‹ Œuvres de VoltaireChapitre 58 sur 125 · TROISIÈME HOMÉLIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME HOMÉLIE

^ Sar l'interpréution de TAncien Testament

Mes frères.

Les livres gouvernent le monde, ou du moins toutes les nations qui ont l'usage de l'écriture; les autres ne méritent pas qu'on les compte. I^e Zenda^Vesta^ attribué au premier Zoroastre , fut la loi des Persans. Le Veidam et le Shastabad sont encore celle des brames. Les Égyptiens furent régis par les livres de Thaut, qu'on appela le Premier Mercure. Vjàlcoran ou leKoran gouverne aujourd'hui l'Afrique, l'Egypte, l'Arabie, les Indes, une partie de la Tartarie, la Perse entière, la Scythie dans la Chersonèse, l'Asie- Mineure, la Syrie, la Thrace, la Thessalie, et toute la Grèce jusqu'au détroit qui sépare Naples de l'Épire. Le Pentateuque gouverne les Juifs; et, par une sin-

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gulière providence, il est aujourd'hui notre règle. Notre devoir est de lire ensemble cet ouvrage divin , qui est le fondement de notre foi.

« Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. « Et la terre était sans forme et vide ; les ténèbres « étaient sur la face de l'abîme , et l'esprit de Dieu « se mouvait sur le dessus des eaux. Et Dieu dit : Que a la lumière soit; et la lumière fut. Et Dieu vit que a la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière « d'avec les ténèbres. Et Dieu nomma la lumihre jour, <cet les ténèbres nuit. Ainsi fut le soir, ainsi fut le fi matin : ce fut le premier jour. Puis Dieu dit : Qu'il cr y ait une étendue entre les eaiix , et qu'elle sépare a les eaux d'avec les eaux. Dieu donc fit l'étendue, et « sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue , ce d'avec celles qui sont au-dessus de l'étendue; et il « fut ainsi. Et Dieu nomma l'étendue cieux. Ainsi fut a le soir, ainsi fut le matin : ce fut le second jour. « Puis Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous « dt5s cieux soient rassemblées en un lieu, et que le « sec paraisse; et il fut ainsi, etc. »

Nous savons, mes frères, que Dieu, en parlant ainsi aux Juifs, daigna se proportionner à leur intelligence encore grossière. Personne n'ignore que notre terre n'est qu'un point en comparaison de l'espace que nous nommons improprement le ciel, dans lequel brille cette prodigieuse quantité de soleils, autour desquels roulent des planètes très supérieures à la nôtre. On sait que la lumière n'a pas été faite avant le jour, et que notre lumière vient du soleil. On sait que l'étendue solide entre les eaux supérieures et les

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inférieures, étendue qui, à la lettre, signifie firmament j est une erreur de l'ancienne physique adoptée par les Grecs. Mais, puisque Dieu parlait aux Juifs, il daignait s'abaisser à parler leur langage. Personne ne l'aurait certainement entendu dans le désert dlloreb, s'il avait dit: «J'ai mis le soleil au centre de a votre monde; le petit globe de la terre roule avec aies autres planètes autour de ce grand astre, par «qui toutes les planètes sont illuminées; et la lune «( tourne en un mois autour de la terre. Ces autres «astres que vous voyez sont autant de soleils qui « président à d'autres mondes, etc. »

Si l'éternel géomètre s'était exprimé ainsi, il aurait parlé dignement, il est vrai, en maître qui connaît sou ouvrage; mais nul Juif n'aurait compris un mot à ces sublimes vérités. Ce peuple était d'un col roide, et dur d'entendement II fallut donner des aliments grossiers à un peuple grossier, qui ne pouvait être nourri que par de tels aliments. Il semble que ce premier chapitre de la Genèse fut une allégorie proposée par l'Esprit saint pour être expliquée un jour par ceux que Dieu daignerait remplir de ses lumières. C'est du moins l'idée qu'en eurent les principaux Juifs, puisqu'il fut défendu de lire ce livre avant vingt-cinq ans, afin que l'esprit des jeunes gens, disposé par les maîtres, pût lire l'ouvrage avec plus d'intelligence et de respect.

Les docteurs prétendaient donc qu'à la lettre le Mil, l'Euphrate, le Tigre, et l'Araxe, n'avaient pas en effet leurs sources dans le paradis terrestre; mais que ces quatre fleuves qui l'arrosaient signifiaient

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évidemment quatre vertus nécessaires à l'homme. Il ëtait visible, selon eux, que la femme formée de la côte de l'homme était l'allégorie la plus frappante de la concorde inaltérable qui doit régner dans le mariage; et que les âmes des époux doivent être unies comme leurs corps. C'est le symbole de la paix et de la fidélité qui doivent régner dans leur société.

Le serpent qui séduisit Eve, et qui était le plus rusé ' de tous les animaux de la terres est, si nous en croyons Philon lui-même et plusieurs Pères, une expression figurée qui peint sensiblement nos désirs corrompus. L'usage de la parole, que l'Écriture lui prête, est la voix de nos passions qui parle à nos cœurs. Dieu emploie l'allégorie du serpent, qui était très commune dans tout l'Orient. Il passait pour subtil, parcequ'il se dérobe avec vitesse à ceux qui le poursuivent, et qu'il s'élance avec adresse sur ceux qui l'attaquent. Son changement de peau était le symbole de l'immortalité. Les Égyptiens portaient un serpent d'argent dans leurs processions. Les Phéniciens, voisins des déserts des Hébreux, avaient depuis long-temps la fable allégorique d'un serpent qui avait fait la guerre à l'homme et à Dieu. Enfin, le serpent qui tenta Eve a été reconnu pour le diable qui veut toujours nous tenter et nous perdre.

Il est vrai que la doctrine du diable tombé du ciel , et devenu l'ennemi du genre humain , ne fut connue des Juifs que dans la suite des siècles ; mais le divin auteur, qui savait bien que cette doctrine serait un

> Genèse y iii,i. B.

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jour répandue , daignait en jeter la semence dans les premiers chapitres de la Genèse.

Mous ne connaissons, à la vérité, l'histoire de la chute des mauvais anges que par ce peu de mots de VÉpître de saint Jude ' : «Des étoiles errantes, à qui a l'obscurité des ténèbres est réservée éternellement, c desquelles Enoch , septième homme après Adam , a c prophétisé. » On a cru que ces étoiles errantes étaient les anges transformés en démons malfesants , et on supplée aux prophéties d'Enoch, septième homme après Adam, lesquelles nous n'avons plus. Mais dans quelque labyrinthe que se perdent les savants pour expliquer ces choses incompréhensibles, il en résulte toujours que nous devons entendre dans un sens édifiant tout ce qui peut être entendu à la lettre.

' Les anciens brachmanes avaient , comme nous l'avons dit ^, cette théologie plusieurs siècles avant que la nation juive existât. Les anciens Persans avaient donné des noms au diable long-temps avant les Juifs. Et vous savez que, dans le Pentateuquey on ne trouve le nom d'aucun bon ou mauvais ange. On ne connut ni Gabriel , ni Raphaël , ni Satan , ni Asmodée , dans les livres juifs, que très long-temps après, et lorsque ce petit peuple eut appris ces noms dans son esclavage à Babylone. Tout cela prouve au moins que la

> Venet 14. B.

* Cet aliocft et le suivant ne sont pts dans la première édition. Hs ont été ajoatéi daaa rimpreatioB ^ai ftût partie do tooM VI dat Nou^mum MMam" gu, 176S, in•8^ B.

3 Examem important, èbap. ti , ci-dessus , page 64. B.

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doctrine des êtres célestes et des êtres infernaux a été commune à de grandes nations. Vous la retrouverez dans le livre de Job, précieux monument de l'antiquité. Job est un personnage arabe ; c'est en arabe que cette allégorie fut écrite. Il reste encore dans la traduction hébraïque des phrases entières arabes. Yoilà donc les Indiens, les Persans, les Arabes, et les Juifs, qui, les uns après les autres, admettent à peu près la même théologie. Elle est donc digne d'une grande attention.

Mais ce qui en est bien plus digne, c'est la morale qui doit résulter de toute cette théologie antique. Les hommes, qui ne sont point nés pour être meurtriers , puisque Dieu ne les a point armés comme les lions et les tigres; qui ne sont point nés pour l'imposture, puisqu'ils aiment tous nécessairement la vérité ; qui ne sont point nés pour être des brigands ravisseurs, puisque Dieu leur a donné également à tous les fruits de la terre et les toisons des brebis, mais qui cependant sont devenus ravisseurs, parjures, et homicides, sont réellement les anges transformés en démons.

Cherchons toujours, mes frères, dans la sainte Ecriture, ce qui nous enseigne la morale et non la physique.

Que l'ingénieux Calmet emploie sa profonde sagacité et sa pénétrante dialectique à trouver la place du paradis terrestre ; contentons-nous de mériter, si nous pouvons, le paradis céleste, par la justice, par la tolérance, par la bienfesance.

DE LAUCIEN TESTilMElfT. H'Jl

a Et quant à l'arbre de la science du bien et du a mal , tu n'en mangeras point ; car le jour que tu en a mangeras tu mourras de mort '. »

Les interprètes avouent qu'on n'a jamais connu aucun arbre qui donnât de la science. Adam ne mourut point de mort le jour qu'il en mangea ; il vécut encore neuf cent trente années, dit la sainte Écriture. Hélas! que sont neuf siècles entre deux éternités ! ce n'est pas même une minute dans le temps , et nos jours passent comme l'ombre. Mais cette allégorie ne nous dit-elle pas clairement que la science mal entendue est capable de nous perdre ? L'arbre de la science porte sans doute des fruits bien amers , puisque tant de savants théologiens ont été persécuteurs ou persécutés, et que plusieurs sont morts d'une mort épouvantable. Âh ! mes frères, l'Esprit saint a voulu nous faire voir combien une fausse science est dangereuse, combien elle enfle le cœur , et à quel point un docteur est souvent absurde.

C'est de ce passage que saint Augustin conclut l'imputation faite à tous les hommes de la désobéissance du premier. C'est lui qui développa la doctrine du péché originel , soit que la souillure de ce péché ait corrompu nos corps, soit que les âmes qui entrent dans nos corps en soient abreuvées; mystère en tout point incompréhensible, mais qui nous avertit du moins de ne point vivre dans le crime, si nous sommes nés dans le crime.

«t Et l'étemel mit une marque sur Caîn, afin que a quiconque le trouverait ne le tuât point ''. » C'est

*Gcii. ,n, 17. — ^Gen.yiT, i5.

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ici surtout, mes frères, que les Pères soQt opposés les uns aux autres. La fkmille d'Adam n'était pas encore nombreuse ; rÉcriture ne lui donne d'autres enfants qu'Abel et Gain , dans le temps que ce premier fut assassiné par son frère. Comment Dieu est-il obligé de donner une sauve-garde à Caîn contre tous ceux qui pourront le punir? Remarquons seulement que Dieu pardonne à Caîn un fratricide , après lui avoir donné sans doute des remords. Profitons de cette leçon; ne condamnons pas nos frères aux plus épou* vantables supplices pour des causes légères. Quand Dieu daigne avoir de l'indulgence pour un meurtre abominable, imitons le Dieu de miséricorde. On nous objecte que Dieu , en pardonnant à un cruel meur* trier, damne à jamais tous les hommes pour la trans* gression d'Adam, qui n'était coupable que d'avoir mangé d'un fruit défendu. Il semble à notre faible raison que Dieu soit injuste en flétrissant éternellement tous les enfants de ce coupable, non pas pour expier un fratricide, mais pour une désobéissance qui semble excusable. C'est, dit-on, une contradiction intolérable qu'on ne peut admettre dans l'être infiniment bon; mais cette contradiction n'est qu'apparente. Dieu, en nous livrant, nous, nos pères, et nos enfants, aux flammes pour la désobéissance d'Adam, nous envoie, quatre mille ans après, Jésus-Christ pour nous délivrer, et il conserve la vie à Cain pour peupler la terre ; ainsi il est partout le Dieu de justice et de miséricorde. Saint Augustin appelle la faute d'Adam une faute heureuse; mais celle de Caîn fut plus heureuse encore, puisque Dieu prit soin de lui mettre

DE l'ancien testament. VL'j'i

lui-même un signe qui était une marque de sa protection.

Ta feras le comble de V arche d'une coudée de hauteur^ etc^. Nous Voici parvenus au plus grand des miracles, devant lequel U faut que la raison s'humilie, et que le cœur se brise. Nous savons assez avec quelle audace dédaigneuse les incrédules s'élèvent contre le prodige d'un déluge universel.

dest en vain qu'ils objectent que, dans les années les plus pluvieuses, il ne tombe pas trente pouces d'eau sur la terre pendant une année; que même, pendant cette année, il y a autant de terrains qui n'ont point reçu la pluie qu'il y en a d'inondés; que la loi de la gravitation «mpêche l'Océan de franchir ses bornes; que s'il couvrait la terre il laisserait son lit à sec; qu'en couvrant la terre il ne pourrait surpasser le sommet des montagnes de quinze coudées; que les animaux qui entraient dans l'arche ne pouvaient ve* nir d'Amérique ni des terres australes ; que sept pail'es d'animaux purs, et deux paires d'animaux impurs pour chaque espèce, n'auraient pu être contenues seulement dans vingt arches; que ces vingt arches n'auraient pu contenir tout le fourrage qu'il leur fallait, non seulement pendant dix mois, mais pen* dant l'année suivante, année pendant laquelle la terre trop abreuvée ne pouvait rien produire; que les animaux voraces qui se nourrissent de chair, seraient péris faute de nourriture; que huit personnes qui étaient dans l'arche n'auraient pu suffire à distribue^* aux animaux leur pâture journalière. Ëniin ils ne

•Gen., VI, i6, etc.

Mklakgks. VII. f8

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faare, ne pouvait être un prétexte tégttinie d'envahir ce petit pays; qu'un homme qui se dirait aujourd'hui descendant de saint Patrick, serait mal reçu à venir saccager Ilrlande , en disant qu'il en a reçu l'ordre de Dieu. Mais considérons toujours combien les temps sont changés; respectons les livres juifs, en nous gardant d'imiter jamais ce peuple. Dieu ne commande plus ce qu'il commandait autrefois.

On demande quel est cet Abraham, et pourquoi on fait remonter le peuple juif à un Chaldéeu fits d'un potier idolâtre, qui n'avait aucun rapport avec les gens du pays de Canaan , et qui ne pouvait entendre leur idiome? Ce Chaldéen va jusqu'à Memphis avec sa femme courbée sous le poids des ans, et cepen* dant belle encore. Pourquoi de Memphis ce couple se transporte-t-il dans le désert de Gérare ? Comment y a-t-il un roi dans cet horrible désert? Comment le roi d'Egypte et le roi de Gérare sont-ils tous deux amoureux de la vieille épouse d'Abraham? ce ne sont là que des difficultés historiques; Tessentiel est d'obéir à Dieu. La sainte Écriture nous représente toujours Abraham comme soumis sans réserve aux volontés du Très-Haut : songeons à l'imiter plutôt qu'à disputer.

Or sur le soir deux anges vinrent à Sodome^ etc.^. C'est ici une pierre de scandale pour les examinateurs qui n'écoutent que leur raison. Deux anges, c'est-à-dire deux créatures spirituelles , deux ministres célestes de Dieu , qui ont un corps terrestre , qui inspirent des désirs infâmes à toute une ville, et même

* Oen. , XIX tout entier.

I>£ LAHG1£N TESTAMENT. 277

aux vieiUards; un père de famille qui veut prostituer ses deux filles pour sauver l'honneur de ces deux anges; une ville changée en un lac par le feu; une femme métamorphosée en une statue de sel ; deux filles qui trompent et qui enivrent leur père pour commettre un inceste avec lai, de peur, disent^Ues, que sa race ne périsse; tandis qu'elles ont tous les habitants de la ville de Thsoar parmi lesquels elles peuvent choisir! tous ces événements rassemblés forment une image révoltante; mais si nous sommes raisonnables, nous conviendrons avec saint Clément d!AJexaodrie, et avec tous les Pères qui l'ont suivi, que tout e&t ici allégorique.

Souvenons*uous que c'était la manière d'écrire de tout l'Orient. Les paraboles furent si long-temps en usage, que l'auteur de toute vérité, quand il vint sur la terre, ne parla aux Juifs qu«n paraboles.

T^s paraboles composent toute la théologie profene de l'antiquité. Saturne qui dévore ses enfants est visiblement le temps qui détruit ses propres ouvrages. Minerve est la sagesse; elle est formée dans la tète da maître des dieux. Les flèches de l'enfant Cupidon et son bandeau ne sont que des figures trop sensibles. I^ chute de Phaéton est un emblème admirable des ambitieux. Tout n'est pas allégorie dans la théologie païenne 9 tout ne l'est pas non plus dans l'histoire sacrée du peuple juif. Les Pères distinguent ce qui est purement historique, ou purement parabole, et ce qui est mêlé de l'un et de l'autre. Il est difficile, j'en canvÂens, de marcher dans ces chemins escarpés; mais pourvu que nous apprenions à nous conduire

tJL'jS HOMELIE SUR l'interprétation

dans le chemin de la vertu , qu'importe celui de la science?

Le crime que Dieu punit ici est horrible; que cela nous suffise. La femme de Lotli est changée en statue de sel pour avoir regardé derrière elle. Modérons les emportements de notre curiosité: en un mot, que toutes les histoires de l'Écriture servent à nous rendre meilleurs, si elles ne nous rendent pas plus éclairés.

Il y a, ce me semble, mes frères, deux manières d'interpréter figurément et dans un sens mystique les saintes Ecritures. La première, qui est incontestablement la meilleure, est celle de tirer de tous les faits des instructions pour la conduite de la vie. Si Jacob fait une cruelle injustice à son frère Ésaû, s'il trompe son beau-père Laban, conservons la paix dans nos familles, et agissons avec justice envers nos parents. Si le patriarche Ruben déshonore le lit de son père Jacob, ayons cet inceste en horreur. Si le patriarche Juda commet un inceste encore plus odieux avec Thamar sa belle-fille, n'ien ayons que plus d'aversion pour ces iniquités. Quand David ravit la femme d'Uriah et qu'il assassine son mari; quand Salomon assassine son frère; quand presque tous les petits rois juifs sont des meurtriers barbares, adoucissons nos mœurs en lisant cette suite affreuse de crimes. Lisons enfin toute la Bible dans cet esprit : elle inquiète celui qui veut être savant , elle console celui qui ne veut être qu'homme de bien.

L'autre manière de développer le sens caché des Écritures est celle de regarder chaque événement

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