‹ uvres de Victor HugoChapitre 165 sur 599 · LA FÉE · texte numérisé non relu

LA FÉE

Viens , bel enfant ! je suis la Fée.

Je règne aux bords où le soleil Au sein de l'onde réchauffée Se plonge éclatant et vermeil.

Les peuples d'Occident m'adorent :

Les vapeurs de leur ciel se dorent Lorsque je passe en les touchant ; Reine des ombres léthargiques , Je bâtis mes palais magiques Dans les nuages du couchant.

Mon aile bleue est diaphane :

L'essaim des Sylphes enchantés

Croit voir sur mon dos, quand je plane,

Frémir deux rayons argentés.

Ma main luit , rose et transparente ;

Mon souffle est la brise odorante

Qui , le soir, erre dans les champs ;

Ma chevelure est radieuse ,

Et ma bouche mélodieuse

Mêle un sourire à tous ses chants !

J'ai des grottes de coquillages ; J'ai des tentes de rameaux verts ; C'est moi que bercent les feuillages , Moi que berce le flot des mers.

Si tu me suis , ombre ingénue , Je puis rapprendre où va la nue , Te montrer d'où viennent les eaux ; Viens , sois ma compagne nouvelle , Si lu veux que je te révèle Ce que dit la voix des oiseaux.

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