SCÈNE II
LORD ORMOND, seul.
N'y pensons plus !...
Il s'assied , et paraît méditer profondément. Pendant qu'il rêve, on entend une voix , qui s'approche par degrés , chanter sur un air gai les couplets suivants :
Un soldat, au dur visage ,
Une nuit, arrête un page,
Un page à l'œil de lutin.
— Beau page ! beau page ! alerte .'
Où courez-vous si matin ,
Lorsque la rue est déserte.
En juste-au-corps de salin?
CR03IWELL.
— Bon soldat, sous ma simarre, Jfi porte ('■pée et guitare;
El je vais au rendez-vous.
Je fléchis mainte rebelle .
Et je nargue maint jaloux :
Ma guitare est pour la belle , Ma rapière est pour l'époux.
I.a voix s'interrompt. On frappe à la porte ilu fond, puis la voix repren<l :
Mais la noire sentinelle.
Roulant sa sombre prunelle , Répond du haut de la tour :
— Beau l'age, on ne te croit guère.
Qui t'éveille avant le jour?
C'est un rendez-vous de guerre
Plus qu'un rendez-vous d'amour.
On frappe plus fort.
l-ORD ORMO^HD, se levant pour ouvrir.
Oui chante ainsi ? c'est quelque fou , Ou Rochesler.
Il ouvre et regarde dans la rue.
Lui-même!... Allons ! sur son genou, Le voilà griffonnant !
lorcl Rocbcster entre gaiement , un crayon et un papier à la main.