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temps s'appela depuis Bhinocolurey nez coupe ^ et qu*il n'est pas fort éloigaé du mont Carmel, des déserts de Sur, d'Éthan, de Sin, d'Oreb, et de Cadès- Barné.
On croit encore que les Juifs étaient ces mêmes brigands y parcequ'ils n'avaient pas de religion fixe; ce qui convient très bien, dit-on, à des voleurs; et on croit prouver qu'ils n'avaient pas de religion fixe , par plusieurs passages de l'Écriture même.
L'abbé de Tilladet , dans sa dissertation sur les Juifs, prétend que la religion juive ne fut établie que très long-temps après. Examinons ses raisons.
1^ Selon XExode^^ Moïse épousa la fille d'un prêtre de Madian, nommé Jéthro; et il n'est point dit que les Madianites reconnussent le même dieu qui apparut ensuite à Moise dans un buisson vers le mont Oreb.
a^ Josué, qui fut le chef des fugitifs d'Egypte après Moise, et sous lequel ils mirent à feu et à sang une partie du petit pays qui est entre le Jourdain et la mer, leur dit , chap. xxiv ' : a Otez du milieu de vous cr les dieux que vos pères ont adorés dans la Mésoa potainie et Uans l'Egypte, et servez Adonai.... Choi- « sissez ce qu'il vous plaira d'adorer, ou les dieux a qu'ont servis vos pères dans la Mésopotamie , ou les a dieux des Amorrhéens dans la terre desquels vous cr habitez. »
3^ Une autre preuve, ajoute-t-on, que leur religion n'était pas encore fixée, c'est qu'il est dit au livre des Juges y chap. i*'^: uAdonaî (le Seigneur) con-
« n, ai. B. — » 14, i5. B. — ^ 19. B. MiLA>ox«. VU. 96
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«duisit Juda, et se rendit maître des montagnes: « mais il ne put se rendre maître des vallées. »
L'abbé de Tilladet et Boulanger infèrent de là que ces brigands, dont les repaires étaient dans les ci*eux des rochers dont la Palestine est pleine, reconnaissaient un dieu des rochers et un des vallées.
4^ Us ajoutent à ces prétendues preuves ce que Jephté dit aux chefs des Ammonites, chap. xi, v. a4 : «c Ce que Chamos votre dieu possède ne vous est-il a pas dû de droit? de même ce que notre dieu vainff queur a obtenu doit être en notre possession. »
M. Fréret infère de ces paroles que les Juifs reconnaissaient Chamos pour dieu aussi bien qu'Adonaî, et qu'ils pensaient que chaque nation avait sa divinité locale.
5^ On fortifie encore cette opinion dangereuse par ce discours de Jérémie, au commencement du chap. XLix : <r Pourquoi le dieu Melchom s'est-il emcr paré du pays de Gad? » et on en conclut que les Juifs avouaient la divinité du dieu Melchom.
Le même Jérémie dit au chap. vu % en fesant parler Dieu aux Juifs : a Je n'ai point ordonné à vos pères , (cau jour que je les tirai d'Egypte, de m'offrir des «c holocaustes et des victimes. »
6^ Isaîe se plaint, au chap. lvii^, que les Juifs adoraient plusieurs dieux. «Vous cherchez votre conc( solation dans vos dieux au milieu des bocages; vous (fleur sacrifiez de petits enfants dans des torrents et sous de grandes pierres. » 11 n'est pas vraisemblable, dit-on, que les Juifs eussent immolé leurs enfants à
» aa. B. — » 5. B.
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des dieux dans des torrents sous de grandes pierres, s'ils avaient eu alors leur loi, qui leur défend de sa* crifier aux dieux.
7* On cite encore en preuve le prophète Amos, qui assure, au chapitre v^ que jamais les Juifs n'ont sacrifié au Seigneur pendant quarante ans dans le désert; «au contraire, dit Amos, vous y avez porté le <c tabernacle de votre dieu Moloch, les images de vos a idoles, et l'étoile de votre dieu (Remphan). d
8^ C'était, dit*on, une opinion si constante, que saint Etienne, le premier martyr, dit au chap. vu des jicies des jÉpoires^^ que les Juifs, dans le désert, adoraient la milice du ciel, c'est-à-dire les étoiles, et qu'ils portèrent le tabernacle de Moloch et l'astre du dieu Remphan pour les adorer.
Des savants, tels que MM. Maillet et Dumarsais, ont conclu des recherches de l'abbé de Tilladet , que les Juifs ne commencèrent à former leur religion, telle qu'ils l'ont encore aujourd'hui, qu'au retour de la captivité de Babylone. Ils s'obstinent dans l'idée que ces Juifs , si long-temps esdaves , et si long-temps privés d'une religion bien nettement reconnue, ne pouvaient être que les descendants d'une troupe de voleurs sans mœurs et sans lois. Cette opinion paraît d'autant plus vraisemblable, que le temps auquel le roi d'Ethiopie et d'Egypte Actisan bannit dans le désert une troupe de brigands qu'il avait fait mutiler, se rapporte au temps auquel on place la fuite des Israélites conduits par Moïse; car Flavien Josèphe dit que Moïse fit la guerre aux Éthiopiens ; et ce que Jo-
> a5, aS. B. — • V«ncls 4a> 43. B.
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sèplie appelle guerre pouvait très bien être réputé brigandage par les historiens d'Egypte.
Ce qui achève d'éblouir ces savants, c'est la conformité qu'ils trouvent entre les mœurs des Israélites et celles d'un peuple de voleurs ; ne se souvenant pas assez que Dieu lui-même dirigeait ces Israélites, et qu'il punit par leurs mains les peuples de Canaan. Il paraît à ces critiques que les Hébreux n'avaient aucun droit sur ce pays de Canaan, et que, s'ils en avaient, ils n'auraient pas dû mettre à feu et à sang un pays qu'ils auraient cru leur héritage.
Ces audacieux critiques supposent donc que les Hébreux firent toujours leur premier métier de bri* gands. Us pensent trouver des témoignages de l'origine de ce peuple dans sa haine constante pour l'Egypte, où l'on avait coupé le nez de ses pères, et dans la conformité de plusieurs pratiques égyptiennes qu'il retint, comme le sacrifice de la vache rousse, le bouc émissaire, les ablutions, les habillemeuts des prêtres, la circoncision, l'abstinence du porc, les viandes pures et impures. Il n'est pas rare, disent-ils, qu'une nation baisse un peuple voisin dont elle a imité les coutumes et les lois. La populace d'Angleterre et de France en est un exemple frappant.
Enfin ces doctes , trop confiants en leurs propres lumières, dont il faut toujours se défier, ont prétendu que l'origine qu'ils attribuent aux Hébreux est plus vraisemblable que celle dont les Hébreux se glorifient.
ce Vous convenez avec nous, leur dit M. Toland , que « vous avez volé les Égyptiens en vous enfuyant de
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<T l'Egypte , que vous leur avez pris des vases d'or et « d'argent , et des habits. Toute la difFérence entre « votre aveu et notre opinion , c'est que vous préten- « dez n'avoir commis ce larcin que par ordre de Dieu. « Mais, à ne juger que par la raison , il n'y a point de « voleur qui n'en puisse dire autant. £st-il bien ordi« cnaire que Dieu fasse tant de miracles en faveur V d'une troupe de fuyards qui avoue qu'elle a volé ses «maîtres? dans quel pays de la terre laisserait-ou « une telle rapine impunie? Supposons que les Grecs ff de Constant inople prennent toutes les gardes-robes « des Turcs et toute leur vaisselle pour aller dire la «c messe dans un désert; en bonne foi, croirez- vous « que Dieu noiera tous les Turcs dans la Propontide «pour favoriser ce vol, quoiqu'il soit fait à bonne « intention ? d
Ces détracteurs ne se contentent pas de ces assertions, auxquelles il est si aisé de répondre; ils vont jusqu'à dire que le PerUateuque n'a pu être écrit que dans le temps où les Juifs commencèrent à fixer leur culte, qui avait été jusque-là fort incertain. Ce fut, disent-ils, au temps d'Esdras et de Néhémie. Ils apportent pour preuve le quatrième livre d'Esdras, long<» temps reçu pour canonique; mais ils oublient que ce livre a été rejeté par le concile de Trente. Ils s'appuient du sentiment d'Aben-Esra , et d'une foule de tliéolo* giens tous hérétiques; ils s'appuient enfin de la décision de Newton lui-même. Mais que peuvent tous ces cris de l'hérésie et de l'infidélité contre un concile cecuménique ?
De plus, ils se trompent en croyant que Newton
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attribue le Pentaleuque à Esdras : Newton croit que Samuel eu fut l'auteur, ou plutôt le rédacteur.
C'est encore un grand blasphème de dire avec quelques savants que Moïse , tel qu'on nous le dépeint , n*a jamais existé; que toute sa vie est fabuleuse depuis son berceau jusqu'à sa mort; que ce n'est qu'une imi« tation de l'ancienne fable arabe de Bacchus, transmise aux Grecs, et ensuite adoptée par les Hébreux. Bacchus, disent-ils, avait été sauvé des eaux; Bacchus avait passé la mer Rouge à pied sec; une colonne de feu conduisait son armée; il écrivit ses lois sur deux tables de pierre; des rayons sortaient de sa tête. Ces conformités leur font soupçonner que les Juifs attribuèrent cette ancienne tradition de Bacchus à leur Moïse. Les écrits des Grecs étaient connus dans toute l'Asie, et les écrits des Juifs étaient soigneusement cachés aux autres nations. Il est vraisemblable, selon ces téméraires, que la métamorphose d'Edith^ femme de Ijoth , en statue de sel , est prise de la fable d'Eurydice; que Samson est la copie d'Hercule, et le sacrifice de la fille de Jephté imité de celui d'Iphigénie. Ils prétendent que le peuple grossier qui n'a jamais inventé aucun art doit avoir tout puisé chez les peuples inventeurs.
Il est aisé de ruiner tous ces systèmes en montrant seulement que les auteurs grecs, excepté Homère, sont postérieurs à Esdras, qui rassembla et restaura les livres canoniques.
Dès que ces livres sont restaurés du temps de Cyrus et d'Artaxerce, ils ont précédé Hérodote, le premier historien des Grecs. Non seulement ils sont antérieurs
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à Hérodote , mais le Pentateuque est beaucoup plu^ ancien qu'Homère.
Si on demande pourquoi ces livres si anciens et si divins ont été inconnus aux nations jusqu'au temps oii les premiers chrétiens répandirent la traduction &ite en grec sous Ptolémée Philadelphe, je répondrai qu'il ne nous appartient pas d'interroger la Providence. Elle a voulu que ces anciens monuments , reconnus pour authentiques, annonçassent des merveilles, et que ces merveilles fussent ignorées dç tous les peuples, jusqu'au temps où une nouvelle lumière vînt se manifester. Le christianisme a rendu témoignage à la loi mosaïque au-dessus de laquelle il s'est élevé, et par laquelle il fut prédit. Soumettons-nous, prions, adorons, et ne disputons pas.