement paternel des maîtres , leur affectueuse bienveillance pour chaque élève, sont les plus puissants moyens de les garantir des influences immorales et de les guider vers le bien.

f Jamais on n'infligera de punition qui puisse par sa nature affaiblir le sentiment de l'honneur, et les peines corporelles , dans les cas où elles seraient nécessaires, devront être exemptes de toute barbarie et ne jamais blesser la pudeur ou nuire à la santé.

c Les écoliers incorrigibles ou qui pourraient nuire à leurs camarades par leur exemple ou leur influence, seront éloignés , après qu'on aura épuisé toutes les ressources de Tautoriié paternelle jointe à celle des maîtres, et d'après l'avis des comités de surveillance.

< En faisant participer les élèves eux-mêmes, à mesure qu'ils avancent en âge, au maintien de l'ordre dans Técole , on les habituera bientôt k se regarder comme des membres utiles et actifs de la société.

I L'enseignement primaire aura pour but de développer les facultés de Tàme , la raison , les sens et les

morale, la connaissance de la grandeur et des nombres, de la nature et de l'homme, les exercices du corps, le chant , enfin l'imitation par le dessin et par l'écriture.

c Dans toutes les écoles de filles , sans exception, il y aura des exercices pour les travaux particuliers de leur sexe.

€ La gymnastique sera considérée comme une partie nécessaire d'un système complet d'éducation ; et elle sera enseignée d'après des règles simples et favorables an développement de la santé et des forces corporelles des enfants.

c Toute école élémentaire complète embrasse nécessairement tous les objets suivants :

c i^ L'instruction religieuse, pour former le moral des enfants suivant les vérités positives du christianisme ;

c â<» La langue allemande, et^ dans les pays de langue étrangère , la langue du pays en même temps que la langue allemande ;

< 5^ Les éléments de la géométrie , et en même temps les principes généraux du dessin ;

c 4» Le calcul et l'arithmétique pratique ;

c 5*> Les éléments de la physique, de la géographie, de l'histoire générale, et particulièrement de l'histoire de la Prusse. On s'arrangera , pour reproduire fréquemment ces connaissances , à l'occasioD des leçons d'écriture et de lecture , indépendamment du coors particulier qui sera fait partout sur ces matières , autant que possible ;

c 6"* Le chant, pour développer la voix des enfaols, élever leur àme , perfectionner et ennoblir les chants populaires et les chauU d'église ;

f 7« L'écriture et les exercices gymnastiques qui fortifient tous nos sens et surtout celui de la vue ;

c 8^ Les travaux manuels les plus simples, et quelques instructions sur les travaux de la campagne, suivant l'industrie de chaque pays.

< L'enseignement de la religion, de la lecture, de l'écriture , du calcul et du chant , sont partout de rigueur. Ne sont considérées comme écoles élémentaires complètes , que celles qui rempliront le programme entier qui vient d'êlre déterminé.

c Toute école bourgeoise enseignera les objets suivants :

f 1« La religion et la morale ;

< â** La langue allemande , et en même temps la langue du pays dans les pays non allemands, la lecture, la composition, des exercices de style, des exercices d'esprit, et l'étude des classiques nationaux. En pays allemand , les langues modernes étrangères sont un objet d'enseignement accessoire :

c 3^ Le latin est enseigné à tous les enfants, dans

DANS QUELQUES PAYS DE L'ALLEMAGNE

certaines Umitee, pour exercer leur esprit et leur jngemeni, toit qu'iû doivent ou ne doivent pas entrer dans les écoles supérieures ;

( 4® Les éléments des mathémathiques , et particolièremeot une étude approfondie de Tarithmétiquepntiqoe;

I ^ La physique, pour se rendre compte des phénomènes les plus importants de la nature ;

c &> La géographie et Thistoire réunies, pour donner aux jeunes gens la connaissance de la terre , de rhittoire générale du monde, des peuples qui Thabi- (ent et des empires qui le partagent. La Prusse, son hiuoire, ses lois, sa constitution, seront Tobjet d'une éttide spéciale ;

< 7^ Les principes du dessin seront enseignés à tous, à roccaôoa des travaux de physique , d'histoire natoreile et de géométrie ;

I B« Lécriture devra être surveillée , et la main eieitée k écrire aTee goAt et avec netteté ;

I 9^ Les exercices de chant seront suivis par tous les élèves, tant pour les former à la connaissance de cet art que pour les mettre en état de célébrer conrenablement les solennités de l'Église , en chantant les ebœurs avec intelligence ;

« 10^ Exercices gymnastiques appropriés à Page et aox forces des élèves. »

Cet enseignement est nécessaire pour constituer une école bourgeoise. Si les moyens de Técole lui permettent de s'élever au-dessus de cet enseignement, de manière ^ préparer les jeunes gens aux professions saianies et à les mettre en état d'entrer immédiatement dans les gymnases, alors cette école prend le titre d'école supérieure de ville ou progymnase ( hôhere Suidisthult, Progymmuium).

Voici encore quelques dispositions importantes qui se rapportent ï l'objet général de ce chapitre.

I Les maîtres doivent s'attacher à connaître particulièrement chaeiin de leurs élèves, et donner le plus Snod soin aux examens périodiques.

< Tout élève sortant de l'école doit recevoir de ses nisltres et des membres du comité de suryeillance , si f école est élémentaire, un certificat constatant sa capacité et ses dispositions morales et religieuses. Ces certificats seront toujours présentés aux ecclésiastiques pour la communion, aux chefs d'atelier pour entrer en apprentissage, ou aux maîtres pour entrer en Mrviee.

< Les certificats ne seront donnés aux élèves qu'au moment de leur départ : et dans les écoles bourgeoises comme dans les gymnases, ce sera toujours l'occa- ^ d'une grande solennité.

I Une instruction particulière fixera la nombre des ^ns qui devront être données par semaine et par jour dans chaque pu'tie et pour chaque degré.

c Les grandes divisions des cours seront de Pâques à Pâques, ou,.suivanf tes localités, de la Saint-Michel à la Saint-Michel.

c A chaque semestre, chaque école pourra admettre des élèves, faire changer de cksses ou terminer les études.

f Les dimanches^et jours de grande fête, les écoles sont fermées, à l'exception des écoles de dimanche pour les adultes qur auraient été négligés dans leur jeunesse, ou pour les enfants qui , sans cela , seraient privés de toute instruction pendant l'été, dans les pays où des obstacles insurmontables s'opposent à la tenue des écoles pendant cette saison.

c Afin de ne point entraver le mouvement continuel de perfectionnement, on ne désignera point de livres spéciaux pour les différentes branches de l'enseignc^ment des écoles primsûres, elles seront libres d'adopter les meilleurs ouvrages à mesure qu'ils paraîtront.

c Pour l'instruction religieuse , qui , dans les écoles protestantes, se fonde principalement sur l'Écriture sainte , on se servira de la Bible et des catéchismes généralement adoptés. Les enfants qui savent déjà lire, auront entre les mains les évangiles et le Nouveau Testament ; ceux qui approchent du temps de la communion , auront la Bible en entier , l'Ancien et le Nouveau Testament , d'après la traduction de Luther; et ce livre servira également pour l'instruction religieuse dans toutes les classes des gymnases , en y ajoutant le Nouveau Testament en grec*.

c Les livres d'étude seront choisis avec soin par les comités, avec le concours des autorités supérieures , sans l'approbation desquelles l'usage d'aucun livre ne doit être permis. Les autorités ecclésiastiques devront être également consultées sur l'emploi des livres de n.

c Les évêques , de concert avec les consistoires prorinciaux , choisiront les livres de religion à l'usage des écoles catholiques. Dans le cas où ces deux autorités ne tomberaient pas d'accord sur le choix à faire , on aura recours au ministre de l'instruction publique et des cultes, qui prononcera.

c Si les livres élémentaires manquaient pour quelque branche de l'enseignement , le ministère veillera à ce qu'il en soit composé de convenables.

c Les maîtres des écoles publiques doivent choisir les méthodes les plus favorables au développement naturel de l'esprit humain , des méthodes qui étendent sans cesse l'intelligence des enfants et ne se bornent pas à leur inculquer un savoir mécanique.

c Les comités des écoles auront à surveiller les méthodes des maîtres et à les aider de leurs conseils ; ils ne devront jamais tolérer une méthode vicieuse ; et ils en référeront à l'autorité supérieure, si leurs avis ne sent pas écoutés.

RAPPORT SUR L'ÉTAT DE

f Les parenU ou tuteurs des enfants sont en droit de s'enquérir du système d'éducation suivi dans Técole et des progrès de leurs enfants. Pour éviter des demaddes continuelles à cet égard , on prendra des mesures pour qu'il soit rendu , de temps à autre , un compte public de la situation de l'école.

c Les parenis pourront adresser leurs plaintes aux autorités supérieures chargées de la surveillance des écoles, et ces plaintes devront être examinées avec le plus grand soin.

c D'un autre côté , quiconque confie ses enfants à une école publique, est tenu de ne mettre aucun obstacle à ce qu'ils se conforment exactement à la règle établie dans cette école , et de seconder au contraire les vues des maîtres, en s'acquittant envers eux de tout ce qui leur est dû et en fournissant aux enfants tout ce qui est nécessaire à leurs éludes.

t 11 convient pour l'ordre que, dans toute école publique , chaque élève soit obligé d'apprendre tout ce qui tient à l'enseignement fondamental du degré auquel appartient cette école , et il ne sera pas permis aux parents de soustraire arbitrairement un élève à aucune branche d'instruction. Les dispenses devront être demandées aux autorités supérieures, qui en apprécieront les motifs.

f Toute école publique , en tant qu'établissement national , doit offrir la plus grande publicité possible. En conséquence , il y aura chaque année , dans toute école de garçons , indépendamment des examens particuliers pour le passage d'une classe à l'autre , des examens publics dans lesquels l'esprit et la force des études pourront se manifester. En outre , le directeur ou l'un des maîtres rendra compte , en cette occasion , dans un écrit de circonstance , de la situation et des progrès de l'école. Enfin , de temps à autre, il sera publié un rapport général sur l'état de l'instruction dans chaque province.

« Chaque établissement sera libre de dioisir les solennités qui doivent faire connaître l'école par des discours publics ou par d'autres exercices. Cependant on choisira à cet effet, de préférence , les anniversaires des jours les plus remarquables dans l'histoire nationale.

f Pour les jeunes filles qui sont destinées par la nature à une vie paisible et retirée , les exercices ne seront jamais publics dans leurs écoles , et les examens auront lieu seulement en présence des maîtres et des parents sans aucune invitation générale.

f Mais si l'école publique doit s'efforcer d'accomplir les devoirs que l'État lui impose pour former les citoyens , de son côté elle a droit de prétendre que chacun lui témoigne par son respect la reconnaissance qui lui est due , comme travaillant à l'œuvre sainte de l'éducation. Les maîtres et les maîtresses doivent donc

L'INSTRUCTION PURLIQUE

être environnés de l'estime que méritent leiirs péoi» blés et honorables fonctions. L'école a droit de réclamer partout , et même de ceux qui ne lui confient pas leurs enfants , aide et appui. Toutes les autorités publiques sont requises de protéger , chacune dans la sphère de leur action , les écoles publiques , et de prêter secours aux maîtres dans l'exercice de leurs fonctions, conune à tous les autres fonctionnaires de l'État.

c Dans toutes les communes du royaume, sans exception , les ecclésiastiques de toutes les confessions chrétiennes t soit à l'église, soit pendant leurs visites aux écoles , ou dans leurs sermons pour l'ouverture des classes , saisiront toutes les occasions de rappeler aux écoles leur haute mission , et au peuple ses devoirs envers l'école. Les autorités , les ecclésiastiques et les maîtres s'accorderont partout pour resserrer les liens de respect et d'attachement entre le peuple et l'école, de telle sorte que le peuple s'habitue de plus eo plus à la considérer comme Tune des conditions essentielles de la vie publique , et qu'il s'intéresse chaque jour davantage à ses progrès. >

TITRE IV

COMMENT ON FOBMB LES INSTITUTEUBS PRIMAIRES , GOMMENT 0:« LES PLACE ET ON LES AVANCE , ET COMMENT ON LES PUNIT.

Les meilleurs plans d'enseignement ne peuvent s'exécuter que par de bons instituteurs ; et l'État n'a rien fait pourl'mstruction populaire, s'il ne veille à ce que les individus qui se destinent à renseignement soient bien préparés, puis placés convenablement, soutenus et dirigés dans le devoir de se perfectionner sans cesse , enfin avancés et récompensés suivant leurs progrès , ou punis selon leurs fautes. Tel est l'objet du titre VI de la loi de 1819. Nous traduisons ce titre comme nous avons fait les précédents.

c Pour bien remplir sa destination, on maître d'école doit être pieux et sage , et pénétré du sentiment de sa haute et sainte vocation. Il doit bien connaître les devoirs de cette vocation , suivant le degré de l'instruction primaire dont il veut s'occuper : il doit posséder Part d'enseigner et celui de conduire la jeunesse: être inébranlable dans sa fidélité envers l'État , consciencieux dans les devoirs de son emploi, amical et sensé dans ses rapports avec les parents de ses élèves ou avec ses concitoyens en général , enfin il doit s'efforcer de leur inspirer un vif intérêt pour l'école et de les rendre favorables à ses besoins.

De la formation de* maUrei éTéeole.

i Afin de pourvoir peu è peu les écoles de pareils maîtres , il ne faut pas abandonner au hasard le soin

DANS QUELQUES PAYS DE L^ALLEHAGEfE.

de les former; il but eontinuw de fender « en oomtre suflitttit, de$ ée(4es iKmnales primaires {SchmUehrer- SemnarUn). Les frais de ces établiBsements seront supportés en partie par les fonds généraux de TÉtat, en partie par les caisses départementales pour les écoles.

c Chaque département devra avoir, autant que possible , pour réparer les pertes des maîtres d*éeole qu'elle fait chaque année, un nombre correspondant de jeunes gens bien préparés et reconnus aptes à ces fonctions (Candidalen); c'est-à-dire qu'il faut une école normale primaire dans chaque département. Les dispositions suivantes doivent servir de bases à ces établissements.

i . c Aucune école normale primaire ne pourra admettre plus de soixante à soixante et dix élèves {Prdparanden.)

2. c Dans chaque département peuplé de protestants et de catholiques en nombre à peu près égal, il sera établi , autant que le permettr<mt les ressources et les circonstances, une école normale primaire pour chaque confession. Mais là où il y aura inégalité trèsmarquée de population entre les deux confessions , les écoles de la confession la moins nombreuse seront pourvues de maîtres par Técole normale primaire de la même confession d'un département voisin , ou par de petits établissements annexés à une simple école primaire. Des écoles normales, communes aux protestants et aux catholiques, seront permises , lorsque les élèves pourront avoir à leur portée une instruction religieuse convenable, chacun dans sa confession.

5. c Les écoles normales primaires ne seront éta- Uies, autant qu'il sera possible, que dans les villes moyennes, afin de préserver les élèves , sans les soumettre à une clôture sévère, des dissipations , des séductions et des habitudes d'un genre de vie qui ne convient pas à leur état futur ; mais il ne faut pas non plus que cette ville soit trop petite, afin qu'ils puissent ^ofiter, pour leur instruction, du voisinage de quelques écoles de différents degrés. 11 faudra aussi avoir ^rd au caractère, à la manière de vivre et aux mœurs des habitants de la ville.

4. c Afin que les écoles normales primaires soient en état de se recruter en élevant elles-mêmes les jeunes garçons les plus propres à l'enseignement, elles se rapprocheront, autant que possible , des maisons d'éducation des orphelins et des pauvres , mais elles ne choisiront dans ces écoles que les jeunes gens qui annoncent du talent et une aptitude naturelle pour Tenseijpiement, sans jamais en détourner aucun de la vocation qu'il aurait préférée. Les maisons d'éducation pour les orphelines peuvent servir de même à former des maîtresses d'école.

Page 1