‹ Œuvres de Victor CousinChapitre 70 sur 212 · IS · texte numérisé non relu

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L'eiweignemenlde la religion, comme le fondement de rinstniciion populaire , fera Tobjet principal des délibérations de la conférence. La méthode catéchétiqae doit-elle être négligée comme elle Ta été dans les derniers temps ? Quels sont les ouvrages nécessaires ao maître , outre la Bible et le catéchisme de Luther? et trouye4-41 des instructions suffisantes dans HofTman, Geisser, Handel,Haenel et Kohirausch? D'après Texiension qui a été donnée de nos jours à renseignement dans les écoles de village, on discutera jusqu'à quel point on peot s'occuper des éléments de la géométrie et du dessin ; dans quelles limites on restreindra l'enseignement de la géographie , de l'histoire et des sciences naturelles, et si ces additions peuvent être véritablement utiles ou n'être qu'un vain travail de mémoire.

La discipline est une des premières conditions du succès dans une école, et ici se présente la question de l'emploi des récompenses et des punitions. L'expérience a prouvé que cette partie de l'éducation est la plus difficile à traiter. On s'en occupera spécialement, et les difficultés s'aplaniront aisément pour ceux qui, pénétrés de l'esprit de l'Évangile , croiront devoir à leurs élèves tout ce que commande un amour religieux et un dévouement sans bornes aux saintes fonctions qu*Ils remplissent.

Le but de la conférence est également de fournir aux maîtres une occasion de s'éclairer eux-mêmes , et d'étendre leurs propres connaissances. Seront donc eonstanunent à l'ordre du jour les questions de grammaire et de langue allemande, de calcul, etc.; la lecture d'écrits pédagogiques et d'autres livres qui peuvent donner d'utiles connaissances aux maîtres d'école ; les exercices de chant, les communications réciproques des expériences de chacun des maîtres.

Parmi les ouvrages pédagogiques recommandés particulièrement, on aura les journaux sur l'instruction primaire qui se publient en Prusse et en Allemagne.

Les pasteurs chargés de l'inspection des conférences fionrront proposer des questions qui seront traitées par écrit et discutées ensuite dans la conférence.

Il sera tenu un procès-verbal détaillé de toutes les séances.

(Extrait du rapport de M. le surintendant Falk de

Landeshuth, sur les conférences de maîtres d^ école

dans la circonscription de son inspection cT école ;

Journal de Beckedorf , 2* cahier, ^^ volume.)

liais vainement toutes ces 'mesures, que j'aurais p«i multiplier, auraient été prises par le ministère de rinstruction publique , s*il ne se faisait rendre chaque année un compte exact de l'état des écoles normales primaires. Aussi, dès \ 825 , une ordonnance du 4 avril imposa aux collèges d'école des consistoires provincbux , l'obligation d'envoyer au ministère un rapport

COCStN. — TOME Ht.

annuel siir les différentes écoles normales de la province , rapport détaillé et complet qui embrassât tous les objets suivants:

i^ Matériel : entretien des bâtiments, réparation , augmentation ou diminution du mobilier, bibliothèque, collections, instruments , etc. ;

S^ Nombre des élèves ;

3^ État sanitaire des élèves ;

4** Ordre , discipline , état moral ;

5<> Méthode d'enseignement et état de l'école d'application annexée à l'école normale;

6<* Maîtres , changement du personnel , distribution des objets d'enseignement;

1^ Résultats des examens de sortie ;

8<* Placement des élèves sortis ;

9^ Notices sur les élèves nouvellement admis ;

iO^ Répartition des secours aux élèves {Stipendia) ;

\\^ Notice historique de Tannée; inspections, visites reçues , fêtes , etc. ;

i^"" Besoins de l'école, demandes et propositions.

Le collège des écoles exige ce rapport du directeur de l'école normale , et il l'envoie au ministère , en y ajoutant son jugement et ses remarques.

Le ministère, d'année en année, réforme les abus , soit dans les hommes , soit dans les choses , et perfectionne l'établissement. Souvent, selon l'esprit de la loi de 1819, ce rapport du directeur est publié, et les différents rapports sur l'état des diverses écoles normales du royaume les éclairent toutes , et entretiennent entre elles une heureuse émulation et un utile échange de procédés pédagogiques.

Cette publicité est non-seulement utile , mais né cessaire aux communes de chaque département , qui mettent d'autant plus de zèle à demander des maîtres à l'école normale qu'ils la connaissent mieux et chaque année en observent les progrès. Ces rapports sont d'une exactitude scrupuleuse , la surveillance du collège des écoles étant effective et le gouvernement ponctuellement obéi.

J'ai sous les yeux , M. le ministre , un bon nombre de ces rapports annuels depuis 1835, ainsi que les règlements de la plupart des écoles normales. Il serait infiniment utile de traduire tous ces comptes rendus et tous ces règlements. Les répétitions et les choses semblables montreraient Tidentité du plan suivi par le ministère, et les différences de tout genre feraient voir celles des provinces de la Prusse entre elles. Ces différences auraient aussi l'avantage d'offrir un plus grand nombre d'objets à une sage imitation de la part de nos écoles normales. Dans cette grande variété de dispositions , appropriées à des localités diverses , il n'y a pas une de nos écoles normales qui ne trouvât

RAPPORT SUR L'ËTAT bE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

qvelqne choee h son usage. Il y a en Prusse des écoles normales catholiques , des écoles normales protestantes , ainsi que des écoles normales où Ton reçoit des élèves des dcui confessions. En général , les écoles normales catholiques, sans être relâchées, ont une discipline moins austère que les protestantes. Ces dernières ont presque outré la sévérité de la discipline , si dans un pensionnat nombreux de jeunes gens de seize à vingt-deux ans , la discipline pouvait jamais être trop sévère. L'ex|)érience a appris (|ue des jeunes gens, sortis des derniers rangs du peuple et qui n'ont pas encore perdu une certaine grosdèreté , ne peuvent être impunément renfermés pendant deux ou trois années , si un esprit religieux , même assez fort , n'est parmi eux , et si une discipline vigoureuse ne les tient constamment appliqués à leurs devoirs. La rè^le de semblables établissemenu est condamnée à être un peu monastique et militaire , et c'est là jusqu'à un certain point le caractère de la discipline des écoles normales protestantes de la Prusse. Les règlements d'étude diflerent moins dans les écoles normales des deux confessions : cependant ils sont aussi plus sévèrement conçus dans les écoles normales protestantes, et on peut dire qu'en général celles-ci sont supérieures aux écoles normales catholiques- La raison en est surtout qu'elles sont plus anciennes , et qu'ici comme en toute autre chose le temps et l'expérience ont d'immenses avantages. Il est naturel aussi que les écoles normales de provinces arriérées , par exemple , les provinces polonaises , westplialiennes et rhénanes , se ressentent un peu de l'état des pays qui les recrutent, tandis que les écoles normales des provinces centrales de la monarchie doivent à la civilisation supérieure de ces provinces une prospérité qui chaque année s'accroît par ses effets mêmes. Quand on entre dans une de ces grandes écoles normales de la Saxe ou du Brandebourg , on ne peut s'empêcher d'être frappé de l'ordre admirable et de l'austère discipline qui y régnent comme dans une caserne prussienne; et en même temps tout y est libéral et respire le goât des éludes. Ne pouvant ici, M. le ministre, m'arrêter en détail sur chacune des vingt-huit grandes écoles normales de la Prusse , j'aime mieux en choisir quelques-unes que je puisse vous faire connaître à fond plutôt que de les effleurer toutes. Je prendrai les deux écoles normales les plus dissemblables et par leur confession religieuse el par l'état des provinces où elles sont situées. Je choisirai pour modèle d'irae école normale catholique et appartenant à des provinces récemment annexée à la monarchie , l'école normale catholique de Brûhl , sur les bords du Rhin. €e pays n'appartient à la Prusse que depuis 1815. L'école elle-même est de 1823. C'est donc une création toute récente semblable à celles que nous tentons aujourd'hui en France. Le

directeur est un prêtre catholique, H. le curé Schweitzer; et le compte rendu est de 1825, c'està-dire deux ans après la première fondation. L'autre école normale que je veux vous faire connaître comme type d'une école normale protestante et appartenant à la vieille Prusse, est celle de Potsdam. Son organisalion est de 1817 , et elle est fondée sur une petite école normale antérieure. Elle est dirigée par un prêtre protestant, M. Strietz; le compte rendu de cette école est de 1826. J'ajoute que ces deux grandes écoles normales ne possèdent qu'un revenu suffisant et convenable, mais inférieur à celui de quelques autres écoles, surtout de la grande école normale de Neuzelle, de sorte qu'on ne verra rien ici qui ne doive exciter l'émulation de nos écoles normales et rien non plus qui les puisse décourager. Je vais traduire ici , en les abrégeant un peu , ces deux comptes rendus , dont le ton et les formes diflerent auUnl que les deux rétablissements. Je laisse parler d'abord M. le curé Schweiizer.

Rapport annuel sur V école normale primaire catholique de BrUU, de 1824 - 1825 , par le directeur de télahlisiement, M. le curé Schweitzer.

Il ne sera pas déplacé, je suppose , de commencer ce rapport par quelques détails sur la petite ville de Brûhl , où se trouve l'établissement en question.

La ville de Brûhl est située dans une fort jolie plaine, sur la rive gauche du Rhin , à deux lieues de Gdogne, à trois de Bonn et à une petite lieue du Rliîn. Des champs fertiles , des villages pittoresques Tenvîronnent. Devant la ville s'élève majestueusement Tantique Colonia, avec ses nombreux clochers et son d6me colossal; elle borne la vue de ce cèté. A droite, le Sieben^ebirge (i) dessine ses formes gigantesques sur le lointain bleuâtre , et présente à l'œil , de ce côté , un point de repos plein de grandeur. De quelques hauteurs voisines , l'ami de la belle nature contemple avec admiration les plaines qui se déploient devant lui et l'éclat argenté du Rhin majestueux qui , dans de longs circuits, roule ses ondes aussi paisiblement que s'il trouvait plaisir à s'arrêter dans ces riantes campagnes, tandis que deux longues chaînes de montagnes semblent tenir cette magnifique plaine embrassée. L'une de ces chaînes s'étend sur la rive gauche du Rhin jusqu'aux monts Eifler, et se nomme pour celte raison le Vorgebirge (9) ; Brûhl est au pied de cette montagne. La cime en est couverte au loin par la forêt de Vill , et sa pente ondulée est parsemée de châteaux , de jolis villages, dont les maisons se cachent sous les arbres fruitiers. A l'époque de la floraison , ces groupes

(1) Sept montagnes voisines les unes des autres, et qui paraissent n'en former qu'une scale.

I (2) iRlrod action aux montagnes.

DANS QUELQUES PAYS DE L'ALLEMAGNE

de villages ofireni Taspecl le plus agréable, et forment avec le reste un tableau d'une variété charmante.

C'est donc avec raison que Brûhl a été le séjour favori des électeurs et des archevêques de Cologne ; et autrefois cette petite ville était tout autrement importante qu'elle ne Test actuellement. Brûhl ne se compose plus aujourd'hui que de deui cent soixante et dix-huit maisons^ parmi lesquelles il y a beaucoup de {lauvres chaumières de bauge , et elle ne compte que quatorze à quinxe cents habitants. Depuis qu'elle a cessé d'être la résidence des électeurs , ses habitants vivent presque tous d'agriculture et de petit commerce. Elle n^offre que deux édifices remarquables, le château, qui est abandonné , et le monastère. Ce dernier bâtiment est occupé par l'établissement dont la direction m^est confiée.

Ce monastère était autrefois la pépinière de l'ordre des franciscains pour toute la province de Cologne. Après' la suppression de l'ordre sur la rive gauche du Uhin en 1807, Napoléon donna, le 4 septembre 1807, le monastère et ses dépendances à la ville de Brùhl, qui les céda en ISlâàMM. Schug et Schumacher, pour y fonder une école secondaire , et un établissement d^éducation commerciale , dont l'existence finit en 182^. La ville céda ensuite ces bâtiments à l'administration royale du pays, vers la fin de Tannée 182â, |)our établir l'école normale primaire qui s'y trouve maintenant.

LOUL.

La maison est Italie dans le grand style, à trois étages ; elle est de forme qiuidrangulaire. L'entrée est au nord, et conduit par une petite avant-cour, d'un côté dans le couvent , de l'autre dans l'église , qui est belle, claire, élevée ; son maître autel de marbre artificiel et son orgue sont admirés comme deux objets fort beaux. Du côté du midi s'avancent deux ailes qui donnent au b&timent l'apparence gracieuse d'un château. Dès l'entrée, des cloîtres larges, â voûtes élevées, irisent par leur clarté. Ils font le tour du bâtiment, ainsi que les corridors du second et du troisième étage. Au rez-de-chaussée , nous avons quatre salles d^étude, et une grande salle à manger très-claire, qui sert en même temps de salle de réunion , d'étude et de prière. A côté sont deux chambres d'école , et deux antres pour l'économe , avec cuisine , office et pièce pour les domestiques , au-dessous du rez-dedianssée ; le portier y a aussi sa cuisine et deux chambres. L^établissementa , près de la cuisine , un puits très-lMm et très-abondant, dont l'eau est tirée par nne pompe ; une petite rivière qui passe sous les deux aiks est d'nn grand prix pour la propreté.

Le directeur occupe, au second étage, le côté

orienuldu bâtiment ; l'inspecteur, Faite gauche et une partie du côté du sud ; l'économe a le reste du côté du sud ; l'aile droite et le côté de l'ouest sont habités par un ancien père et un frère de l'ordre des francis* cains , regarda comme les derniers rejetons d'une souche autrefois florissante, maintenant éteinte, et par le maître de l'école d'exercice (Uebungs-Sekule). Il n'y.a pas de chambres au nord , mais seulement des corridors qui aboutissent â l'église.

Les maîtres auxiliaires habitent l'étage supérieur, où se trouvent en outre cinq chambres d^infirmerie au sud, et deux grands dortoirs pour les élèves, â Test et â Touest du bâtiment principal. Un grenier bien entretenu couvre toute la maison , et offre â l'économe, ainsi qu'aux maîtres , des places commodes pour leur provision de céréales.

Quant au local pour renseignement et l'hal^tation , les maîtres et les élèves ont tout sujet d^èlre satisfaits. 1^8 appartements des maîtres ne sont pas beaux , il est vrai; d'autres écoles>enpossèdentde meilleurs; mais avec quelques embellissements , ils pourront devenir très-décents. Les dortoirs des élèves sont gais et mieux ornés que je ne les ai vus dans aucune école normale. L'aspect en est très-propre et très-agréable, lorsque les lits sont pourvus de draps blanes et tous couverts de même, ce qui ne peut se faire que dans les établissements qui fournissent les lits. Cette maison n'a qu'un inconvénient, les eourants d'air violents, auxqnels je crois pourtant que l'on pourrait remédier.

Les alentours du bâtiment sont aussi agréables que l'intérieur en est convenable.

La maison est située du plus beau côté de la ville , et n'a de communication qu'avec le château , par une construction intermédiaire et par les bâtiments de l'ancienne orangerie. Elle a une vue riante sur des campagnes magnifiques; un grand potager, une cour commode et deux petits terrains pour parterre en dépendent.

Le bâtiment est en pierre, par conséquent très-solide ; il est bien un peu gris maintenant , mais un crépi neuf lui donnerait bientôt un aspect plus riant. La toiture est bien entretenue, et si une fois on entreprenait une réparation un peu étendue du bâtiment principal , il ne faudrait par la suite qu'une dépense très-faible pour l'entretien du tout.

Pendant Tannée qui s'est écoulée, il n'a pas été fait de grandes réparations. Dans l'appartement du directeur, trois nouvelles portes battantes ont été faites , ainsi qu'une clôture â l'entrée de l'appartement, pour empêcher les courants d'air. Dans le grenier on a fait deux cloisons en lattes, pour séparer les parties appartenant au directeur et à l'inspecteur, ainsi que quatre nouvelles Incarnes. Dans la cotsinc de l'économe une nouvelle porte a été placée dans un endroit qui en

RAPPORT SOR L'ÉTAT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

manquait , poor obvier de ce côté au courant d*air. On a fait à rentrée de la grande cave une double porte en cbéne, et des coffres dans les chambres d'infirmerie et de clavecin.

(Ci-joint l'inventaire dans la forme prescrite, etc.)

L'école normale s'est donné cette année pour la bibliothèque :

V école populaire ehrélienne, de M. Krummacher ;

Ce qu il faut savoir de la physique^ de Herr ;

Un Herbarium vivum, se composant de trois cent soixante-neuf numéros.

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