DES JEUX FLORAUX
^l tnihijam puero cœlestia sacra placebant , Inque suum fiirlim musa trahebat opus.
OVID
Vous dont le poétique empire S'étend des bords du Rhône aux rives de l'Adour , Vous dont l'art tout-puissant n'est qu'un joyeux délire , Rois des combats du chant. Rois des jeux de la lyre,
0 maîtres du savoir d'amour !
Aussi belle qu'à sa naissance , Votre muse se rit des ans et des douleurs ; Le temps semble en passant respecler son enfance; Et la gloire , à ses yeux se voilant d'innocence ,
Cache ses lauriers sous des fleurs.
Salut ! enfant , j'ai pour ma mère Cueilli quelques rameaux dans vos sacrés bo<;quets ; Votre main s'est offerte à ma main téméraire ; Étranger , vous m'avez accueilli comme un frère ,
Et fait asseoir dans vos banquets.
Parmi les juges de l'arène L'athlète fut admis, vainqueur bien faible encor. Jamais pourtant , errant sur les monts de Pyrène, Il n'avait réveillé de belle suzeraine
Aux sons hospitaliers du cor.
D'une fée, aux lointaines sphères, Jamais il n'avait dit les magiques jardins ; iNi , le soir , pour charmer des dames peu sévères ; Conté , près du foyer , les exploits des trouvères ,
El les amours des paladins.
D'autres , d'une voix immortelle , Vous peindront d'heureux jours en de joyeux accords. Moi, la douleur m'éprouve et mes chants viennent d'elle. Je souffre et je console , et ma muse fidèle
Se souvient de ceux qui sont morts 1
©ÎTf BtJtirmf.
A M. DE CHATEAUBRIAiND.
LE GÉiNlE.
Les circonstances ne forment pas les hommes ; elles les montrent : elles dévoilent , pour ainsi dire , la royauté du Génie , dernière ressource des peuples éteints. Ces rois qui n'en ont pas le nom , mais qui régnent véritablement par la force du caractère et la grandeur des pensées, sont élus par les événements auxquels ils doivent commander. Sans ancêtres et sans postérité , seuls de leur race , leur mission remplie , ils disparaissent en laissant à l'avenir des ordres qu'il exécutera fidèlement.