‹ Œuvres de VoltaireChapitre 29 sur 125 · ET DES LIVBES SUPPOSES · texte numérisé non relu

ET DES LIVBES SUPPOSES

nique; elle y rend compte à Hérode du miracle que Jésus-Christ a opéré sur elle. Elle demande à Hérode la permission d'ériger une statue à Jésus; mais ce n'est pas dans Césarée, c'est dans la ville de Paniade; et cela est triste pour Ëusèbe.

On fit courir un prétendu édit de Tibère pour mettre Jésus au rang des dieux. On supposa des lettres de Paul à Sénèque, et de Sénèque à Paul. Empereurs, philosophes, apôtres, tout fut mis à contribution; c'est une suite non interrompue de fraudes : les unes sont seulement fanatiques, les autres sont politiques. Un mensonge fanatique, par exemple, est d'avoir écrit, sous le nom de Jean, \jipocalypse qui n'est qu'absurde; un mensonge politique est le livre des constitutions attribué aux apôtres. On veut, au chapitre XXV du livre II, que les évêques recueillent les décimes et les prémices. Ony appelle les évéques roiSy au chap. xxvi ; Qui episcopus est y hic vester rex et dynastes.

11 faut, chap. xxviii, quand on fait le repas des agapes', envoyer les meilleurs plats à l'évéque, s'il n'est pas à table. Il faut donner double portion au

* On accuM plusieurs sociétés chrétiennes d*avoir dit de ces agapes des scènes de la pins infiime dissolution , accompagnées de mystères. Et ce qu*il fiiut observer, c'est que les chrétiens s'en accusaient les uns les autres. Épiphane est convaincu que les gnostiques, qui étaient parmi eux la seule soetété savante, étaient aussi la plus impudique. Voici ce qu'il dit d'eux au livre premier, contre les hérésies :

« Après qu'ils se sont prostitués les uns aux autres , ib montrent au jour

• ce qui est sorti d'eux. Une femme en met dans ses mains. Un homme rem-

• plit aussi sa main de l'éjaculation d'un garçon ; et ils disent à Dieu : Nous •• te présentons cette offrande qui est le corps de Christ. Ensuite hommes et « femmes avalent ce sperme, et s'écrienl : C'est la péqne. Puis on prend du

l^'i CHAP. XIX. DES FALSIFICATIONS, ETC. prêtre et au diacre. Les portîoni des évêc|ues ont bien augmenté, et surtout celle de l'évèque de Rome.

Au chap. XXXIV, on met les évéques bien au-dessus des empert'iii-s et des rois, précppto dont l'Eglise s'est écartée le moins qu'elle a pu : Quanto animas pnrsfat corporr, lemtum saceitlotiuni regno. C'est là l'origine cachée de celte In-rible puissance que les évoques de Rome ont usurpée pendant tant de siècli's. Tous ces livres supposés, tous ces mensonges qu'on a osé nommer pieux, n'étaient qu'entre les tnains des fidèles. C'était un péclié énorme de les communiquer aux Romiiins, qui n'en eurent presque aucune connaissance pendant ricux cents ans; ainsi le troupeau grossissait tous les jours.

Ufs principnles impostures des premiers chrétiens.

Une des plus anciennes impostures de ces novateufs éiiergumènes, fut le Testament des douze pa- Iriaiv/tes ' , que nous avons encore tout entier en grec

• HDgd'uaefEmmequiawionliaairR^, oa raviJe,ei ou dil : C'eit IcMog '< <JB Chriit. '

Si uu Père de l'ÉgliM a repmrh^ e» linrreun à ia chrÉIieiu , noiii Ufl (levous p>» re{;Hrd«r tammo ilci oilom nia leurs iuwiiBé», cjei aduraleurs de Zeiit , Je Jupiler. qui leur aiit fail lu m^iiies inipulilious. Il se peûl qu'ils le «lient trumpés. Il te pcui ausù que d^^ cbréiieDs aient été coupables de cra ahoniiuitïuBi, el qu'iji se suifui corrigés dans la «uile, comme la ciiur Tonainc tubitiluc depuis lan^j-lemps ta déruire wtx horriblei débiuctMn douldUe lui auuiltée pemlaul préïdeciiiq centlalu. i 771.

' Voyet tome XXVI, pige 460. B.

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