‹ uvres de Victor HugoChapitre 164 sur 599 · LA PÉRI · texte numérisé non relu

LA PÉRI

Où vas-tu donc , jeune âme?... Écoute ! Mpn palais pour toi veut s'ouvrir.

Suis-moi , des cieux quitte la route.

Hélas ! tu t'y perdrais sans doute , Nouveau-né , qui viens de mourir !

Tu pourras jouer à toute heure

Dans mes beaux jardins aux fruits d'or;

Et de ma riante demeure

Tu verras ta mère qui pleure

Près de ton berceau tiède encor.

Des Péris je suis la plus belle :

Mes sœurs régnent où naît le jour;

.Te brille en leur troupe immortelle , Comme , entre les fleurs, brille celle Que l'on cueille en rêvant d'amour.

Mon front porte un turban de soie ; Mes bras de rubis sont couverts ; Quand mon vol ardent se déploie , L'aile de pourpre qui tournoie Roule trois yeux de flamme ouverts.

Plus blanc qu'une lointaine voile , Mon corps n'en a point la pâleur ; En quelque lieu qu'il se dévoile , Il l'éclairé comme une étoile , Il l'embaume comme une fleur !

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