‹ Œuvres de VoltaireChapitre 40 sur 125 · CHAP. XXXIV. DES CHRÉTIENS, ETC · texte numérisé non relu

CHAP. XXXIV. DES CHRÉTIENS, ETC

nant sous le règae de leur aïeul Théodose 1'% qui s'était souillé si lâchement du sang des peuples de Thessalonique*.

Des sectes et des malheurs des chrétiens jusqu'à l'établissement

du mahométisme.

Les disputes, les anathèmes, les persécutions, ne cessèrent d'inonder l'Église chrétienne. Ce n'était pas assez d'avoir uni dans Jésus la nature divine avec ta nature humaine : on s'avisa d'agiter la question si Marie était mère de Dieu. Ce titre de mère de Dieu parut un blasphème à Nestorius, évéque de Constantinople. Son sentiment était le plus probable ; mais , comme il avait été persécuteur, il trouva des évéques

* Rien oe caractérise mieux les prêtres du christianisme que les louanges prodiguées par eux si long-temps à Théodose et à Coustantio. Il est certain que ce Théodose , surnommé le Grand et quelquefois le Saint , était un des plus méchants hommes qui eussent gouverné Tempire romain; puisque, après avoir promis une amnistie entière pendant six mois aux citoyens de Thessalonique, ce Cantabre, aussi perfide que cruel, invits, en 390, ces citoyens à des jeux publics, dans lesquels il fit égoi^ger hommes, fpjnmes, enfants, sans qu'il en réchappât un seul. Peut-on n'être pas saisi de la plus violente indiguatiou conlre les panégyristes de ce barbare qui s*extasient sur sa péuilence? Il fut vraiment, disent-ils, plusieurs mois sans entendre la messe. M'est-ce pas insulter à l'humanité entière que d'oser parler d'une telle saiisfiiction? Si les auteurs des massacres d'Irlande avaient passé six mois sans entendre la messe, auraient-ils bien expié leurs crimes? En eston quitte pour ne point assister à une cérémonie aussi idolâtre que ridi* cule, lorsqu'on est souillé du sang de sa patrie?

Quant à Constantin, je suis de l'avis du consul Ablavius, qui déclara que Constantin était un Néron. pToyez page 169.] 1771.

* Chapitre ajouté en 1767 : voyex ma note, page 4t. R.

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