DES HOMMKS DE DIFFER. COULEURS
« familles de Caraïbes dont la peau est de la couleur ff de notre cuivre rouge; ils sont bien faits, et ont de « longs cheveux. Je les ai vus deux fois. Ils se gou- «vernent par leurs propres lois, et ne sont point « chrétiens. Tous les Caraïbes sont rougeâtres , etc. « Signé RiEU, 20 mai 1767. »
Le jésuite Lafitau, qui avait vécu aussi chez les Ca» raîbes, convient que ces peuples sont rouges'; mais il attribue, en homme judicieux, cette couleur à la passion qu'ont eue leurs mères de se peindre en rouge, comme il attribue la couleur des nègres au goût que les dames de Congo et d'Angola ont eu de se peindre en uoir. Voici les paroles remarquables du jésuite :
«c Ce goût général dans toute la nation , et la vue «c continuelle de semblables objets, ont dû faire im- «t pression sur les femmes enceintes, comme les ba- « guettes de diverses couleurs sur les brebis de Jacob ' : et et c'est ce qui doit avoir contribué en premier lieu « à rendre les uns noirs par nature, et les autres rou- « geatres, tels qu'ils le sont aujourd'hui. »
Ajoutez à cette belle raison que le jésuite Lafitau prétend que lets Caraïbes descendent en droite ligne des peuples de Carie; vous m'avouerez que c'est puissamment raisonner, comme dit l'abbé Grizel ^.
* Mœurs des sauvages, ptge 6S , tone I. > Genèse, ux, Sg. B.
* Voyez tome XL, page 3a 3. B.