‹ uvres de Victor HugoChapitre 61 sur 599 · LA VILLE PRISE · texte numérisé non relu

LA VILLE PRISE

Feu , feu , sang , sang et ruine !

CORTE REAL. Le Siège de Dieu.

La flamme par (on ordre , ô roi ! luit et dévore. De ton peuple en ffrondant elle étouffe les cris ; Et , rouiîissant les toits comme une sombre aurore , Semble en son vol joyeux danser sur leurs débris.

Le meurtre aux mille bras comme un géant se lève ; Les palais embrasés se clianfienl en tombeaux; Pitres , femmes , époux , tout tombe sous le glaive ; Autour de la cité s'appellent les corbeaux.

Les mères ont frémi ! les vierges palpitantes,

0 calife ! ont iileuré leurs jeunes ans flétris ;

Et les coursiers fougueux ont traîné bors des tentes

Leurs corps vivants, de coups et de baisers meurtris !

Vois d'un vaste linceul la ville enveloppée ; Vois ! quand ton bras puissant passe, il fait tout plier. Les prêtres qui priaient ont péri par l'épée , Jetant leur livre saint comme un vain bouclier!

Les tout petits enfants , écrasés sous les dalles , Ont vécu : de leur sang le fer s'abreuve encor... — Ton peuple baise , ô roi , la poudre des sandales Qu'à ton pied glorieux attache un cercle d'or !

Avril 1825.

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