‹ Œuvres de VoltaireChapitre 116 sur 125 · DE BOULAINVILLIERS. I · texte numérisé non relu

DE BOULAINVILLIERS. I

leur gouvernement est celui où les prêtres sont mariés; car ils en sont meilleurs citoyens; ils donnent des enfants à i'ëtat , et les élèvent avec honnêteté : c'est celui où les prêtres n'osent prêcher que la mo* raie; car s'ils prêchent la controverse, c'est sonner le tocsin de la discorde.

Les honnêtes gens lisent l'histoire des guerres de religion avec horreur; ils rient des disputes théolo* giques comme de la farce italienne. Ayony donc une religion qui ne fasse ni frémir ni rire.

Y a-t-il eu des théologiens de bonne foi? Oui, comme il y a eu des gens qui se sont crus sorciers.

M. Deslandes, de l'académie des sciences de Berlin , qui vient de nous donner V Histoire de la philosophie ', dit, au tome III, page 299 : or La faculté de « théologie me parait le corps le plus méprisable du « royaume;» il deviendrait un des plus respectables s'il se bornait à enseigner Dieu et la morale. Ce serait le seul moyen d'expier ses décisions criminelles contre Henri III et le grand Henri IV.

Les miracles que des gueux font au faubourg Saint- Médard peuvent aller loin, si M. le cardinal de Fleuri n'y met ordre. Il faut exhorter à la paix , et défendre sévèrement les miracles.

\jà. bulle monstrueuse Unigenitus peut encore troubler le royaume. Toute bulle est un attentat à la dignité de la couronne et à la liberté de la nation.

< V Histoire crid^ue de la philosophie parut y pour la première fois, en 1737, sans nom d'auteur, 3 toI. in-i a. L'édition de 1 756 , 4 toL in-ia ^ porte le nom de Deslandes. B.

^6o8 ' LE OINBR DU GOBITE, ETC.

« La canaille créa la superstition ; les honnêtes gens la détruisent.

OOsCherche à perfectionner les lois et les arts; peut- <m oublier la religion?

' * Qui commencera à 1 épurer ? Ce sont )es hommes quK pensent. Les autres suivront.

■N'est^il pas honteux que les fanatiques aient du zèle, jn

et que les sages n'en aient pas? Il faut être prudent, 4

mais non pas timide.

FIN DU DINER DU OOMTE DE BOULAINTnXIERS. .

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