Livre à l'exil le Conquérant
Dieu voulait qu'il mourûl en France
Ce Roi , si grand dans la souffrance ,
Qui des douleurs portait le sceau ;
Pour que , viclime consolée ,
Du seuil noir de son mausolée ,
11 pût voir encor son berceau.
Oh ! qu'il s'endorme en paix dans la nuit funéraire ! N'a-t-il pas oublié ses maux pour nos malheurs? Se nous lègue-t-il pas à son généreux frère ,
Qui pleure en essuyant nos pleurs ?
N'a-t-il pas, dissipant nos rêves pohtiques,
De notre âge et des temps antiques ,
Proclamé l'illustre traité?
Loi sage , qui, domptant la fougue populaire , Donne aux sujets égaux un maître tutélaire ,
Esclave de leur liberté !
Sur nous un Roi Chevalier veille.
Qu'il conserve l'aspect des cieux ?
Que nul bruit de longtemps n'éveille
Ce sépulcre silencieux !
Hélas ! le démon régicide ,
Qui , du sang des Bourbons avide ,
Paya de meurtres leurs bienfaits ,
A comblé d'assez de victimes
Ces murs , dépeuplés par des crimes ,
Et repeuplés par des forfaits !
Qu'il sache que jamais la couronne ne tombe !
Ce haut sommet échappe à son fatal niveau.
Le supplice , où des rois le corps mortel succombe ,
N'est pour eux qu'un sacre nouveau.
Louis , chargé de fers par des mains déloyales ,
Dépouillé des pompes royales ,
Sans cour, sans guerriers , sans hérauts ; Sardant sa royauté devant la hache même , Jusque sur l'échafaud prouva son droit suprême ,
En faisant grâce à ses bourreaux !
De Saint-Denis , de Sainte-Hélène , Ainsi je méditais le sort j Sondant d'une vue incertaine Ces grands mystères de la mort.
Qui donc êtes-vous , Dieu superbe ?
Quel bras jette les tours sous l'herbe Change la pourpre en vil lambeau ?
D'où vient votre souffle terrible , Et quelle est la main invisible Qui garde les clefs du tombeau ?
Septembre 1824,
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