DE LA BESTIALITE, ET DU BOUC DD SABBAT
I>e la bestialité, et du bouc du sabbat.
Il ne manquait plus au barbare ennemi de mon oncle que le péché de bestialité ; il en est enfin convaincu. M. Tabbé Bazin avait étudié à fond Tbistoire de la sorcellerie depuis Jannès et Mambrès, conseillers du roi, sorciers, à la cour de Pharaon, jusqu'au R. P. Girard, accusé juridiquement d'avoir endiablé la demoiselle Cadière en soufflant sur elle. Il savait parfaitement tous les différents degrés par lesquels le sabbat et l'adoration du bouc avaient passé. C'est bien dommage que ses manuscrits soient perdus. Il dit un mot de ses grands secrets dans sa Philosophie de l'Histoire, « Le bouc avec lequel les sorcières étaient ic supposées s'accoupler, vient de cet ancien commerce « que les Juifs eurent avec les boucs dans le désert ; a ce qui leur est reproché dans le Lévitique. »
Remarquez, s'il vous plaît, la discrétion et la pudeur de mon oncle. Il ne dit pas que les sorcières s'accouplent avec un bouc; il dit qu'elles sont supposées s'accoupler.
£t là-dessus voilà mon homme qui s'échauffe comme un Calabrois pour sa chèvre, et qui vous parle à tort et à travers de fornication avec des animaux, et qui vous cite Pindare etPlutarque pour vous prouver que les dames de la dynastie de Mendès ' couchaient publiquement avec des boucs. Voyez comme il veut justi-
> Voyez tome XXXIV, pige 396. B.
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fier les Juifs par les Mendésiennes. Jusqu'à quand outragera-t-il les dames? Ce n'est pas assez qu'il prostitue les princesses de Babylone aux muletiers, il donne des boucs pour amants aux princesses de Mendès. Je l'attends aux Parisiennes.
Il est très vrai, et je l'avoue en soupirant, que le Lévitique fait ce reproche aux dames juives qui erraient dans le désert. Je dirai, pour leur justification, qu'elles ne pouvaient se laver dans un pays qui manque d'eau absolument, et où l'on est encore obligé d'en faire venir à dos de chameau. Elles ne pouvaient changer d'habits, ni de souliers, puisqu'elles conservèrent quarante ans leurs mêmes habits par un miracle spécial. Elles n'avaient point de chemise. Les boucs du pays purent très bien les prendre pour des chèvres à leur odeur. Cette conformité put établir quelque galanterie entre les deux espèces : mon oncle pi^tendait que ce cas avait été très rare dans le désert , comme il avait vérifié qu'il est assez rare en Calabre, malgré tout ce qu'on en dit. Mais enfin il lui paraissait évident que quelques dames juives étaient tombées dans ce péché. Ce que dit le Lévitique ne permet guère d'en douter. On ne leur aurait pas reproché dés intrigues amoureuses dont elles n'auraient pas été coupables.
a Et qu'ils n'offrent plus aux velus avec lesquels ils a ont forniqué. » {Lévitique^ chap. xvii.)
« Les femmes ne forniqueront point avec les bêtes. » (Chap. XIX.)
ce La femme qui aura servi de succube à une bête rc sera punie avec la bête, et leur sang retombera sur « eux.» (Chap. xx.)