‹ uvres de Victor HugoChapitre 142 sur 599 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Pourquoi te plaindre , tendre fille? tes jours n'appartiennent-ils pas à la première jeunesse?

Datno Lithuanien.

Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle , Enfant ! n'enviez pas notre âge de douleurs , Où le cœur tour à tour est esclave et rebelle , Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie ! Il passe , comme un souffle au vaste champ des airs , Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie , Comme un alcyon sur les mers.

Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées ! Jouissez du matin , jouissez du printemps; Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ; Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laissez venir les ans ! le destin vous dévoue , Comme nous , aux regrets, à la fausse amitié, A ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue , A ces plaisirs qui font pitié !

Riez pourtant! du sort ignorez la puissance; Riez , n'attristez pas votre front gracieux , Votre œil d'azur , miroir de paix et d'innocence , Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !

Fé\Tier 1825.

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