‹ Œuvres de VoltaireChapitre 13 sur 125 · CHAP. V. JUIFS PLAGIAIRES · texte numérisé non relu

CHAP. V. JUIFS PLAGIAIRES

aux prêtres, lés jeûnes , rabstioetice du porc et d'au^ très viandes, la circoncision, le bouc émissaire, tout enfin fut imité de TÉgypte.

Les Juifs avouent qu'ils n'ont eu un temple que fort tard, et plus de cinq cents ans après leur Moïse, selon leur chronologie toujours erronée. Ils envahirent enfin une petite ville dans laquelle ils bâtirent un temple à l'imitation des grands peiiples. Qu'avaientils auparavant ? un coffre. C'était l'usage des nomades et des peuples cananéens de l'intérieur des terres qui étaient pauvres. Il y avait une ancienne tradition chez la horde juive, que lorsqu'elle fut nomade, c'est-à-dire lorsqu'elle fut errante dans les déserts de l'Arabie pétrée, elle portait un coffre où était le simulacre grossier d'un dieu nommé Remphan , ou une espèce d'étoile taillée en bois*. Yous verrez des traces de ce culte dans quelques prophètes, et surtout dans les prétendus discours que les Actes des apôtres ^ mettent dans la bouche d'Etienne.

Selon les Juifs mêmes, les Phéniciens (qu'ils appellent Philistins) avaient le temple de Dagon avant que la troupe judaïque eût une maison. Si la chose est

* M *avei-Toiis oiSert sacrifice au désert durant quarante ans? Avez -tous porté le tabernacle de Moloch et de Totre dieu Reioplian? {Jetés, vu, 43 ; Amos, v, a6; JérémUt xxxii, 35.) Yoîlà de singulières contradictions. Joignes à cela l*hisloire de Tidole de Michas, adorée par toute la tribu de Dan, et desservie pir un petit-fifs de Moîse même, ainsi que le lecteur peut le vérifier dans le livre des Juges, cb. xvii et xvxxi. C'est pourtant cet amas d*ali8urdités contradictoires qui vaut douze mille guinées de rente i milord de Kenterbury, et un royaume i un prêtre qui prétend être successeur de Cépbas , et qui s*est mis sans fiiçon dans Rome i la phice de Temper. 1776.

Cbap. VII. B.

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ainsi, si tout leur culte dans le désert consista dans un coffre à Thonneur du dieu Remphan^qui n'était qu'une étoile révérée par les Arabes , il est clair que les Juifs n'étaient autre chose, dans leur origine, qu'une bande d'Arabes vagabonds qui s^établirent par le brigandage dans la Palestine , et qui enfin se firent une religion à leur mode, et se composèrent une histoire toute pleine de fables. Ils prirent une partie de la fable de l'ancien Bock ou Bacchus , dont ils firent leur Moïse. Mais, que ces fables soient révérées par nous; que nous en ayons fait la base de notre religion , et que ces fables mêmes aient encore un certain crédit dans le siècle de la philosophie , c'est là surtout ce qui indigne les sages. L'Église chrétienne chante les prièreç juives, et fait brûler quiconque judalse. Quelle pitié! quelle contradiction ! et quelle horreur!

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De la Geoèse.

Tous les peuples dont les Juifs étaient entourés avaient une Genèse y une Théogonie, une Cosmogonie, long-temps avant que ces Juifs existassent. Ne voit-on pas évidemment que la Genèse des Juifs était prise des anciennes fables de leurs voisins ?

Jaho, l'ancien dieu des Phéniciens, débrouilla le chaos , le Khaùtereb '; il arrangea Muth , la matière ;

' Voyez le paragraphe xiii de V Introduction à l'Essai sur les mœmrSf XV, 6a. B.

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