L'HOMME HEUREUX
Beatiis QUI non prospen
B VOUS abhorre , ô dieux ! Hélas ! si jeune encore , » Je puis déjà ce que je veux ; ccablé de vos dons , ô dieux , je vous abhorre. ue vous ai-je donc fait pour combler tous mes vœux?
u détroit de Léandre aux colonnes d'Alcide ,
1) Mes vaisseaux parcourent les mers; [on palais enjîloutil , ainsi qu'un gouffre avide , .es trésors des cités et les fruits des déserts.
e dors au bruit des eaux , au son lointain des lyres ,
» Sur un lit aux pieds de vermeil ; ;t sur mon front brûlant appelant les zéphyres , )ix vierges de Tlndus veillent pour mon sommeil.
e laisse, en mes banquets, à l'ingrat parasite
« Des mets que repousse ma main ; ît , dans les plats dorés , ma faim que rien n'excite )édaigne des poissons nourris de sang humain.
lUX bords du Tibre, aux monts qui vomissent les laves,
» J'ai des jardins délicieux ; lies domaines , partout couverts de mes esclaves , ""atiguent mes coursiers , importunent mes yeux !
le vois les grands me craindre et César me sourire;
« Je protège les suppliants ; l'ai des pavés de marbre et des bains de porphyre ; Mon char est salué d'un peuple de clients.
Je m'ennuie au forum , je m'ennuie aux arènes ;
n Je demande à tous : Que fait-on ?
Je fais jeter par jour un esclave aux murènes , Et je m'amuse à peine à ce jeu de Caton.
Les femmes de l'Europe et celles de l'Asie » Touchent peu mon cœur déjà mort; Dans une coupe d'or l'ennui me rassasie , Et le pauvre qui pleure est jaloux de mon sort !
» D'implacables faveurs me poursuivant sans cesse ,
» Vous m'avez flétri dans ma fleur , » Dieux ! donnez l'espérance à ma froide jeunesse ; » Je vous rends tous ces biens pour un peu de bonheur! «
Dans le temple , traînant sa langueur opulente , Ainsi pariait Celsus de sa couche indolente ; Il blasphémait ses dieux ; et bénissant le ciel , Un martyr expirait devant l'impur autel !
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