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il forma Thomine de son souffle, Calpî; il lui fît habiter un jardin, Aden ou Eden; il le défendit contre le grand serpent Ophiouée, comme le dit l'ancien fragment de Phérécide. Que de conformité avec la Genèse juive! N'est-il pas naturel que le petit peuple grossier ait, dans la suite des temps, emprunté les fables du grand peuple ' inventeur des arts ?
C'était encore une opinion reçue dans l'Asie, que Dieu avait formé le monde en six temps , appelés chez les Chaldéens, si antérieurs aux Juifs, les sixgahambars.
C'était aussi une opinion des anciens Indiens. Les Juifs qui écrivirent la Genèse ne sont donc que des imitateurs; ils mêlèrent leurs propres absurdités à ces fables, et il faut avouer qu^on ne peut s'empêcher de rire quand on voit un serpent parlant familièrement à Eve , Dieu parlant au serpent , Dieu se promenant chaque jour, à midi, dans le jardin d'Éden, Dieu fesant une culotte pour Adam et un pagne à sa femme Eve. Tout le reste parait aussi insensé; plusieurs Juifs eux-mêmes en rougirent; ils traitèrent dans la suite ces imaginations de fables allégoriques. Comment pourrions-nous prendre au pied de la lettre ce que les Juifs ont regardé comme des contes ?
Ni l'histoire des Juges, ni celle des Rois, ni aucun prophète, ne cite un seul passage de la Genèse. Nul n'a parlé ni de la cote d'Adam, tirée de sa poitrine pour en pétrir une femme, ni de l'arbre de la science du bien et du mal, ni du serpent qui séduisit £v«, ni du péché originel, ni enfin d'aucune de ces imagina-
' Voyez page 6i. B.
MÉLâMOSS. Vn. >'>
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lions. Encore une fois, est-ce à nous de les croire? Leurs rapsodies démontrent qu'ils ont pillé toutes leurs idées chez les Phéniciens, les Chaldéens, les Égyptiens, comme ils ont pillé leurs biens quand ils l'ont pu. Le nom même d'Israël, ils l'ont pris chez les Chaldéens, comme Philon l'avoue dans la première page du récit de sa députatiou auprès de Caligula'; et nous serions assez imbéciles dans notre Occident pour penser que tout ce que ces barbares d'Orient avaient volé leur appartenait en propre !
Des mœurs des Juifs.
Si nous passons des fables des Juifs aux mœurs de ce peuple, ne sont-elles pas aussi abominables que leurs contes sont absurdes? C'est, de leur aveu, un peuple de brigands qui emportent dans un désert tout ce qu'ils ont volé aux Egyptiens. Leur chef Josué passe le Jourdain par un miracle semblable au miracle de la mer Rouge ; pourquoi ? pour aller mettre à feu et à sang une ville qu'il ne connaissait pas, une ville dont son Dieu fait tomber les murs au son du cornet.
Les fables des Grecs étaient plus humaines. Amphion bâtissait des villes au son de la flûte, Josué les détruit; il livre au fer et aux flammes, vieillards, femmes, enfants, et bestiaux: y a-t-il une horreur plus
* Voici les paroles de Philon : « Les CLaldéens donnent aux justes le nom •> d'Israël, Toyanl Dieu. » 1771.
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insensée? il ne pardonne qu'à une prostituée qui avait trahi sa patrie ; quel besoin avait*il de la perfidie de cette malheureuse, puisque son cornet fesait tomber les murs, comme celui d'Astoiphe fesait fuir tout le monde? £t remarquons en passant que cette femme, nommée Rahab la paillarde , est une des aïeules de ce Juif dont nous avons fait depuis un dieu, lequel dieu compte encore parmi celles dont il est né l'incestueuse Thamar, l'impudente Ruth, et l'adultère Betshsabée.
On nous conte ensuite que ce même Josué ' fit pendre trente et un rois du pays; c'est*à-dire trente et un capitaines de village qui avaient combattu pour leurs foyers contre cette troupe d'assassins. Si l'auteur de cette histoire avait formé le dessein de rendre les Juifs exécrables aux autres nations, s'y serait-il pris autrement? L'auteur, pour ajouter le blasphème au brigandage et à la barbarie , ose dire que toutes ces abominations se commettaient au nom de Dieu , par ordre exprès de Dieu, et étaient autant de sacrifices de sang humain offerts à Dieu.
C'est là le peuple saint ! Certes , les Hurons, les Canadiens, les Iroquois, ont été des philosophes pleins d'humanité, comparés aux enfants d'Israël; et c'est en faveur de ces monstres qu'on fait arrêter le soleil' et la lune en plein midi! et pourquoi? pour leur donner le temps de poursuivre et d'égorger de pauvres Amorrhéens déjà écrasés par une pluie de grosses pierres que Dieu avait lancées sur eux du haut des airs pendant cinq grandes lieues de chemin. Est-ce
>xii, 94. B.
* Josué, cfaap. 1, Terwii ii, 19, i3. B.