DU PENTATEUQUE
s'en couvrit la tête. Le roi voulut le faire tuer, mais l'ange Gabriel descendit du ciel , et pria le roi de n'en rien faire. C'est un enfant, lui dit-il, qui n'y a pas entendu malice. Pour vous prouver combien il est simple , montrez-lui une escarboucle et un charbon ardent, vous verrez qu'il choisira le charbon. Le roi en fit rexpërience; le petit Moïse ne manqua pas de choisir l'escarboucle ; mais l'ange Gabriel l'escamota, et mit le charbon ardent à la place; le petit Moïse se brûla la main jusqu'aux os. Le roi lui pardonna, le croyant un sot. Ainsi Moïse, ayant été sauvé par l'eau, fut encore une fois sauvé par le feu.
Tout le reste de l'histoire est sur le même ton. Il est difficile de décider lequel est le plus admirable de cette fable de Moïse , ou de la fable du Pentateuque. 3e laisse cette question à ceux qui ont plus de temps à perdre que moi. Mais j'admire surtout les pédants, comme Grotius, Abbadie, et même cet abbé HoutevtUe', long-temps entremetteur d'un fermier général à Paris, ensuite secrétaire de ce fameux cardinal Dubois, à qui j'ai entendu dire qu'il défiait tous les cardinaux d'être plus athées que lui. Tous ces genslà se distillent le cerveau pour faire accroire (ce qu'ils ne croient point) que le Pentateuque est de Moïse. £h! mes amis, que prouvericz-vous là? que Moïse était un fou. Il est bien sûr que je ferais enfermer à Bediam ' un homme qui écrirait aujourd'hui de pareilles extravagances.
> Yoyez tone XXXVm , page 3o6. B.
• Bedlao» la maiioa des foiu i Landret. 1767.
6a CIIAP. V. JUIFS PLAGIAIRES.
Que les Juifs ont tout pris des autres nations^
On l'a déjà dit souvent, c'est le petit peuple asservi qui tâche d'imiter ses maîtres; c'est la nation faible et grossière qui se conforme grossièrement aux usages de la grande nation ^. C'est G>rnouailles qui est le singe de Londres , et non pas Londres qui est le singe de Cornouailles. Est-il rien de plus naturel que les Juifs aient pris ce qu'ils ont pu du culte, des lois, des coutumes de leurs voisins?
Nous sommes déjà certains que leur dieu prononcé par nous Jehovah, et par eux Jaho, était le nom ineffable du dieu des Phéniciens et des Egyptiens ; c'était une chose connue dans l'antiquité. Clément d'Âlexan*drie, au premier livre de ses SiromateSy rapporte que œux qui entraient dans les temples d'Egypte étaient obligés de porter sur eux une espèce de talisman composé de ce mot Jaho; et quand on savait prononcer ce mot d'une certaine façon, celui qui l'entendait tombait roide mort, ou du moins évanoui. C'était du moins ce que les charlatans des temples tâchaient de persuader aux superstitieux.
On sait assez que la figure du serpent, les chéru«bius, la cérémonie de la vache rousse, les ablutions nommées depuis baptême, les robes de lin réservées
X Addition de 1767 ; voyez ma Dote, page 4i* B«
> Voyez tome XV, page 6a ; XXXI, aSg, à la note; et XL, 480. B.