‹ Œuvres de VoltaireChapitre 36 sur 125 · CHA.P. XXVIII. DT.S CHR^IESS DEPUIS · texte numérisé non relu

CHA.P. XXVIII. DT.S CHR^IESS DEPUIS

n'aurait point fait, si on avait persécuté sans forme de procès. On ne trouve aucun ëdît cjui condamne

à la mort uniciueineiit pour faire profession du christianisme. Cela eût été aussi insensé et aussi liorrihlc que la Saint-Bai'ttiélcmi, que les massacres d'Irlande, et que la croisade contre les Albigeois; car alors un cinquième ou un sixième de Tempire était chrétien. Une telle persécution eût forcé cette sixième pai-tie de l'empire de courir aux armes, et le désespoir qui l'eût armée l'aurait i-endue terrible.

Des déclamateurs, comme Eusèbe de Césarée et ceux qui l'ont suivi, disent en général qu'il y eut une quantité incroyable de chrétiens immolés. Mais d'où vient que l'historien Zosime n'en dit pas nu seul mot? Pourquoi Zonare, chrétien, ne nomme-t-il aucun de ces fameux martyrs? D'où vient que l'exagératiou ecclésiastique ne nous a pas conservé les noms de cinquante chrétiens livrés à la mort?

Si on examinait avec des yeux critiques ces prétendus massacres que la Légende impute vaguement à Dioclétien, il y aurait prorligieusement à rabattre, ou plutôt on aurait le plus profond mépris pour ces impostures, et on cesserait de regarder Dioclétien comme un persécuteur.

C'est en effet sous ce prince qu'on place la ridicule aventure du cabaretier ThéoJote, la prétendue légion thébaine immolée, le petit Komain né bègue, qui parle avec une volubilité incroyable, sitôt que le médecin de l'empereur, devenu bourreau , lui a coupé ta langue; et vingt autres aventures pareilles que les

DIOCLJTIEN jusqu'à GOlTSTABITIir. 167

vieilles radoteuses de Cornouailles auraient honte aujourd'hui de débiter à leurs petits enfants'.

De Constantin.

Quel est l'homme qui , ayant reçu une éducation tolérable, puisse ignorer ce que c'était que G)nstantin? Il se fait reconnaître empereur au fond de l'Angleterre par une petite armée d'étrangers: avait- il plus de droit à l'empire que Maxence, élu par le sénat ou par les armées romaines?

Quelque temps après, il vient en Gaule et ramasse des soldats chrétiens attachés à son père; il passe les Alpes, grossissant toujours son armée; il attaque son rival, qui tombe dans le Tibre au milieu de la bataille. On ne manque pas de dire qu'il y a eu du miracle dans sa* victoire, et qu'on a vu dans les nuées un étendard et une croix céleste où chacun pouvait lire en lettres grecques : Ta vaincras par ce signe.

< Si, dans le quatrième siècle de notre ridicule oooipotation , il y eut quelques chrétiens puuis pour \ts crimes et pour les abominations qu*on leur imputait, faut-il s en étonner? N'avons-nous pas vu que des évèques leur reprochaient les choses les plus monstrueuses? (Voyez page lai.) Le savant Hume nous a fait remarquer la plus horrible abomination , que milord Bolingbroke avait oubliée, et qui est rapportée par saiut Épiphane. Tous la trouverez dans l'édition de Paris , 1 564 * page 1 85. Il y est question d'une société de chrétiens qui immolent un enfiint païen à l'enfiuit Jésus, en le fesant périr à coups d'aiguilles. Tavoue que je ne suis point étonné de oe raffinement d'horreur, après les incroyables excès où se portèrent les papistes contre les protestants daus les massacres d'Irlande. La superstition est capable de tout. {Noté deftu Décrois, )

l68 CaAP. XXIX. DE COnSTARTlIt.

Car Ira Gaulois, les Bretons, les Allobroges, les lasubriens, qu'il traînait à. sa suite, entendaient tous le grec parfaitement, et Dieu almall mieux leur pai--

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