‹ uvres de Victor HugoChapitre 516 sur 599 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CR03IWELL , déguisé en soldat , un lourd mousquet sur l'épaule , une mirasse de buffle , un chapeau à larges bords et à haute forme conique, grandes bottes.

Il se promène de long en large devant la poterne, dans l'attitude d'un soldat de garde. — Quelques moments après que la toile est levée , en entend le cri d'une sentinelle éloignée :

— l'out va bien! veillez-vous?

Il pose son mousquet à terre et répète :

Tout va bien ! veillez-vous ?

Cne troisième sentinelle répond dans l'éloignemeut : Tout va bien ! veillez-vous?

CROMWELL , après un moment de silence.

Oui, je veille,— et pour tous !

Cromwell, qu'à cette place un soin prudent transporte , Veut à ses assassins lui-même ouvrir sa porte.

On entend un bruit de pas et de voix dans l'éloignemeut.

Déjà?... — Mais non, minuit n'a point encor sonné. C'est un passant.

On distingue comme un chant inarticulé.

Des chants ! le drôlo a mal joûné !

ta voix «"approche, et on l'entend chanter sur un air monotone les paroles suivantes :

Au soleil couchant.

Toi qui va cherchant

Fortune , Prends garde de choir ; La terre, le soir, Est brune.

L'Océan trompeur

Couvre de vaiieur

La dune.

Vois ; à l'horizon Aucune maison.

Aucune !

Maint voleur te suit ; La chose est, la nuit.

Commune.

Les dames des bois Nous gardent parfois

Rancune.

Elles vont errer :

Crains d'en rencontrer

Qunlipi'une.

Les lutins de l'air Vont danser au clair

De lune.

I,a voix s'approche de plus en plus et se taît. CROMWELL.

Bon ! c'est un de mes fous qui chante ; — Elespuru , Je crois.

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