DONNÉES HISTORIQUES
Jusqu'au milieu du siècle dernier il n'y avait point dans le Brandebourg d'écoles normales primaires. Les maîtres d'école étaient admis par les communes , soit avec l'approbation des autorités , soit à leur insu , et sortaient tous des écoles primaires alors établies. Tout ce qu'on exigeait de ces maîtres , qui étaient la plupart des artisans, c'était de savoir lire, réciter le catéchisme, cbauter passablement quelques airs d'église bien connus , et en oulre tant soit peu écrire et calculer. Combien de pasteurs, chargés l'été de la garde des troupeaux , s'arrogeaient l'hiver le droit d'instruire la jeunesse ! Les nobles conféraient d'ordinaire les places de maîtres d'école, dont ils pouvaient disposer, à leurs domestiques ou chasseurs pour les récompenser de leurs services. Les écoles primaires des villes offraient quelquefois des maîtres un peu plus instruits, mais qui n'apportaient dans l'enseignement ni goût ni mélliode.
Jean-Jules Hecker, conseiller supérieur du consistoire à Berlin et ministre à l'église de la Trinité , fut le premier qui entreprit de préparer des jeunes gens d'une manière spéciale h la pédagogie. A cet effet, il fonda une école destinée à fournir des maîtres d'école pour son diocèse.
Cet établissement, fondé en 1748, resta quelque temps un établissement privé ; il fut élevé au rang d'école normale primaire royale pour les maîtres d'école et marguilliers , l'an ^55. Il fut enjoint aux autorités de la province , par l'ordre du cabinet publié le !«' octobre i 755 , de prendre , autant qu'il se pourrail, des sujets dans cet établissement pour les places ro}ales de marguilliers et de maîtres d'école.
Il s'en fallait cependant de beaucoup que cette école normale primaire répondit aux besoins toujours croissants de la province , et méritât le nom d'école royale. Les élèves , disséminés sur tous les points de la capitale,n'étaient pas suffisamment surveillés et dirigés dans leurs éludes. Tous artisans , ils travaillaient plutôt à leurs états qu'à leurs leçons , et restaient en oulre exposés à l'influence de l'esprit de corporation et skui réductions d'une grande ville. Enfin , le temps qu'ils consacraient à leurs éludes à l'école normale était en
général trop court pour qu'on pût espérer d'atteindre le but qu'on s'était proposé.
L'an 1771,1e roi Frédéric le Grand affecu 4,000 écus de rente, au capitil de 100,000 écus, à l'améliora* lion des écoles de campagne dans la Marche électorale; il se servit à cette occasion des expressions suivantes : c L'éducation primaire , surtout dans les campagnes, a été très-négligée jusqu'ici : il devient ui^ent de renvoyer les mauvais maîtres et de les remplacer par des hommes capables. » S'éiant assuré que les écoles étaient mieux organisées dans la Saxe , il ordonna d'en faire venir des maîtres , pour les mettre h la pbce de ceux qu'il serait bon de renvoyer , quand même ils relèveraient de la couronne ou des nobles. Une augmentation de traitement devait être allouée aux nouveaux maîtres sur le fonds spécial qu'il venait de créer, et les sujets les plus distingués parmi eux devaient être offerts à l'école normale primaire comme modèles de maUret à former.
Mais l'intention bienfaisante du roi ne put se réaliser entièrement , soit que les personnes chargées de l'exécution y missent de la négligence , soit qu'on eût de la peine à tirer des maîtres habiles de la Saxe. Afin d'obvier à cet inconvénient , on se décida à placer dans les écoles susceptibles de réforme des candidats en théologie , pour y remplir les fonctions de maîtres. Tout cela n'aboutit guère qu'à attacher un meilleur traitement à un certain nombre de places de maîtres d'école, et à ôter aux habitants des communes du Brandebourg l'obligation de payer pour l'éducation de leurs enfants , les maîtres mieux salariés s'étant engagés à donner leurs leçons gratuitement. Telle est l'origine des écoles, dites de charité.
Quelques petites écoles normales s'élevèrent à la vérité insensiblement à Berlin ; mais ou elles n'eurent point de durée, ou elles demeurèrent peu importantes, ou bien elles n'eurent d'autre but que de former des maîtres pour la ville de Berlin et les villes voisines d'un ordre inférieur.
Tel était l'état des choses lorsqu'en 1809 la régence de Potsdam , rautorité ecclésiastique et la députation des écoles commencèrent à donner une autre direction au système suivi jusqu'alors pour l'instruction primaire.
Rien n'était plus sensible que le manque de bons maîtres. On s'empressa de s'instruire exactement de l'état de l'école normale primaire de Berlin , et on arrêta en 1810 des réformes importantes pour cet établissement. Leur succès devait décider en partie si cette école serait conservée et resterait à Berlin , ou bien si elle serait transférée en un autre endroit. Or^ à l'œuvre, les mesures arrêtées ne parurent point applicables à l'établissement de Berlin ; on forma dotic sérieusement le projet d'en fonder un autre. Le local
DANS QUELQUES PAYS DE LALLBMAGNE
du chaifMtre de HaTelberg , qu'on avait en vue , n'étant pas encore disponible à cette époqoe, on résolut en 1 81 5 d'établir proTisoirement la nouyelle école normale à Poisdam. L*aotorisalion en fut accordée en 1846 , et le projet reçut son exécution en 48 1 7.
L'éc(de normale primaire de Berlin ayant été remplacée par celle de Potsdam , les meilleurs élèves de Fancien établissement formèrent le noyau du nouveau.
E.e local , dont le gouvernement royal avait fait Tacqvisitîon en 1817, fut donné à titre de propriété à récole normale, vers la fin de Tannée 1849.
Déjà , dès le commencement de cette année , M. le professeur Schârtiich était enlré en fonctions à Técole normale. Vint ensuite M. le candidat Runge , qui , tous la direction de M. de Tûrek , conseiller de l'instniclioB primaire (Sehulrath)^ travailla à la première organisation de rétablissement. La même année M. Lôiler et M. Klôden y furent attachés, Tun comme maitre en second , Fautre comme maître en premier. Une ménagère fut chargée de Féconomîe domestique. Bientôt M. Klôden fut nommé directeur, et MM. Zeisiger et Lichtwert désignés pour enseigner Fécriture et le dessin.
Les élevés devaient , d*après le règlement , être logés et nourris dans Féublissement même ; mais la pension élevée et le petit nombre de bourses (huit bourses entières et huit demi-bourses) furent cause qu'on dispensa peu à peu quelques élèves de se coniormer à ces dispositions.
Le eoars normal était fixé k trois ans ; mais comme ks moyens d'instruction ne suffisaient pas pour former trois classes , il fallut se borner à deux classes , et adopter pour la durée de chacune un an et demi d'études.
Une école pratique pour les élèves avait été fondée par le gouvernement royal comme annexe de Fécole normale ; mais son éloignement de Fécole normale entrava trop la marche des études pour qu'elle pût remplir de longtemps le but de son institution.
Pour instruire les élèves dans le jardinage, on loua en 4831 un ancien cimetière, situé devant la porte de Nanen.
L'école de naution établie par M. de Tûrek d'après les principes du général Pfuhl , devant la porte de Berlin , oftit bientôt la meilleure occasion d'apprendre à nager.
Le nombre des élèves monta jusqu'à la Saint-Michel deFannée48Mau delà de soixante, et en y comprenant les jeunes gens sortis à cette époque de Félablisscnent , il avait déjà fourni plus de cent maîtres à la provînee.
En 4824 , à Pâques , M. Runge , appelé à la direction de Fécole normale primaire de Côslin , fut remplacé pw M. le candidat Sellin. Au mois de juillet delà
même année, M. Klôden ayant été mis à la tête de la nouvelle école des aru et métiers de Berlin , Fauteur de ce rapport lui succéda dans les fonctions de directeur. M. Lôffler, ap|)elé à un autre emploi , fut remplacé par M. Schôn. Enfin M. Heinrich fut appelé comme maître d^écriture et de dessin, et conmie maître auxiliaire pour différentes branches d'instruction.
A ces cliangemenis dans le personnel se joignirent aussi beaucoup de réformes dans Fadministration intérieure et extérieure de l'établissement. Le nombre des classes fut porté à trois , et au Iteu de dix-huit mois les élèves ne passèrent qu'un an dans chacune. La petite école normale de Grossbaenitz ayant été fermée , le nombre des élèves de celle de Potsdam s^accrut considérablement. On fit une grande diminution dans le prix de la pension , et on changea le système économique de la maison. Les bénéfices furent augmentés , et les élèves tenus tous sans exception de demeurer dans l'établissement , d^y prendre leur nomrriture et d'y rester trois ans. Les nouvelles constructions permirent de loger tous les maîtres dans Fécole normale ; enfin on y fonda une école spéciale divisée en quatre classes, pour servir d'école d'exercice aux jeunes maîtres.
ORGANISATION ACTUELLE DE L*ÉGOLE NORMALE. DIRECTIOM BT INSPECTION.
L'écok normale et son école annexe sont placées sous un directeur, subordonné au collée royal des écoles de la province de Brandebourg à BerUn, et an ministère de l'instruction publique, des aflGures ecclé^ siasiiques et médicales*
Cette dernière autorité établit les principes à suivre dans cette école , comme dans toutes les écoles publiques ; se fait rendre compte de toutes les affaires importantes , telles que les nominations des maîtres et tout changement au plan d'études fondamental, et elle reçoit tous les ans , par l'entremise du collège royal des écoles, un rapport détaillé, rédigé par le directeur de Fécole.
Le collège des écoles est chargé de l'inspection spéciale de Fécole normale : il en observe la marche et envoie de temps en temps des commissaires sur les lieux. C'est lui qui examine et approuve les pl«w d'études présentés tous les semestres , et qui prononce dans toutes les questions soumises au consistoire.
Le directeur doit veiller sur tout l'établissement, observer et diriger les maîtres et employés, faire des rapports aux autorités supérieures et entretenir la correspondance , etc.
RAPPORT SUR LÉTAT DE