LA FÉE ET LA PÉRL
Leur ombre vagabonde , à travers le feuillage , Frémira ; sur les vents ou sur quelque nuage Tu les verras descendre , ou , du sein de la mer S'élevant comme un songe, étinceler dans l'air; Et leur voix, toujours tendre et doucement plaintive , Caresser en fuyant ton oreille attentive.
ANDRÉ ChÉNIER.
Enfants! si vous mouriez, gardez bien qu'un esprit De la route des cieux ne défourne votre âme ! Voici ce qu'autrefois un vieux sage m'apprit : — Quelques démons , sauvés de l'éternelle flamme , Rebelles moins pervers que l'Archange proscrit, Sur la terre , où le feu , l'onde ou l'air les réclame , Attendent , exilés , le jour de Jésus-Christ. Il en est qui . bannis des célestes phalanges , Ont de si douces voix qu'on les prend pour des anges. Craignez-les : Pour mille ans exclus du paradis , Ils vous entraîneraient , enfants , au purgatoire ! — Ne me demandez pas d'où me vient cette histoire ; Nos pères l'ont contée, et moi je la redis.