CR03I\VELL
— Mylord ! — Le pire fat qui dans Paris s'étale,
Le dernier dameret de la Place-Royale,
Avec tous ses plumets sur son chapeau tombants ,
Son rabat de dentelle et ses nœuds de rubans ,
Sa perruque à tuyaux , ses bottes évasées,
A l'esprit, moins que vous, plein de billevesées !
LORD ROCUESTER, furieux.
Mylord, vous n'êtes point mon père!... A vos discours Vos cheveux gris pourraient porter un vain secours. Votre parole est joune, et nous fait du même âge. Vous me rendrez, pardieu, raison de cet outrage!
LORD ORMO>D.
De grand cœur! —Votre épée au vent, beau damoiseau !
Ils tirent tous deux leurs <?pOcs.
D'honneur! je m'en soucie autant que d'un roseau! Ils croisent leurs épées
DAVE:ï\1VT, se jetant entre eux.
Mylords, y pensez-vous ?— La paix ! la paix sur l'heure !
LORD ROCHESTER, ferraillant.
L'ami! la paix est bonne, et la guerre est meilleure.
I)AVE?i\>T, s'elTorçant toujours de les sOparer.
Si le crieur de nuit vous entendait?... On frappe à la porte.
Jo croi Qu'on frappe...
On frappe plus fort.
Au nom de Dieu, Mylords !
Les combattants continuent.
Au nom du Roi!
Les deux adversaires s'arr<î tent et baissent leurs épées. On frappe. Tout est perdu ! — La garde est peut-être appelée. Paix!
Les deux lords remettent leurs épées dans le fourreau, leurs grands chapeaux sur leur tète et s'enveloppent de leurs capes. On frappe encore. Davenant va ouvrir.