‹ uvres de Victor HugoChapitre 141 sur 599 · A L'OMBRE D'UN ENFANT · texte numérisé non relu

A L'OMBRE D'UN ENFANT

Qui es in cœlis !

0 ! parmi les soleils, les sphères , les étoiles , Les portiques d'azur , les palais de saphir , Parmi les saints rayons , parmi les sacrés voiles Qu'agite un éternel zéphir !

Dans le torrent d'amour où toute âme se noie , Où s'abreuve de feux le séraphin brûlant; Dans l'orbe flamboyant qui sans cesse tournoie Autour du trône étincelant !

Parmi les jeux sans fin des âmes enfantines ; Quand leurs soins, d'un vieil astre, égaré dans lescicux, Avec de longs efforts et des voix argentines , Guident les chancelants essieux;

Ou lorsqu'entre ses bras quelque vierge ravie Les prend, d'un saint baiser leur imprime le sceau , Et rit , leur demandant si l'aspect de la vie Les effrayait dans leur berceau ;

Ou qu'enfin , dans son arche éclatante et profonde, Rangeant de cieux en cieux son cortège ébloui , Jésus , pour accomplir ce qui fut dit au monde , Les place le plus près de lui ;

0 ! dans ce monde auguste où rien n'est éphémère , Dans ces Bots de bonheur que ne trouble aucun fiel , Enfant ! loin du sourire et des pleurs de la mère , N'es-lu pas orphelin au ciel ?

octobre 1823.

ODES

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