‹ Œuvres de VoltaireChapitre 33 sur 125 · CHAP. XXVI. DES MARTYRS · texte numérisé non relu

CHAP. XXVI. DES MARTYRS

les jictes sincères. Ruioart* commence par le martyre de Jacques, frère aîné de Jésus, rapporté dans XHis^ ioire ecclésiastiqiie d'Eusèbe, trois cent trente années après l'événement.

Ne cessons jamais d'observer que Dieu avait des frères hommes. Ce frère aîné, dit-on, était un juif très dévot; il ne cessait de prier ni de sacrifier dans le temple juif, même après la descente du Saint-Esprit; il n'était donc pas chrétien. Les juifs l'appelaient Oblia le juste : on le prie de monter sur la plate*forme du temple pour déclarer que Jésus était un imposteur: ces juifs étaient donc bien sots de s'adresser au frère de Jésus. Il ne manqua pas de déclarer sur la plateforme que son cadet était le sauveur du monde, et il fut lapidé.

Que dirons-nous de la conversation d'Ignace avec l'empereur Trajan , qui lui dit : Quies-tUy esprit impur? et de la bienheureuse Symphorose, qui fut dénoncée à l'empereur Adrien par ses dieux lares? et de Polycarpe, à qui les flammes d'un bûcher n'osèrent toucher, mais qui ne put résister au tranchant du glaive? et du soulier de la martyre sainte Épipode, qui guérit un gentilhomine de la fièvre?

£t de saint Cassien, maître d'école, qui fut fessé par ses écoliers ? et de sainte Potamienne, qui , n'ayant pas voulu coucher avec le gouverneur d'Alexandrie, fut plongée trois heures entières dans de la poix-résine bouillante, et en sortit avec la peau la plus blanche et la plus fine?

Et de Pionius, qui resta sain et sauf au milieu des flammes, et qui en mourut je ne sais comment?

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