‹ Œuvres de VoltaireChapitre 81 sur 125 · PREMIÈRE DUTRIBE DE L'ABBÉ BAZIN · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DUTRIBE DE L'ABBÉ BAZIN

Sur la cause première.

Un jour le jeune Madétès se promenait vers le port de Pirée ; il rencontra Platon, qu'il n'avait point encore vu. Platon , lui trouvant une physionomie heureuse, lia conversation avec lui; il découvrit en lui un sens assez droit. Madétès avait été instruit dans les belles-lettres ; mais il ne savait rien , ni en physique y ni en géométrie, ni en astronomie. Cependant il avoua à Platon qu'il était épicurien.

Mon fils, lui dit Platon, Épicure était un fort honnête homme ; il vécut et il mourut en sage. Sa volupté, dont on a parlé si diversement, consÎBiait à éviter les excès. Il recommanda l'amitié à ses disciples, et jamais précepte n'a été mieux observé. Je voudrais faire autant de cas de sa philosophie que de ses mœurs. Connaissez -vous bien à fond la doctrine d*Épicure? Madétès lui répondit ingénument qu'il ne l'avait point étudiée. Je sais seulement , dit-il , que les dieux ne se sont jamais mêlés de rien, et que le prin-

> Voyez ci-dessus, page 3i6. B.

DIATRIBES DE l'aBBÉ BAZIN. 383

cîpe de toute chose est daus les atomes , qui se sont arrangés d'eux-mêmes, de façon qu'ils ont produit ce monde tel qu'il est.

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