SCÈNE XV
CROMWELL , LE PARLEMENT, i.E comte de CARLISLE, WHITELOCKE, STOUPE, THURLOE.
sur un signe de Cronnvell , Carlisle et Thurloc s'approchent du
Protecteur.
CROMWELL, bas au comte de Carli.sle.
Lord Carlisle! arrêtez A l'instant les soldais pour celte nuit postés A la porte du Parc.
Lord Carlisle s'incline et sort.
Bas à Thurloe en lui remettant le parchemin de Rochester. Porte ceci sur l'heure A Bloum, qui dans le SIrand , hôlel du Bat, demeure; Ou, pour que mes desseins soient encor mieux remplis, Pour messager plutôt prends sir Richard Willis. Va! —
THURLOE, prend le parchemin en s'inclinant.
Mylord , il suffit !
11 sort.
CROMWELL , à part.
Ce nom de Bloum me voile Le vieil Orraond , que va me livrer mon étoile !
11 s'assied et se couvre.
Whitelocke et Sloupe se placent à ses cùlés.
Haut.
Nous vous écoutons, Messieurs, présentement.
L'ORATEUR BU PARLEMENT, découvert et debout, ainsi que tous les assistants.
Mylord ! nous vous portons les bills du Parlement. Votre Altesse verra , dans ce qu'il lui propose , A quel point nous aimons la bonne vieille cause. Daignez sanctionner nos lois.
Nous allons voir.
L'ORATEUR, se tournant vers le clerc.
Çà , clerc du Parlement , faites votre devoir.
LE CLERC DU PARLEMENT, d'une voix haute, et tenant ouve le registre des délibérations.
Le vingt-cinquième jour de juin , neuvième année De cette liberté , que Dieu nous a donnée. Voici les dernier.s bills, volés en Parlement. — Primo. Considérant qu'on peut imprudemment Pécher, comme Noti , par le fruit de la vigne , Et jurer de saints noms sans volonté maligne , Le Parlement susdit veut , dans l'inlenlion D'adoucir sur ce i)oint la législation , Qu'on se borne ii punir, avec miséricorde. Les ivrognes du fouet, les jureurs de la corde.
C'est bien peu.— Qui blasphème un Dieu que nous prior Vaut bien les assassins, même les histrions ! Pouniiioi le moins punir! — Ces lois sont transitoires., Ainsi , nous consentons.
L'orateur et les membres du Parlement s'inclinent. LE CLERC, continuant de lire.
Secundo. Les victoires Que vient de remporter Robert Blake , amiral, Recevront les honneurs d'un jeûne général. La chambre, ayant longtemps consulté les Saints-Livres Lui donne un diamant du prix de cinq cents livres j En outre, elle prescrit que des exploits si beaux Soient immortalisés dans ses procès-verbaux.
Nous consentons.
Les assistants s'inclinent.— Rentre Tburloë qui vient reprcndr sa place près du Protecteur.
THURLOE, bas à Cromwell.
C'est fait !
LE CLERC, poursuivant.
Tertio. Les tumultes Qu'excitent dans York des malveillants occultes, Ayant d'un saint effroi glacé les cœurs anglais , Le Parlement susdit , pour mettre sans délais Les rebelles d'York hors de la loi civile. Lance un quo tcarranto sur leurs chartes de ville. CR<»MW EI-L, bas à Thurloe.
Vingt soldats vaudraient mieux que cent qxio warranta J'arrangerai cela.
Haut.
Nous consentons.
Tous .s'inclinent encore.
LE CLERC, poursuivant.
Quarto.
La Chambre , afin d'emplir les caisses épuisées, Entend que chaque Anglais , dans ses fautes passées , Cherchant à racheter quelque énorme attentat , Jeûne un jour par semaine au protit de l'État. Moyen rare et conforme aux saintes ordonnances, De faire son salut en aidant les finances.
Nous consentons.
Tous s'inclinent de nouveau.
LE CLERC, continuant d'une voix plus ùclalanle. Quîntà. L'hlmei.e pétitioiv
Ou SUPPLIANTE ADRESSE AU HÉROS DE SlON ! —
Tous les membres du Parlement font un profond salut à Cromwell qui leur répond d'un signe de tête.
Ayant considéré qu'il est d'usage antique
De clore par un roi tout déliai domestique;
Que Dieu même, à son peuple ayant doimé ses lois ,
Changea la chaire en trône et les Juges en Rois ; —
Ouï les orateurs présentés pour et contre ; —
A Mylord Protecteur le Parlement remontre
Qu'il faut pour chef au peuple un seul individu,
A qui des anciens rois le titre soit rendu ,
Et supplie Olivier, Protecteur d'Angleterre ,
D'accepter la couronne, à titre héréditaire. —
L'ORATEUR DD PARLEMENT, à Cromwell.
Je demande , Mylord, la parole.
Parlez.