POUR LE PRIKCE ROYAL DE
nées; sa demi-paie est un argent qui, bien que modique, rentre dans la circulation au profit de la culture. Pour peu que ce soldat réformé défriche un quart d'arpent , il est plus utile à Tétat qu'il ne Ta été
à la parade.
vn.
Ne souffrez pas chez vous la mendicité. C'est une infamie qu'on n'a pu encore détruire en Angleterre, en France , et dans une partie de l'Allemagne. Je crois qu'il y a en Europe plus de quatre cent mille malheureux, indignes du nom d'hommes, qui font un métier de l'oisiveté et de la gueuserie. Quand une fois ils ont embrassé cet abominable genre de vie, ils ne sont plus bons à rien; ils ne méritent pas même la terre où ils devraient être ensevelis. Je n'ai point vu cet opprobre de la nature humaine toléré en Hollande, en Suède, en Danemark^ il ne l'est pas même en Pologne. La Russie n'a point de troupes de gueux établis sur les grands chemins pour rançonner les passants. Il faut punir sans pitié les mendiants qui osent se faire craindre, et secourir les pauvres avec la plus scrupuleuse attention. Les hôpitaux de Lyon et d'Amsterdam sont des modèles; ceux de Paris sont indignement administrés. Le gouvernement municipal de chaque ville doit seul avoir le soin de ses pauvres et de ses malades. C'est ainsi qu'on en use dans Lyon et dans Amsterdam. Tous ceux que la nature afflige y sont secourus ; tous ceux à qui elle laisse la liberté des membres y sont forcés à un travail utile. Il faut surtout commencer à Lyon par l'administration de l'hôpital pour arriver aux honneurt munici-
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paux de lliôtd- de- ville : c'est là le grand secreL L*Holel-de-Tille de Paris D*a pas des institntioiis si sages, il s'en fiiut beaucoup; le coq» de ville y est miné y il est sans pouvoir et sans crédit.
Les hôpitaux de Rome sont ridies, mais ils ne semblent destinés <jue pour recevoir des pâerins étrangers. C'est un chariatanisme qui attire des gueux d'Espagne, de Bavière, d*Autnclie, et qui ne sert qu'à encourager le nombre prodigieux des mendiants dltar lie. Tout respire à Rome l'ostentation et la pauvreté , la superstition et Tarlequinade
N. B. Le reste manque.
Fin DU wKAoumr na msmucTioxs.
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DE GÉROFLE A COGÉ.
Moi, Gërofle, je déclare que mon maître étant trop vieux et trop malade pour répondre à la lettre de maître Cogé, professeur au collège Mazarin, je meta la plume à la main * pour mon maître ; étant per« suadé qu'un bon domestique doit prendre la défense de son maître, comme le neveu de Tabbé Bazing a soutenu la cause de son oncle. J'entre en matière, car le patron n'aime pas le .verbiage.
Si une noble émulation soutenue par le génie produit les bons livres, l'orgueil et l'envie produisent les critiques, on le sait assez. Mais de quel droit maître Cogé serait-il envieux et orgueilleux ?
Quand l'immortel Fénelon donna son roman moral du Télémaque, Faydit et Gueudeville firent des brochures contre lui, et eurent même l'insolence de faire entrer la religion dans leurs rapsodies , dernière ressource des lâches et des imposteurs.
Quand un digne académicien a donné le roman
s Cette pièce bit partie du recueil intitnlé Les ehûêés tttiieâ et ûgféûhleêf 1 769- 17 7» « trois Tolumes in-8*. M. Clogenaoo qui, le premier, Tt admise « en i8a5, dani les CEuTres de Voltaire, croit qu'elle est la Défense que Voltaire cite dans sa lettre à Marmontel, du 14 octobre 1767. C'est par plaiitnterie ^€ Toltaire nomme Cogé le peraonnage dont le véritable ami eat Coger; voyez tome XXX IV, page S4. B.
> Expremion de Larcher; voyez ma note d-deiiiis, page S16. B.
moral de BéUsaire, traduit dans presque toutes les langues de l'Europe , il a trouvé son Faydit et son Gueudeville dans le régent de collège Cogë et dans Riballien
Cogé et Riballier ont été les serpents qui , non seulement ont cru ronger la Hnde, mais qui ont essayé de mordre l'auteur. Ils se sont imaginé que la nation est au quatorzième siècle, parcequ'ils y sont. Ils ont cabale dans la sacrée faculté de théologie de Paris pour engager icelle à écrire en latin contre un roman écrit en français. Mais la sacrée faculté ayant eu la modestie de soupçonner que son latin n'est pas celui de Cicéron , et que son français n'est pas celui de YaugelaSy il a semblé bon à ladite faculté de ne se hasarder dans aucune de ces deux langues. On lui a proposé de donner son thème en grec, attendu que Bélisaire parlait grec; mais elle a répondu que tout cela était du grec pour elle. Qu'est - il arrivé de tout ce fracas?
La Sorboime en traTail enfante une sonris'.
Ci'est ainsi que le vinaigrier Abraham Chaumeix , Ibrave «onvulsionnaire, entreprit d'aigrir les esprits de tous les parlements du royaume contre l'Encyclopédie. Abraham avait été éconduit par les illustres et savants hommes qui dirigeaient ce célèbre recueil des connaissances humaines. Il imagina, pour avoir du pain , d'accuser les auteurs d'athéisme ; et voici comme il *'y prit juridiquement. Les semence* de l'athéisme sont jetées, dit-il, au premier volume dans les articles
X Boileau, jirtpoét,, m, 274. B.
DE GIROFLE A GOGÉ. 4^7
Beurre, Brouette, Chapeau : elles se développeroni dans toute leur horreur, aux articles Falbala , Jésuite, et Culotte.
Cet ouvrage, en vingt volumes in-folio , devait immanquablement exciter une sédition dans les halles et au port Landri. L'ouvrage a paru; tout a été tranquille; Abraham Chaumeix, honteux d*avoir été faux prophète à Paris, est allé prophétiser à Moscou; et l'impératrice a daigné mander à mon maître qu'elle avait mis Abraham à la raison.
Si votre ami Cogé est prophète aussi , il est assurément prophète de Baal. L'esprit mensonger est au bout de sa plume. Il fait un libelle infâme contre Bé^ liscUre; et dans ce libelle, non content de médire, comme un vilain, d'un vieux capitaine qui nedpnne que de bons conseils à son empereur, il médit ausj>i de mon maître qui ne donne des conseils à personne.
C'est une étrange chose que la cuistrerie. Dès que ces drôles-là combattent un académicien sur un point d'histoire et de grammaire, ils mêlent, au plus vite. Dieu et le roi dans leurs querelles. Ils s'imaginent, dans leur galetas, que Dieu et le roi s'armeront en leur faveur de tonnerres et de lettres de cachet. Eh! maroufles, ne prenez jamais le nom de Dieu et du roi en vain.